Jean Luc Marchand présente L’hoplite, un livre phare pour les passionnés de l’histoire de Sparte

Éditions La Compagnie Littéraire : Jean-Luc Marchand, bonjour. Vous avez publié en 2020 à La Compagnie Littéraire une fiction historique trouvant sa source dans la Grèce antique : L’Hoplite ou l’épopée des Dix-Mille. Pouvez-vous nous rappeler d’abord le véritable contexte de cette épopée et ses enjeux ?

Jean-Luc Marchand : En 401 avant notre ère, le jeune prince perse Cyrus rassembla une armée sous prétexte de vouloir maintenir l’ordre dans certaines des satrapies (les régions administratives de la Perse) dont il était en charge. Son objectif secret était en fait de renverser son frère, le roi Artaxerxès II. Des soldats perses et plus de douze mille mercenaires grecs se sont ainsi enrôlés dans cette expédition. Quand ils ont découvert les véritables intentions de Cyrus, les discours et les promesses de richesses les amenèrent à accepter la confrontation, malgré un rapport de force très défavorable. La bataille a eu lieu près de Babylone. Les mercenaires grecs subirent très peu de pertes, mais le jeune Cyrus perdit la vie. Alors, les milliers d’hoplites grecs et la foule innombrable qui les accompagnait pour assurer l’intendance, se sont retrouvés isolés au milieu d’un pays hostile. Ils ont dû trouver leur chemin de retour à travers ces immenses territoires ; ils ont été harcelés par les Perses et attaqués par des peuples barbares. Les rivalités entre les généraux grecs ont fragilisé leur cohésion ; ils ont enduré le froid et la faim. Cette épopée du retour a été appelée la retraite des dix mille. Xénophon, philosophe athénien disciple de Socrate, a joué un rôle majeur dans cette aventure dont il a fait un récit (l’Anabase). L’exploit avait marqué tous les esprits à l’époque ; il avait révélé au monde que le royaume des Perses n’était pas inviolable. Alexandre le Grand s’en est souvenu quelques décennies plus tard.

Éditions La Compagnie Littéraire : D’après vos publications, vous semblez trouver dans l’Antiquité une source d’inspiration certaine. Comment vous est venue l’idée de cet ouvrage et pourquoi avoir voulu par l’écriture rendre hommage à ces « Dix-Mille » ?

Jean-Luc Marchand : La période de l’Antiquité est intéressante à plusieurs titres. Les textes qui nous sont parvenus, les grands évènements, les personnages importants constituent bien sûr d’abord un socle de notre Histoire européenne. De plus, par définition, peu de choses nous sont connues avant ces premiers écrits, même si l’archéologie complète avantageusement notre connaissance quand les textes manquent. Si depuis notamment Hérodote, les narrations des péripéties humaines se sont multipliées jusqu’à la surabondance actuelle, ces récits de l’antiquité pourraient laisser croire, à tort bien sûr, que l’humanité est née à cette période. Les premiers textes sont ainsi devenus des références originelles, chacun pouvant y rechercher un miroir à sa contemporanéité. C’est l’une des raisons, je crois, qui explique pourquoi cette période charnière a été aussi considérablement étudiée, analysée et même idéalisée, surtout à partir du XVe siècle.

De nombreux récits de l’antiquité grecque sont, d’autre part, indissociables de la mythologie qui a été pour moi ce que la science-fiction a été pour d’autres. En plus d’avoir nourri mon imaginaire, cette période offre l’intéressant contraste de nous sembler à la fois très lointaine dans le temps, mais aussi très proche de nous par les sentiments des protagonistes, les épreuves qu’ils endurent ou les interactions entre eux. Certains récits oubliés du passé méritent d’être racontés à nouveau. Beaucoup d’aventures humaines ont parfois changé le monde … ou elles auraient pu le changer. Quand j’ai découvert l’histoire de la retraite des dix mille, j’ai d’abord été impressionné par cette incroyable tribulation. J’ai donc eu envie de la partager, de la faire (re)découvrir, avec le point de vue d’un simple hoplite. J’ai voulu proposer au lecteur un voyage dépaysant dans l’espace et dans le temps.

Éditions La Compagnie Littéraire : Revenons à votre héros, Sophénète.  Sophénète est un enfant de Sparte, destiné à faire la guerre jusqu’à la mort. Mais, en 401 av. J.-C., date à laquelle débute ce récit, les guerres du Péloponnèse viennent de s’achever par une victoire totale de Sparte. Plus besoin d’aller combattre ; alors Sophénète se retrouve devant l’inconnu. Il déclare : « Nous venions d’avoir vingt ans et nous rêvions de découvrir le monde. Avec la fin de la guerre, nous avions été soudainement livrés à cette grande incertitude de devoir nous choisir un avenir. Nous qui avions été préparés depuis toujours pour des batailles… On nous avait retiré notre raison d’être. » Quels commentaires vous inspirent ces propos ? Pouvez-vous nous rappeler comment étaient élevés ces jeunes Spartiates ?

