Monique Rault

Les interviews de la Compagnie Littéraire

Nous remercions Monique Rault d’avoir accepté de répondre à nos questions.

Fantaisie derrière la statueLa Compagnie Littéraire : Depuis combien de temps écrivez-vous ?

Monique Rault : J’ai toujours aimé écrire, depuis mes premières années à l’école. Pour ce qui est d’écrire « un vrai livre », c’était il y a un peu plus de quinze ans, à la suite de circonstances bien précises dont je vais vous parler dans la question suivante.

CL : Qu’est ce qui vous pousse à écrire ?

MR : Ce qui m’a poussée à écrire à l’époque, c’est la cérémonie de fermeture de l’institution au sein de laquelle j’avais fait mes études jusqu’au baccalauréat, institution où j’avais passé mon enfance et où mes parents demeuraient à cause du travail de mon père. Ce jour-là, quelque chose s’est imposé à moi : de retour à la maison en fin de journée je me suis mise à écrire le premier chapitre de mon premier « vrai livre » : Fantaisie derrière la statue. Je le sentais comme un besoin, un devoir aussi, un hommage à rendre à mes parents et à mon enfance.

CL : Quelles sont vos sources d’inspiration ?

MR : Je crois que ce sont les souvenirs personnels, les personnes que j’aime ou que j’ai aimées, les voyages aussi, mais je transforme les histoires…

CL : Vous arrive-t-il de manquer d’inspiration (si oui que faites-vous pour la retrouver ?)

MR : Oui, d’ailleurs je n’ai pas écrit beaucoup… Manque de temps peut-être mais ce n’est pas forcément une raison. Je crois plutôt que je ne cherche pas trop à me retrouver face à moi-même avec l’écriture … Mais je laisse les choses venir.

CL : Quels sont vos projets d’écriture (court, moyen, long terme) ?

MR : Pour l’instant rien ne s’impose à moi mais mon imagination et mes rêves me dictent des passages que je note de façon libre.

CL : Quelle place a l’écriture dans votre vie, qu’est-ce qu’elle vous apporte ?

MR : J’ai envie de fixer l’instant, comme avec une photo, mais cela ne fonctionne pas à tous les coups. J’aime bien utiliser les mots.

CL : Quels sont vos mots préférés ?

MR : Soleil, caresse du vent, bleu indigo du ciel… étrangeté, transformation.

CL : Quelle est votre citation préférée ?

MR : « Le pardon libère l’âme » (Nelson Mandela).

CL : Quel est votre livre préféré (édité par vos soins) ?

l'été de la lune orange - monique rault

MR : L’été de la Lune orange (édité par mes soins).

Othello pour ce qui est de Shakespeare.

CL : Quels sont vos auteurs préférés ?

MR :Shakespeare, Stendhal, Tracy Chevalier. Et puis il y en a sûrement d’autres, en fonction des moments.

CL : Qu’est ce qui est le plus difficile dans le processus de création de l’ouvrage ?

MR : Pour le premier ouvrage, je n’ai rien trouvé de difficile, je l’ai écrit comme une évidence en moins de cinq semaines. Par contre l’histoire que j’avais commencée a pris une tournure différente de ce que je prévoyais… Comme si cette histoire était déjà là, en parallèle de ma vie réelle. C’était une découverte chaque jour. Je m’amusais.

Par contre pour le suivant, deux ou trois ans plus tard, c’était plus difficile, moins spontané, l’exercice m’a semblé parfois très « carcéral »; C’est un aspect qui ne m’est pas agréable.

CL : Quelle importance a le titre d’un ouvrage/ qu’est ce qui fait un bon ou un mauvais titre ?

MR : Le fait qu’il parle à l’imagination. Le fait qu’il fasse rêver ou qu’il véhicule quelque chose de fort. Et de plus, je crois que c’est très important qu’il ait « une jolie musique » (les mêmes mots ne disent pas la même chose en fonction de leur assemblage).

CL : Qu’est ce que pour vous un bon livre ?

MR : Pour moi un bon livre c’est un livre que j’aime, qui me réconcilie avec la vie quand elle est plus difficile, un livre que je regrette de terminer, comme un ami qu’on ne veut pas quitter.

CL : Que pensez-vous du lien éditeur/auteur ?

MR : C’est un lien important, on se livre un peu (voire beaucoup) dans un livre, alors pour l’auteur il y a quelque chose de l’ordre de la recherche de « reconnaissance ». C’est un peu comme une relation « au père » pour un enfant. Mais avant tout cela nécessite de la confiance de part et d’autre.

CL : Quels sont vos regrets dans votre carrière d’écrivain ?

MR : Ne pas avoir écrit davantage, mais j’ai expliqué un peu plus haut pourquoi, c’est le côté solitude face à l’écriture qui ne me donne pas la motivation. Par contre, si un livre comme mon premier roman se présentait à moi avec la même force, ce serait avec grand plaisir. Je ne dois pas être un « vrai écrivain », c’est ce que je me dis.

CL : En résumé que pouvez-vous dire de votre expérience d’auteur ?

MR : Une expérience que j’ai trouvée géniale tout au long de l’aventure pour le premier ouvrage, et très satisfaisante pour l’ego après la finition de l’ouvrage suivant. On se sent un peu différent, comme si on « laissait » ou on transmettait quelque chose. C’est un peu naïf, mais cela fait du bien.

CL : Quels conseils prodigueriez-vous aux jeunes auteurs ?

MR : Si vous avez envie d’écrire, écrivez sans hésiter et sans avoir trop de doutes (les doutes viendront de toutes façons…) Et lisez, lisez beaucoup, de belles phrases, elles vous accompagneront.

CL : Un dernier mot pour vos lecteurs ?

MR : J’ai lu et entendu cette phrase que j’ai trouvée magnifique :  » Elle m’aimait pour les dangers que j’avais traversés et je l’aimais pour la sympathie qu’elle y avait prise »(Shakespeare, Othello, adaptation cinématographique de Oliver Parker) – Peut-être que, un jour, quelqu’un quelque part trouvera une phrase que vous aurez écrite et qu’elle lui apportera le même sentiment de plénitude. C’est sans doute cela le talent, alors continuez à écrire.

 

Monique Rault
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