Choisir un roman de fantasy engage souvent pour plusieurs milliers de pages, parfois pour des années de lecture lorsque la saga compte une dizaine de tomes, et l’on comprend que le lecteur veuille éviter de se tromper avant de franchir la porte d’un monde imaginaire.
Le genre s’est d’ailleurs tellement ramifié depuis Tolkien qu’une liste sérieuse ne peut plus se contenter des classiques, puisque la fantasy se lit aujourd’hui épique ou intimiste, politique, humoristique, sombre ou romantique, et que chacun de ces visages possède ses chefs-d’œuvre.
Aujourd’hui découvrez notre top 20 des meilleurs livres de fantasy.
1. Le Seigneur des anneaux, J.R.R. Tolkien (1954 – 1955)
Aucune liste des meilleurs livres de fantasy ne peut s’ouvrir ailleurs que dans la Terre du Milieu, car c’est le roman qui a fixé les règles du genre pour tous ceux qui ont suivi. En accompagnant Frodon et la Communauté de l’Anneau dans leur guerre contre Sauron, Tolkien déploie un monde dont il avait inventé les langues, les peuples, la géographie et plusieurs millénaires d’histoire, si bien que la Terre du Milieu semble exister bien au-delà des pages du récit.
Ce souci de cohérence, que les lecteurs appellent aujourd’hui le worldbuilding, est devenu la marque de toute la high fantasy. Les premiers chapitres demandent un peu de patience, mais l’ampleur de l’ensemble n’a jamais été égalée.
Pour qui : le lecteur qui veut comprendre d’où vient toute la fantasy moderne et qui aime prendre son temps.
2. L’Arianide, 1. L’Ambassadeur, Michaël Picard (2025)
Nous l’avons publié, et nous le plaçons ici en connaissance de cause, parce qu’il occupe dans le paysage actuel une place que peu de romans français osent prendre, celle d’une fantasy qui se lit comme une enquête.
Un chevalier est envoyé dans une cité portuaire isolée pour assurer la protection d’un ambassadeur, qu’il trouve mort à son arrivée dans un accident auquel personne ne semble vraiment croire.
La seule route vers le continent est fermée par les Nains depuis un an sans la moindre explication, les preuves disparaissent à mesure qu’il les cherche et les témoins se taisent ou s’évanouissent, tandis que le pouvoir local détourne les yeux.
Michaël Picard, qui pratique depuis des années la reconstitution médiévale et illustre lui-même sa couverture, donne à cette cité une épaisseur matérielle rare, de la vie des quais aux codes de la chevalerie. Le second tome, L’Apatride, paraît en novembre 2026.
Pour qui : le lecteur qui aime les intrigues de complot et les ambiances sombres, et qui veut découvrir une plume française.
Découvrir L’Arianide, 1. L’Ambassadeur3. Le Trône de fer, George R.R. Martin (1996)
Avec A Song of Ice and Fire, que la France connaît sous le titre du Trône de fer, George R.R. Martin a déplacé le centre de gravité de la fantasy, du combat entre le bien et le mal vers la lutte pour le pouvoir.
Inspirée de la guerre des Deux-Roses, la saga suit plusieurs familles nobles qui se disputent le royaume de Westeros pendant que l’hiver, et ce qu’il amène avec lui, approche par le nord.
Martin n’épargne aucun personnage, et c’est cette absence de sécurité pour le lecteur qui rend chaque chapitre si tendu.
L’adaptation de HBO, Game of Thrones, a fait connaître l’univers bien au-delà des amateurs du genre. Il faut toutefois le savoir avant de commencer : le dernier volume paru date de 2011, et le sixième, The Winds of Winter, n’a toujours pas de date de sortie.
Pour qui : l’amateur d’intrigues politiques qui accepte de lire une saga inachevée.
4. L’Assassin royal, Robin Hobb (1995)
Fitz, fils illégitime d’un prince des Six-Duchés, est recueilli à la cour et formé en secret au métier d’assassin au service de la couronne.
Robin Hobb raconte sa vie à la première personne, et c’est cette voix, à la fois lucide et blessée, qui fait de L’Assassin royal l’une des sagas les plus aimées des lecteurs français.
Les deux magies du cycle, l’Art qui relie les esprits et le Vif qui unit l’homme aux animaux, servent moins le spectacle que la psychologie du héros, et la relation de Fitz avec le Fou compte parmi les plus belles amitiés du genre. Le cycle de Fitz est achevé, ce qui permet de s’y plonger sans craindre l’attente.