Jean-Luc Marchand : Les jeunes spartiates issus des familles de citoyens libres se dédiaient entièrement et exclusivement à la guerre. Leur seule raison d’être consistait à se battre et mourir pour Lacédémone (Sparte), les autres contingences de la vie en cité étant attribuées aux esclaves (les hilotes notamment, un peuple voisin asservi par Sparte) ou aux autres hommes libres non citoyens, les périèques. La guerre du Péloponnèse, qui a duré de 431 à 404 avant notre ère, a opposé principalement Athènes à Sparte. La victoire totale des Spartiates a mis un terme aux combats. Sophénète, le jeune hoplite âgé de vingt ans qui n’avait connu que cette rivalité avec Athènes, n’avait plus besoin de sacrifier sa vie pour rejoindre la longue liste des héros morts au combat. Son sort ne consistait plus à mourir pour Sparte.  Il lui fallait alors trouver un autre terrain pour exercer son métier et accomplir son « destin ». Son sort n’était donc pas inéluctable. Il va comprendre que cet avenir devenu incertain est en fait une opportunité pour faire des choix dans une vie qui n’est pas écrite d’avance.

Éditions La Compagnie Littéraire : Sophénète ne va pas pouvoir envisager son avenir sans faire la guerre pour conquérir la gloire. Goût de l’aventure, enthousiasme de la jeunesse ou désir de retrouver son père, ancien hoplite disparu ? Vous qui l’avez façonné avec votre imagination et vos recherches, quel est votre point de vue sur ce jeune homme ?

Jean-Luc Marchand : Sophénète a été éduqué par des maîtres qui ont façonné son corps et son esprit afin qu’il soit prêt à servir Sparte jusqu’au sacrifice ultime. Le sommet de la gloire du guerrier spartiate consistait à mourir pour ses semblables. Mais Sophénète est par ailleurs curieux. Il a envie de découvrir le monde. Il cherche à apprendre, à comprendre. Il s’intéresse aux comportements des hommes, aux anciens royaumes disparus ; il cherche à connaître les dieux vénérés ailleurs ou dans le passé. Il découvre que tant d’autres hommes avant ses contemporains ont vécu des histoires similaires ou dissemblables. Il prend ainsi conscience, au fur et à mesure, que son éducation était limitée, partielle et partiale. Il finira par comprendre aussi que le temps étouffe tout, que les hommes oublient plus qu’ils n’apprennent. Finalement, il va se débarrasser d’une partie des certitudes qui lui ont été inculquées dans son enfance, ces vérités qui ne lui apparaissent plus aussi probantes. Sa recherche sur la véritable histoire de son père sert de prétexte, comme s’il tentait de se justifier à lui-même sa rare curiosité et cette remise en cause sans doute peu courante parmi les guerriers de Sparte.

Éditions La Compagnie Littéraire : Je reviens sur le contexte historique. Sophénète s’enrôle dans une expédition de mercenaires grecs qui s’organise en Perse sous la conduite du prince Cyrus, jeune frère du roi des Perses, Artaxerxès II. En réalité Cyrus veut renverser son frère, mais ne dévoile pas son plan au départ. Sophénète, comme d’autres, se trouvera devant le fait accompli. Il est engagé dans un combat qui n’est pas celui qu’il croyait. On voit qu’il évolue dans sa vision du monde et de la politique avec toutes ses perfidies. Au soir de la bataille de Counaxa, où le prince Cyrus perd la vie, Sophénète évoque le fait qu’il ait tué un homme pour la première fois : « Je me demandais si seules les circonstances permettaient de prétendre que tuer un autre homme était juste ou ne l’était pas. » Comment va évoluer le personnage de Sophénète à partir de ce moment-là ?

Jean-Luc Marchand : Sophénète comprend progressivement lors de son périple que le monde est bien plus complexe et beaucoup plus divers qu’il ne croyait, et il voit bien par ailleurs que les hommes se ressemblent. Bien qu’il ait été spécifiquement éduqué dans cette perspective, bien qu’il se soit entraîné pour cela, tuer un homme ne lui est donc pas si anodin. L’effroi de sa première victime face à la mort lui révèle qu’il tue un homme qui, sans doute à bien des égards, lui ressemble ; il n’est pas qu’un simple ennemi perse anonyme parmi des milliers d’autres ; il n’est pas si différent de lui. Et lui, il veut vivre. Il pressent alors que ces combats sont absurdes. La manipulation de Cyrus pour parvenir à la confrontation avec son frère, le roi des Perses, n’est qu’une illustration de cet asservissement des hommes ordinaires à des puissants ou à des causes qui ne sont pas les leurs, et qui conduisent à la mort. Peu à peu, Sophénète prend conscience de ces manipulations qui permettent d’installer la domination d’un chef, d’une idée ou même d’un dieu. Il va alors pressentir que la liberté consiste à se débarrasser de toutes ces soumissions.

