Dernière mod­i­fi­ca­tion le 5 févri­er 2022 par La Com­pag­nie Littéraire

Quel était le rôle de la femme du Moyen Âge ?

Dans cet arti­cle nous nous pencherons sur la place et le rôle de la femme du Moyen Âge au sein de la famille. Homme ou femme, l’individu médié­val est mar­qué par son appar­te­nance à un lig­nage. Les familles médié­vales ne sont pas aus­si nom­breuses que l’on a longtemps pen­sé, la mor­tal­ité infan­tile étant très présente. La sœur aînée joue le rôle d’une deux­ième mère et le frère aîné celui du pro­tecteur. Si les rela­tions entre frères engen­drent des rival­ités nées du partage de l’héritage et des ter­res, celles des sœurs entre elles et avec leurs frères se con­juguent le plus sou­vent sur le mode d’une affec­tion sincère. La femme, mal­gré son mariage et/ou la dis­pari­tion de ses par­ents reste sous la respon­s­abil­ité de ses frères qui se por­tent garants de son hon­neur. Les rela­tions entre sœurs sont mal­heureuse­ment beau­coup moins éclairées par les sources médiévales.

Les noces au Moyen Âge

Les noces ayant pour final­ité la pro­créa­tion, toute la société attend de la femme qu’elle mette au monde de nom­breux enfants, à con­di­tion qu’elle soit mar­iée. Les filles céli­bataires et enceintes sont mon­trées du doigt ain­si que les femmes stériles. Le refus d’enfant existe pour­tant bien au Moyen Âge et l’existence de moyens con­tra­cep­tifs et de l’avortement est indé­ni­able. Il est aus­si des mères qui aban­don­nent leur enfant et des infan­ti­cides (même si les témoignages sont rares). Ces pra­tiques sont le plus sou­vent le fait de jeunes filles ou de ser­vantes mis­es enceintes par leur patron ou de veuves qui cherchent à éviter le déshon­neur. L’avortement, pour­tant assim­ilé à un crime et con­damné, sem­ble beau­coup plus répan­du que l’infanticide pour lequel si on retrou­ve la crim­inelle qui a avoué, le châ­ti­ment est de l’enterrer vive ou de la brûler. Afin de lut­ter con­tre ces faits, l’Église légitime l’abandon du bébé par les mères per­me­t­tant à celles-ci de dépos­er l’enfant à la porte de l’église afin qu’il puisse être élevé par quelque fidèle. À l’opposé de ces femmes qui cherchent à se débar­rass­er d’un enfant naturel, de nom­breuses épous­es cherchent à tout prix à offrir un héri­ti­er à leur mari, de préférence un fils. Les ménages stériles sont mon­trés du doigt et c’est bien sûr la femme qui est con­sid­érée comme respon­s­able de l’infertilité du couple.

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La grossesse au Moyen Âge

Enceinte la femme est étroite­ment sur­veil­lée. Les autorités pro­tè­gent la future mère en con­damnant les meurtres des femmes en âge de pro­créer beau­coup plus sévère­ment que ceux de femmes ménopausées par exem­ple, mais elle est aus­si con­stam­ment entourée par les femmes de la famille. Elle doit user de mod­éra­tion en tout et on fait atten­tion à la fois à la qual­ité de son régime ali­men­taire, de son repos, de son lieu de vie etc.

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La grossesse et l’accouchement restent le mono­pole des matrones, les médecins en sont exclus. L’enfantement est une épreuve effrayante, nom­breuses sont celles qui meurent en couch­es ou de fièvres puer­pérales (la mor­tal­ité des femmes atteint un pic entre l’âge de 20 et 35 ans). Les femmes prient beau­coup cer­tains saints pour faciliter leur délivrance. Elles accouchent, entourées de leurs par­ents, de leurs voisines (ou de leurs ser­vantes si elles appar­ti­en­nent à l’aristocratie), mais tou­jours loin d’une présence mas­cu­line. Il arrive sou­vent que la nais­sance se passe mal (la moin­dre com­pli­ca­tion, une présen­ta­tion par le siège, un bras sor­ti avant la tête ou la présence de jumeaux provo­quent sou­vent la mort de la mère épuisée par des heures de souf­france ain­si que celle du bébé). Alors que les sages-femmes ont le mono­pole de l’accouchement, à la fin du Moyen Âge, les médecins qui l’ac­ceptent mal ten­tent de pren­dre le con­trôle de l’obstétrique, sans tout à fait y par­venir d’ailleurs. Les sages-femmes restent les maîtress­es du jeu, mais elles sont désor­mais étroite­ment sur­veil­lées par les autorités ecclési­as­tiques et civiles.

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Si la mater­nité est la voca­tion de la femme, elle n’en est pas moins mar­quée par la souil­lure du sang ver­sé, l’accouchée est con­sid­érée comme impure et est inter­dite d’église pen­dant 33 jours si elle a accouché d’un garçon et de 66 jours si c’est une fille ! Tous les auteurs du Moyen Âge s’accordent à dire que l’amour d’une mère est plus fort que celui du père, mais les clercs dis­ent aus­si qu’il est de nature inférieure car trop vis­céral, char­nel voire ani­mal quand celui du père est plus rationnel et noble…

C’est la mère qui appren­dra à son enfant à par­ler et à bien se com­porter. Elle lui incul­quera les rudi­ments de la foi chré­ti­enne et lui appren­dra à lire égale­ment. Chaque nou­veau né a plusieurs « com­pères » (par­rains) et « com­mères » (mar­raines) qui ne peu­vent refuser l’honneur qui leur est fait. La mar­raine est sou­vent une tante ou une sœur, surtout dans les milieux paysans. C’est la mar­raine qui pro­pose le prénom de la petite fille (et le par­rain celui du petit garçon) et même si celle-ci appa­raît rarement dans les sources médié­vales, elle y est tou­jours valorisée.

La coex­is­tence de trois généra­tions est un phénomène assez rare au Moyen Âge étant don­né la faible espérance de vie et la mort pré­maturée des femmes en couch­es. Il y a plus de vieil­lards et de veufs que de vieilles femmes et de veuves. Ain­si, les grands-mères con­nais­sent rarement leurs petits-enfants.

Il y a cepen­dant cer­taines excep­tions comme la Reine de France, puis d’Angleterre, Aliénor d’Aquitaine (1120 – 1204), alors même qu’elle a don­né nais­sance à dix enfants de deux maris et s’est tou­jours beau­coup impliquée dans la vie politique.

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Dans le prochain arti­cle nous étudierons les dif­férents statuts de la femme du Moyen Âge dans la société : femmes des cam­pagnes, femmes des villes, aris­to­crates ou encore religieuses et nous ver­rons que là encore la femme doit faire face à de nom­breuses inégalités…


Si la con­di­tion fémi­nine au Moyen Âge vous intéresse vous pou­vez aus­si con­sul­ter les arti­cles suiv­ants : Les dif­férentes étapes de la vie d’une femme au Moyen Âge, Les dif­férents statuts de la femme au Moyen Âge.

Les femmes qui ont mar­qué le Moyen Âge : Dhuo­da – Les femmes de let­tres dans l’histoire de la femme et Chris­tine de Pizan.

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