Pour qui : le lecteur qui cherche l’émotion et des personnages qu’il suivra pendant des années.
Découvrez les livres de fantasy publiés par notre maison d’édition
5. Le Nom du vent, Patrick Rothfuss (2007)
Dans une auberge perdue, un aubergiste discret accepte enfin de raconter à un chroniqueur sa véritable histoire, celle de Kvothe, musicien, magicien et assassin de roi devenu légende. L’histoire de Kvothe, de son enfance dans une troupe de comédiens à ses années à l’Université, se déroule dans une prose d’une musicalité rare pour le genre, et la magie fondée sur la sympathie y obéit à des règles presque scientifiques.
Le Nom du vent est souvent cité comme le meilleur premier roman de fantasy des vingt dernières années. Nous préférons vous prévenir : le deuxième tome, La Peur du sage, est paru en 2011, et le troisième n’a toujours pas de date de publication.
Pour qui : le lecteur sensible au style, qui peut se satisfaire d’une histoire sans fin connue.
6. Fils-des-Brumes, Brandon Sanderson (2006)
Dans l’Empire Final, des cendres tombent du ciel sans discontinuer et un Seigneur Maître immortel règne depuis mille ans sur un peuple réduit en esclavage.
Vin, une jeune voleuse, découvre qu’elle peut puiser des pouvoirs dans les métaux qu’elle ingère, une magie appelée l’allomancie dont Brandon Sanderson a écrit chaque règle avec la précision d’un ingénieur.
Le premier tome commence comme un roman de casse et se transforme en révolution, et la trilogie, achevée, constitue la meilleure porte d’entrée dans l’œuvre de l’auteur le plus influent de la fantasy actuelle.
Ses Archives de Roshar, plus vastes encore, relèvent de la high fantasy à laquelle nous consacrons une sélection à part.
Pour qui : le lecteur qui aime les systèmes de magie logiques et les retournements de situation.
7. Le Sorceleur, Andrzej Sapkowski (1993)
Geralt de Riv appartient à une caste de mutants entraînés pour tuer les monstres, méprisés par ceux-là mêmes qui les paient. Sapkowski commence par deux recueils de nouvelles, dont Le Dernier Vœu, où il détourne les contes de notre enfance avec un humour noir très slave, avant de lancer une saga plus ample autour de Ciri, l’enfant liée au destin du sorceleur.
Ce monde où les humains sont souvent pires que les créatures qu’ils redoutent a inspiré une série de jeux vidéo culte et une adaptation sur Netflix. Commencez par les nouvelles, qui donnent toute la clé de l’univers.
Pour qui : le lecteur qui veut une fantasy adulte, désabusée et moralement ambiguë.
8. La Horde du Contrevent, Alain Damasio (2004)
Vingt-trois personnes, formées depuis l’enfance pour cette seule mission, remontent à pied un vent qui ne cesse jamais de souffler, dans l’espoir d’en atteindre la source à l’Extrême-Amont.
Alain Damasio confie la narration à chacun des membres de la Horde, signalés par un symbole typographique, et invente pour chacun une voix, un rythme et parfois une syntaxe propres.
Lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire en 2006, ce roman inclassable, entre fantasy et science-fiction, est devenu un livre culte en France et l’un des rares que ses lecteurs relisent plusieurs fois. L’entrée en matière est rude, la récompense à la hauteur.
Pour qui : le lecteur exigeant qui veut une expérience littéraire unique, en un seul volume.
9. Elric de Melniboné, Michael Moorcock (1961)
Michael Moorcock a imaginé Elric comme le négatif de Conan : un empereur albinos et maladif, dernier souverain d’un empire décadent, qui ne tient debout que grâce à l’épée noire qui boit l’âme de ses victimes et le condamne à perdre tout ce qu’il aime.
Ce héros tragique, rongé par la culpabilité, a ouvert la voie à tous les antihéros de la fantasy moderne. Moorcock l’inscrit dans un multivers où plusieurs incarnations d’un même Champion éternel se croisent, une idée qui a profondément marqué l’imaginaire des jeux de rôle.
Les romans sont courts et denses, idéals pour découvrir l’œuvre.
Pour qui : le lecteur qui préfère les héros maudits aux héros victorieux.