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Éditions La Compagnie Littéraire : Nous arrivons à la deuxième partie de votre récit – La Catabase – par opposition à la première partie nommée l’Anabase. Pouvez-vous nous éclairer sur le choix de ces termes ?

Jean-Luc Marchand : L’anabase est le nom que Xénophon a donné au récit de la retraite des Dix-Mille. Cela signifie « ascension », « montée vers le haut pays » (le plateau iranien en l’occurrence), mais aussi élévation de l’esprit et de l’âme dans les cultes à mystère. Au fur et à mesure qu’il se rapproche de Babylone, Sophénète évolue aussi. Son esprit s’ouvre, il découvre de nouvelles choses, il élargit son horizon. A contrario, la catabase fait référence à la descente aux enfers des héros grecs dans la mythologie. Les mercenaires qui cherchent leur route de retour vont souffrir physiquement et moralement au cours de leur longue retraite. Par symétrie avec l’anabase, ce terme évoque aussi les désillusions, la retombée des aspirations, l’abandon des ambitions de gloire. Sophénète va ainsi se débarrasser d’une partie de ses croyances juvéniles.

Éditions La Compagnie Littéraire : C’est ainsi que prit corps la retraite des Dix-Mille. Les milliers de mercenaires grecs mêlés à l’intendance de l’armée – hommes, femmes et enfants – formèrent un grand cortège qui dut trouver son chemin à travers l’immense Perse pour essayer de rentrer en Grèce. Les épreuves qu’ils traversèrent en terres hostiles marquèrent les esprits de l’époque. C’est Xénophon, philosophe athénien disciple de Socrate, qui a rendu compte de cette épopée, s’étant lui-même enrôlé dans l’expédition.

Jean-Luc Marchand, comment avez-vous fait se rencontrer votre héros spartiate et ce philosophe au fil du récit ? Quelles raisons ont guidé votre choix du moment des rencontres et de leur contenu ?

Jean-Luc Marchand : Je ne pouvais bien sûr pas ignorer Xénophon. D’abord parce que l’histoire est connue grâce à son récit, mais aussi parce qu’il a tenu un rôle important dans cette aventure. Par contre, pour avoir lu et relu son « Anabase », il est évident à travers ses propres mots qu’il s’est attribué un rôle plus important que celui qu’il a véritablement tenu. Il suffit de prendre son texte pour comprendre que malgré les circonstances, il n’était pas devenu le général en chef qu’il a prétendu être. Il a aussi mis en avant beaucoup de ses propres initiatives et je me suis demandé lesquelles avaient été réellement les siennes et lesquelles avaient été enjolivées a posteriori. Parfois le déroulement du récit permet de répondre à ces questions. Par ailleurs, il avait été un disciple de Socrate. Le personnage était donc intéressant. Sophénète le rencontre plusieurs fois, notamment quand il est évident que Xénophon est un acteur important de l’épopée. Et puis, le jeune hoplite comprend aussi à son contact que la philosophie est peut-être une discipline qui peut l’aider à mieux appréhender le monde. Quelques paroles échangées entre eux lui permettent ainsi de comprendre un peu ce qu’il éprouve.

Éditions La Compagnie Littéraire : Au cours de cette expédition de retour, Sophénète va être élu énomotarque et devoir diriger des hommes. Il déclare : « J’eus le sentiment un peu orgueilleux que je saurais remplir ma mission. J’avais vu des chefs ne pas s’y prendre comme il fallait pour atteindre un objectif, alors qu’il existait d’autres façons que la seule brutalité pour y parvenir. » Jean-Luc Marchand, c’est un modèle de chef que vous évoquez là ; votre commentaire ?

