Les femmes au XVIIe siècle

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Les femmes au XVIIe siècle

Après avoir rapidement étudié la condition féminine et fait ou refait connaissance avec quelques femmes de lettres dans l’histoire, au Moyen Âge et à la renaissance, penchons nous sur les femmes au XVIIe siècle… Et avec le XVIIe siècle, le début du « siècle  des lumières », le règne de Louis XIV après celui de Louis XIII, d’Henri IV, des fils de Catherine de Médicis et de Catherine de Médicis elle-même (femme d’Henri II) dont nous n’étudierons pas le portrait ici, mais sur qui il y aurait pourtant fort à dire… Le XVIIe prépare le « siècle des lumières » avec la naissance d’un mouvement littéraire assez controversé, celui de « la préciosité », qui trouvera sa place physique et littéraire dans les salons.

Encore une fois, le rôle de la femme au XVIIe siècle varie fortement en fonction de la classe sociale dont elle est issue. Nous nous devons de ne pas oublier les femmes dites du tiers-état qui avaient certainement fort à dire, mais qui n’en avaient ni l’occasion ni les moyens ou, si par chance cela avait été le cas, dont il ne nous reste aucun écrit et pour qui le lot quotidien n’était qu’exigence et abnégation. La préparation des aliments, la fabrication des vêtements et des instruments de travail, l’approvisionnement en eau, la collecte de bois, la conservation du feu, la garde des animaux domestiques, la vente sur les marchés locaux des produits de la ferme, l’éducation des enfants, la préparation et l’administration de remèdes et de médicaments, le ménage, le linge etc. etc. etc. sans compter bien sûr qu’à la fois le produit de leur travail ou de leur corps ne leur appartenait pas…

Ces femmes sans lesquelles pourtant « la haute » ne mangerait pas, n’ont pas leur place dans les salons et c’est donc bien encore des femmes issues de la noblesse dont nous parlerons ici. Et aussi, légère évolution, de certaines femmes issues de milieux bourgeois et cultivés qui auront leur « ticket d’entrée » dans les salons littéraires de l’époque (même si certaines causeront du tort comme nous le verrons un peu plus loin).

 femmes au XVIIe siècle

La préciosité

Le mouvement littéraire de « la préciosité » naît et s’installe à Paris, puis se répand dans les grandes villes de province, telles que Dijon, Grenoble, Rouen ou Montpellier et ne trouvera son épanouissement qu’après 1650. Les précieuses sont parisiennes de naissance, et si par malheur elles sont exilées, elles ont à Paris des correspondants qui les informent régulièrement sur les nouveautés des quartiers Saint-Honoré ou du Marais.

De nombreux écrits nous montrent combien les provinciaux sont raillés, et malgré le fait d’être fort éloquente, fort douce, fort civile et fort de bonne maison, de connaître l’espagnol, l’italien, le latin et même le grec, il est indispensable de parler français « comme si on était né à Paris » ; sinon les qualités au préalable citées ne comptent pas. Un combat acharné se livrera donc contre tout ce qui aura un caractère provincial, et par conséquent l’idéal sera de passer pour parisien et de faire croire qu’on a des accointances à la Cour.

La définition de la préciosité est, comme dans tout courant littéraire, controversée et pour certains, ce serait une sorte d’amour courtois ou d’amour tendre qui correspondrait à un idéal féminin de l’époque : pureté du langage, dignité des sentiments, raffinement des mœurs quand pour d’autres cela correspondrait à une insulte lancée à la femme où des auteurs masculins ridiculisent leurs aspirations. Il y aurait cependant les vraies précieuses et les fausses : les femmes de salons cultivées face aux bourgeoises de l’époque considérées comme sottes car ne pensant qu’à leurs toilettes et à leurs gestes et que Molière fait connaître au grand public dans des comédies comme Les Précieuses Ridicules ou Les Femmes Savantes.

 

femmes au XVIIe siècle

 

Les femmes parviennent à se grouper autour de cette notion de « préciosité » ; elles veulent se forger un espace dans la création littéraire et contribuer à l’émancipation de la femme. Par la création des salons elles accèdent à un espace privé qui aura une répercussion et une grande influence sur la création littéraire. Dans cette production littéraire, l’argument principal tourne toujours autour de la femme, et des stéréotypes qui lui sont assignés comme la sensibilité, la fragilité, et l’honnêteté. Elles vont de plus en plus essayer d’occuper une place dans le domaine du savoir. Une lutte s’engage, mais malgré une activité intense au sein des salons, les femmes de lettres restent encore en dehors de l’évolution du monde qui les entoure.

Malgré tout, les femmes tiennent une place de plus en plus importante dans l’histoire sociale du XVIIe siècle et ceci dans divers domaines. Elles ont une influence directe sur l’évolution des mœurs et des goûts (galanterie, bienséances, modes littéraires). Leurs soucis de la délicatesse et du raffinement les élèvent au premier rang des conversations et elles jouent un rôle de premier plan dans les salons ou ruelles.

Les genres qui sont nés en grand nombre au XVIIe siècle sont en marge de ceux approuvés par les doctes de l’art classique : romans et nouvelles, mémoires et autobiographies, contes de fées et littérature épistolaire, poésie précieuse et billets galants, conversation salonnière et portraits littéraires. Et c’est justement dans ces genres littéraires que bon nombre de femmes du XVIIe siècle se sont distinguées comme écrivaines de première qualité, mais ont été mises à l’écart des siècles durant par l’historiographie ou par la critique littéraire.

Sont désormais considérées les femmes de lettres qui dirigent ou fréquentent les salons ainsi que leur poétique de la conversation et leur poésie précieuse, les romancières qui consacrent leurs récits au « pays de Tendre », les nouvelles historiques ou galantes de Madame de Villedieu, de Catherine Bernard et d’Anne de la Roche-Guilhen, les contes de fées de Madame d’Aulnoy et de Mademoiselle de La Force entre autres, les lettres de femmes comprenant aussi bien celles de Madame de Sévigné (à laquelle nous nous intéresserons dans un prochain article) que celles qui ont été inédites et oubliées ou utilisées comme technique narrative dans les récits de romans, les mémoires de femmes, les écrits de religieuses, les portraits et autoportraits au féminin.

Il faudrait ajouter que les écrivaines du XVIIe siècle ont également laissé en héritage dans la littérature française une production théâtrale considérable dont la richesse est passée presque inaperçue jusqu’à sa découverte récente à la suite de l’essor des études féminines. Et après ce superbe élan de création littéraire féminin, l’on pourra se poser la question du pourquoi de leur absence sur la scène littéraire, entre autres, au XVIIe siècle…

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Dans le prochain article nous nous pencherons sur la vie et la personnalité de l’une des plus célèbres représentantes de la préciosité : Madeleine de Scudéry, connue aussi sous le surnom de Sappho !

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