10. Les Annales de la Compagnie noire, Glen Cook (1984)
La Compagnie noire est une troupe de mercenaires au service d’une puissance qui n’a rien de bienveillant, et c’est son médecin, Toubib, qui en tient la chronique. Glen Cook raconte la guerre à hauteur de soldat, avec une sécheresse et un humour d’ancien militaire, loin des grandes envolées épiques. En renonçant aux héros et aux causes justes, il a posé les bases de ce que l’on appelle aujourd’hui la dark fantasy, ou grimdark, et des auteurs comme Steven Erikson ou Joe Abercrombie lui doivent beaucoup.
Pour qui : le lecteur qui veut une fantasy sombre, réaliste et sans illusions.
11. Gagner la guerre, Jean-Philippe Jaworski (2009)
Benvenuto Gesufal est l’homme de main du podestat Leonide Ducatore dans la république de Ciudalia, une cité marchande inspirée de l’Italie de la Renaissance, et c’est lui qui raconte, avec une gouaille irrésistible, comment on gagne une guerre et surtout ce qu’il en coûte.
Jean-Philippe Jaworski signe le roman de fantasy français le plus admiré de sa génération, servi par une langue d’une richesse qui donne l’impression de lire un Alexandre Dumas cynique. Les intrigues de palais, les trahisons et les duels s’y enchaînent sur près de mille pages qui passent sans qu’on les voie.
Gagner la guerre a obtenu en 2009 le prix du Premier Roman de la région Rhône-Alpes et le prix des Imaginales du meilleur roman français de fantasy.
Pour qui : le lecteur francophone qui aime la belle langue et les narrateurs sans scrupules.
12. La Passe-miroir, Christelle Dabos (2013 – 2019)
Ophélie, jeune femme maladroite, peut lire le passé des objets en les touchant et voyager à travers les miroirs. Lorsqu’on la fiance à Thorn, un homme austère venu d’une arche lointaine et glaciale, elle découvre un monde éclaté en îles flottantes et une cour où chaque sourire cache un piège. Premier tome d’une tétralogie aujourd’hui achevée, Les Fiancés de l’hiver a révélé Christelle Dabos lors d’un concours de premier roman, avant que la saga ne devienne un succès considérable, bien au-delà du public adolescent auquel elle était d’abord destinée.
Pour qui : le lecteur qui aime les univers inventifs et les héroïnes qui grandissent au fil des tomes.
13. Les Annales du Disque-monde, Terry Pratchett (1983)
Le Disque-monde est un monde plat posé sur le dos de quatre éléphants, eux-mêmes portés par une tortue géante qui nage dans l’espace, et Terry Pratchett y a situé 41 romans. Sous l’apparence d’une parodie de la fantasy, la série est une satire très fine de notre propre société, de la religion à la politique en passant par la presse ou la police. Inutile de commencer par le premier tome : Au guet !, qui suit la garde de la cité d’Ankh-Morpork, est une excellente porte d’entrée.
Pour qui : le lecteur qui veut rire, et réfléchir en riant.
14. Les Rivières de Londres, Ben Aaronovitch (2011)
Peter Grant est un jeune agent de la police de Londres lorsqu’il recueille, sur une scène de crime, le témoignage d’un fantôme. Il se retrouve alors apprenti du dernier sorcier officiel de la police britannique, chargé des affaires que personne d’autre ne peut traiter. Ben Aaronovitch mêle l’enquête policière, l’humour et une connaissance gourmande de l’histoire de Londres dans une fantasy urbaine qui se dévore, et la série compte aujourd’hui de nombreux tomes.
Pour qui : le lecteur de polars qui veut une première expérience de fantasy dans notre monde.
15. Perdido Street Station, China Miéville (2000)
Nouvelle-Crobuzon est une métropole industrielle, crasseuse et grouillante, où cohabitent humains, êtres-insectes et créatures hybrides, et où la science côtoie la magie. China Miéville y a posé les fondations de la New Weird, un courant qui brouille volontairement les frontières entre fantasy, science-fiction et horreur. Le roman est exigeant, foisonnant, parfois éprouvant, mais il offre l’un des mondes les plus originaux que la fantasy ait produits depuis Tolkien.
Pour qui : le lecteur lassé des univers médiévaux, qui cherche une expérience radicalement différente.