Jean-Luc Marchand : Oui. Il existe plusieurs types de chefs ; j’en évoque quelques-uns dans le récit. La rivalité des généraux grecs permet de mettre en évidence quelques comportements caractéristiques. Il y a les prétentieux, les autoritaires et les ambitieux bien sûr, mais aussi ceux qui restent indifférents aux sentiments de leurs hommes ou au contraire veulent se faire aimer d’eux. Rares sont ceux qui trouvent le bon équilibre pour à la fois servir la cause commune et ne pas oublier les individus qu’ils dirigent. Kirisophe, celui qui en fait ramena cette armée de mercenaires, faisait sans doute partie de ceux-là. Sophénète, pour avoir observé les comportements des hommes, et notamment des chefs, pense qu’il peut faire mieux tout d’abord en ne reproduisant pas des comportements qu’il blâmerait s’ils s’imposaient à lui. Il a compris qu’il fallait éviter de faire aux autres ce que l’on ne veut pas pour soi. Il a compris que ceux qui ne savent pas se mettre à la place des autres ignorent comment les amener à adhérer sincèrement à leurs visées, à leur cause, à leurs objectifs, quels qu’ils soient.

Éditions La Compagnie Littéraire : Il semblerait que votre personnage-héros suive dans la fiction les traces de son père, ancien hoplite disparu. Là encore, vous revenez habilement sur la suggestion du départ : la recherche du père. Comment Sophénète en entend-il parler et qu’apprend-il ?

Jean-Luc Marchand : À l’égal des guerriers de Sparte mort pour la cité, son père est un héros parmi d’autres jusqu’à ce qu’il découvre une rumeur sur les raisons de sa disparition. La recherche du père est un prétexte pour justifier son départ sans avoir reçu l’accord des autorités de la cité. Sophénète n’y croit pas vraiment lui-même. Comment pourrait-il retrouver les traces d’un père et de son histoire dans ces immenses territoires de la Perse ? Et puis, il redoute un peu de connaître les vraies circonstances de sa disparition, même s’il aimerait en avoir le cœur net. Les événements vont lui permettre d’apprendre ce qui s’est passé et, finalement, il va approuver le choix de son père qui avait refusé une soumission absurde. Le souvenir du père permet aussi d’illustrer ce rapport des hommes au passé : souvent idéalisé, parfois remis en cause, il tombe finalement le plus souvent dans l’oubli. Pourtant, en s’intéressant au passé, on comprend que d’autres ont éprouvé ou vécu des choses qui pourraient nous paraître singulières pour la seule raison qu’elles nous arrivent à nous-mêmes.

Éditions La Compagnie Littéraire : L’un des thèmes qui transpercent votre ouvrage, c’est celui de l’amitié. Il trouve un point culminant au moment de la mort d’Amyntas, un ami d’enfance et de jeunesse de Sophénète. D’où vient cette évocation ?

Jean-Luc Marchand : Les hoplites spartiates étaient des frères. Prêts à mourir l’un pour l’autre, leur longue éducation, les épreuves traversées ensemble, visaient à créer ces liens indestructibles entre eux. Ils étaient à la fois uniques l’un pour l’autre, mais semblables l’un à l’autre. L’amitié ou l’amour sont finalement les raisons qui nous encouragent à poursuivre notre route. Tenir la main d’un ami qui va mourir est une expérience que j’ai par ailleurs vécue personnellement.

Éditions La Compagnie Littéraire : Sophénète prononce à ce moment une phrase significative : « Je lui confiai que je ne croyais plus beaucoup dans les dieux, même si leur emprise sur les hommes m’intriguait. » Vu l’époque et le contexte, cette phrase a plusieurs résonances : une évolution historique qui s’annonce ? Une question métaphysique ?

Jean-Luc Marchand : Sophénète a compris que les choses sont plus complexes qu’il croyait. En quittant sa cité, en partant à la découverte du monde et des autres, en se confrontant à d’autres « vérités », il parvient à délaisser ses certitudes et ses croyances. Il découvre que des dieux ont existé avant de disparaître ; qu’il en existe de nombreux autres dont il ignore tout. Il n’est pas prêt à admettre que tous ces dieux peuvent coexister et fréquenter l’Olympe (contrairement aux Romains qui eux accueilleront tous les nouveaux dieux dans leur panthéon). Cela ne correspond ni à ce qui lui a été appris ni à ce qu’il a déduit de ses observations. Il finit par comprendre que les croyances des hommes naissent uniquement des hommes eux-mêmes. Sans doute aussi une discussion avec Xénophon a-t-elle aidé Sophénète à mieux formuler ses déductions. Xénophon, le disciple de Socrate, lui a mentionné l’asébie de son maître, c’est-à-dire son inconduite à l’égard des dieux qui engendrerait de fait une inconduite à l’égard des hommes. Socrate disait aussi que les hommes étaient les seuls animaux à avoir inventé des dieux. Cette révélation éclaire alors ce que l’hoplite avait ressenti confusément, à savoir que ces croyances induisent aussi une forme de soumission dont il ne veut plus.

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