16. Le Monde de Narnia, C.S. Lewis (1950 – 1956)
Quatre enfants franchissent le fond d’une armoire et se retrouvent dans un monde magique figé dans un hiver éternel par une sorcière, jusqu’à ce que le lion Aslan vienne le libérer. Ami de Tolkien, avec qui il partageait ses manuscrits, C.S. Lewis a écrit les sept livres du Monde de Narnia pour la jeunesse, mais leur portée symbolique et leur charme intact en font une lecture que beaucoup d’adultes reprennent avec plaisir. C’est aussi l’exemple le plus célèbre de la fantasy dite « de portail », où l’on passe de notre monde à un autre.
Pour qui : le jeune lecteur, ou l’adulte qui veut retrouver la magie de ses premières lectures.
17. La Quête d’Ewilan, Pierre Bottero (2003)

Camille, collégienne surdouée, fait un jour un « pas sur le côté » et se retrouve dans Gwendalavir, un monde où l’on peut donner vie à ce que l’on imagine grâce à l’Art du Dessin.
Elle y apprend qu’elle s’appelle en réalité Ewilan et que son don pourrait sauver ce royaume menacé par des créatures venues d’ailleurs.
Pierre Bottero a écrit avec cette trilogie la saga de fantasy jeunesse française la plus lue de sa génération, portée par une héroïne vive, des compagnons drôles et une écriture qui ne prend jamais ses jeunes lecteurs de haut. Les cycles qui ont suivi, Les Mondes d’Ewilan puis Le Pacte des Marchombres, prolongent l’univers pour des lecteurs plus âgés.
18. Un palais d’épines et de roses, Sarah J. Maas (2015)
Dans Un Palais d’épines et de roses, Feyre, chasseuse qui fait vivre sa famille dans la misère, tue un loup dans la forêt et se voit emmenée en réparation à Prythian, le royaume des Faës immortels.
Ce qui commence comme une réécriture de La Belle et la Bête devient au fil des tomes une vaste saga où la romance prend autant de place que les intrigues de cour et les batailles.
Sarah J. Maas est la figure de proue de la romantasy, le phénomène éditorial porté par les réseaux sociaux. Attention, les tomes suivants contiennent des scènes explicites qui réservent la saga à un public adulte.
Pour qui : le lecteur qui veut autant de romance que de fantasy.
Voir notre top 10 des meilleurs livres de romantasy
19. Babel, R.F. Kuang (2022)

Dans l’Oxford des années 1830, Robin Swift, orphelin arraché à Canton, intègre l’Institut royal de traduction, où l’on grave sur des barres d’argent des paires de mots dont l’écart de sens produit des effets magiques qui assurent la puissance de l’Empire britannique. R.F. Kuang fait de cette idée brillante une réflexion sur le colonialisme, la langue et la loyauté. Récompensé par le prix Nebula, Babel est l’un des romans de fantasy récents les plus marquants, et il a l’avantage de tenir en un seul volume.
Pour qui : le lecteur qui aime la fantasy historique et les romans qui donnent à penser.
20. Légende, David Gemmell (1984)
Druss est un vieux guerrier entré de son vivant dans la légende, qui décide de finir ses jours en défendant Dros Delnoch, la forteresse qui seule sépare encore son peuple de la horde des Nadirs.
Premier roman de David Gemmell, écrit pendant qu’il se croyait gravement malade, Légende est un roman de siège d’une intensité rare, qui parle de courage, de vieillesse et de sacrifice. Gemmell est resté le maître incontesté de l’heroic fantasy britannique, et ce livre en unique volume reste son chef-d’œuvre.
Pour qui : le lecteur qui veut une épopée guerrière complète en un seul tome.
Qu’est-ce qu’un roman de fantasy ?
La fantasy désigne les récits dans lesquels le surnaturel est une donnée du monde et non une anomalie. La magie, les dragons ou les dieux y existent sans que personne ne s’en étonne, le plus souvent dans un monde imaginaire inventé de toutes pièces, comme la Terre du Milieu ou les Six-Duchés, parfois dans une version secrète du nôtre. C’est ce qui la distingue du fantastique, où un événement inexplicable vient au contraire bouleverser un quotidien réaliste, et de la science-fiction, qui cherche à rendre l’impossible plausible par la science.
Le genre puise ses racines dans les épopées, les mythologies et les romans de chevalerie, ce qui explique la place qu’y tient un Moyen Âge réinventé. Il naît véritablement à la fin du XIXe siècle avec William Morris, s’affirme dans les magazines populaires américains avec Robert E. Howard, puis trouve sa forme moderne avec Tolkien, dont le succès massif dans les années 1960 a donné naissance à toute une industrie éditoriale.
→ Lire notre article sur les différences entre fantasy, fantastique et science-fiction
Les grands sous-genres de la fantasy
High fantasy et fantasy épique
La high fantasy se déroule entièrement dans un monde inventé et met en jeu le sort de ce monde tout entier. C’est la fantasy épique par excellence, celle de Tolkien, mais aussi d’Ursula K. Le Guin avec Terremer ou de Robert Jordan avec La Roue du temps, une saga de quatorze tomes que Brandon Sanderson a achevée après la mort de son auteur. Les cartes, les lignées royales et les prophéties y sont reines, et les cycles se comptent volontiers en milliers de pages.
Heroic fantasy
L’heroic fantasy resserre le cadre autour d’un héros, de ses combats et de sa quête, avec une place centrale accordée à l’action. Conan, que Robert E. Howard fait naître dans le magazine Weird Tales en 1932, en est l’acte de naissance, et David Gemmell ou David Eddings, avec La Belgariade, en ont donné des versions plus amples. Le genre doit aussi beaucoup aux jeux de rôle, qui en ont popularisé les codes auprès de plusieurs générations de joueurs.
→ Voir notre sélection des meilleurs livres d’heroic fantasy
Dark fantasy
La dark fantasy retire au genre ses certitudes morales. Les héros y sont compromis, la violence y a un prix et la victoire rarement un sens, comme chez Glen Cook, Andrzej Sapkowski, Steven Erikson ou Joe Abercrombie avec la trilogie de La Première Loi. Elle attire aujourd’hui un très large public adulte, lassé des quêtes trop manichéennes, et c’est dans cette veine plus sombre que s’inscrit L’Arianide de Michaël Picard.
La romantasy place une histoire d’amour au même niveau que l’intrigue de fantasy, et non plus en arrière-plan. Portée par Sarah J. Maas puis par Fourth Wing de Rebecca Yarros, elle est devenue en quelques années l’un des segments les plus vendus de l’édition, souvent destinée à un lectorat jeune adulte et adulte.
Fantasy urbaine et New Weird
La fantasy urbaine installe la magie dans nos villes contemporaines, comme chez Ben Aaronovitch ou dans le Neverwhere de Neil Gaiman, tandis que la New Weird de China Miéville invente des métropoles où la fantasy se mêle à la science-fiction et à l’horreur. Ces courants séduisent les lecteurs qui cherchent une fantasy éloignée des châteaux et des épées.
Fantasy humoristique
Terry Pratchett a prouvé qu’on pouvait rire de la fantasy sans la mépriser. Son Disque-monde reste la référence d’un sous-genre qui se moque des clichés pour mieux parler de nous.
Quels livres de fantasy pour adulte choisir pour commencer ?
Le meilleur livre de fantasy pour commencer dépend surtout de ce que vous aimez déjà lire en dehors du genre. Si vous êtes amateur de romans historiques, Gagner la guerre ou Babel vous donneront des repères familiers dans un monde transformé. Si vous lisez des thrillers, L’Arianide ou Le Dernier Apprenti Sorcier vous feront entrer dans la fantasy par l’enquête. Les lecteurs de grandes sagas familiales trouveront leur bonheur chez Robin Hobb, et ceux qui aiment les séries politiques chez George R.R. Martin.
Un conseil pratique, enfin, que nous donnons souvent sur nos stands : si vous supportez mal l’attente, privilégiez les sagas achevées, comme L’Assassin royal, Fils-des-Brumes, La Passe-miroir ou Les Annales de la Compagnie noire, ou les romans en un seul volume comme Légende, Perdido Street Station et Babel. Vous éviterez la frustration des lecteurs du Trône de fer et du Nom du vent, qui attendent la suite depuis plus de quinze ans.
Les auteurs de fantasy incontournables
Au-delà des titres de notre sélection, certains auteurs ont façonné le genre et méritent d’être lus pour l’ensemble de leur œuvre. J.R.R. Tolkien en reste le père, avec Le Hobbit et Le Silmarillion qui prolongent la Terre du Milieu. Ursula K. Le Guin a donné à la fantasy sa profondeur philosophique, Michael Moorcock son goût pour les antihéros et Terry Pratchett son humour. Parmi les auteurs actuels, Brandon Sanderson domine le genre par l’ampleur de son Cosmère, qui relie la plupart de ses romans dans un même univers, tandis que Robin Hobb et George R.R. Martin restent les références de la fantasy adulte la plus lue.
D’autres noms valent le détour pour élargir vos lectures, comme Orson Scott Card, plus connu pour sa science-fiction mais auteur des Chroniques d’Alvin le Faiseur, une fantasy située dans une Amérique alternative, ou Guy Gavriel Kay, maître d’une fantasy historique inspirée de Byzance ou de l’Espagne médiévale. Du côté francophone, Jean-Philippe Jaworski, Christelle Dabos et Pierre Bottero ont prouvé que la fantasy française n’avait rien à envier aux auteurs anglo-saxons.
Cet article contient des liens d’affiliation.
Questions fréquentes
Les chiffres de vente restent des estimations, mais deux œuvres dominent largement le genre. La saga Harry Potter dépasse les cinq cents millions d’exemplaires vendus pour l’ensemble de ses sept tomes, tandis que Le Seigneur des anneaux et Le Hobbit de Tolkien figurent chacun parmi les romans les plus vendus de l’histoire, avec plus de cent millions d’exemplaires. Viennent ensuite Le Monde de Narnia et, plus récemment, les sagas de Sarah J. Maas, portées par le succès de la romantasy.
Construire un monde imaginaire demande de l’espace : il faut présenter sa géographie, ses peuples, ses règles et son histoire, tout en faisant avancer l’intrigue, ce qu’un seul volume permet rarement. Les éditeurs ont aussi encouragé ce format, car un lecteur conquis par un premier tome suit volontiers la série jusqu’au bout. L’inconvénient est connu, puisque certains auteurs peinent à conclure, d’où l’intérêt de vérifier qu’une saga est achevée avant de s’y lancer, ou de lui préférer un roman en un seul tome.
Dans le monde anglophone, les prix Hugo et Nebula couronnent chaque année les meilleurs romans de science-fiction et de fantasy, et le World Fantasy Award est consacré au seul genre de la fantasy. En France, le Grand Prix de l’Imaginaire distingue depuis des décennies les meilleures œuvres francophones et traduites, et le Prix Imaginales récompense des romans de fantasy lors du festival d’Épinal. Ces palmarès constituent une excellente source d’idées de lecture quand on a épuisé les grands classiques.
Pour un cadeau, mieux vaut un livre qui se suffit à lui-même ou une saga achevée, afin de ne pas laisser le lecteur dans l’attente. Babel ou Légende fonctionnent très bien en un seul volume, et les éditions illustrées du Seigneur des anneaux ou du Hobbit font de très beaux présents pour les amateurs. Pour un lecteur qui aime les intrigues sombres, offrir ensemble les deux premiers tomes de L’Arianide, dont le second paraît en novembre 2026, permet de lui offrir une histoire déjà bien engagée. Vous pouvez également penser à Aventures Arcanes.
Les festivals consacrés à l’imaginaire sont le meilleur endroit pour découvrir de nouveaux auteurs et échanger avec eux, comme les Imaginales d’Épinal au printemps ou les Utopiales de Nantes à l’automne. De nombreux salons du livre plus modestes accueillent aussi des auteurs de fantasy en dédicace, et c’est souvent là que se font les plus belles découvertes, loin des tables des grandes librairies. La Compagnie Littéraire tient régulièrement des stands dans ces salons, dont vous trouverez les dates dans notre agenda.
→ Consulter l’agenda de nos salons du livre
Commencez par sélectionner des maisons qui publient réellement de l’imaginaire, en consultant leur catalogue et leur page de soumission, car chacune précise ses conditions et certaines n’acceptent que des envois numériques. Votre envoi doit comporter le manuscrit complet et relu, mis en page de façon lisible avec des pages numérotées, un synopsis d’une ou deux pages qui raconte toute l’histoire, fin comprise, et une courte lettre de présentation qui situe votre roman dans le genre et indique s’il s’agit d’un tome unique ou du début d’une série. Vous pouvez également soumettre votre manuscrit à notre maison d’édition.

















