Marcel Séguier

Les interviews de la Compagnie Littéraire

À propos de l’auteur :

Dans les années 1970-1990, Marcel Séguier a joui d’une très belle réputation. Salué par les plus grands de l’époque, notamment pour son titre La Reddition, publié chez Fayard. L’auteur joue avec les mots, les doubles sens et les phrases elles-mêmes, avec une dextérité que l’on ne trouve plus guère dans la littérature contemporaine.
Marcel Séguier, aime à se faire appeler Marcello par ses intimes. Franco-suisse, il aime à dire aussi, que son cœur est en deçà et au-delà des Alpes. Ses références littéraires, musicales ou artistiques nous font traverser les époques ainsi que le néo-romantisme. Les fantômes d’Anatole France, Valéry, Flaubert, Proust, Claude Simon ou Gracq, nous accompagnent à travers ses lignes.

La Compagnie Littéraire : Depuis combien de temps écrivez-vous ?

Marcel Séguier : Autant me poser la question « Depuis combien de temps lisez-vous ? » L’écriture et la lecture sont pour moi des doubles s’inversant comme celui qui fait un livre et celui qui en tourne les pages. Tout jeune enfant, je jouais avec des cubes de bois comportant sur cinq de leurs faces une image. La sixième était illustrée d’une lettre en grande capitale. Je ne savais pas lire. Je mêlais et m’amusais à combiner de la façon la plus aléatoire une phase illisible surtout lorsqu’y dominaient les consonnes… Plus tard, apprenti typographe, j’appris à mettre un ordre dans ce désordre en déchiffrant les petits caractères de plomb que je tenais entre mes doigts. Convenablement alignés dans le composteur, je pouvais vérifier en en faisant la lecture la phrase que j’avais mécaniquement écrite en quelque sorte.

CL : Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ?

MS : Je fais mienne la constatation de Claude Simon : « En écrivant je découvre et je me découvre ».

CL : Quelles sont vos sources d’inspiration ?

MS : Chacune de mes rencontres avec les mots.

CL : Vous arrive-t-il de manquer d’inspiration (si oui que faites-vous pour la retrouver ?)

MS : Je ne vois guère de quoi vous voulez parler. Il me suffit de voir, d’entendre. Cela me regarde, cela se fait de moi entendre. Tel l’enfant décrit par Victor Hugo, qui avait crayonné un pantin sur le mur et qui fait dire au poète : « L’enfant regardait cela, et cela regardait l’enfant ».

CL : Quels sont vos projets d’écriture (court, moyen, long terme) ?

MS : Je n’ai pas, je n’ai jamais de projet. Vient quelque chose qui s’impose et, comme dit Flaubert après avoir vu le tableau de J.Bosch « La tentation de saint Antoine », je ne vois plus que lui. Avant il n’y avait rien que j’eus le désir d’atteindre.

Panneau central : La Tentation de saint Antoine, Bosch, 1548
Panneau central : La Tentation de saint Antoine, Bosch (1506)

CL : Quelle place a l’écriture dans votre vie, qu’est-ce qu’elle vous apporte ?

MS : Celle de ma machine à écrire sur la table… Ce qu’elle « m’apporte » est-il à la mesure de ce qu’elle me prend ?

Je ne pourrai jamais répondre à cette question, qui n’était pas la vôtre mais néanmoins la sous-entend bien, je crois.

CL : Quels sont vos mots préférés ?

MS : « Moi, frôler du mot, ce n’est pas mon genre, l’oreille de vierge entre les frisettes ne rosira pas d’un contact scabreux. » Vladimir MaïakovskiÀ pleine voix

CL : Quelle est votre citation préférée ?

MS : « Oui, vous avez de la chance ».

CL : Quel est votre livre préféré (édité par vos soins) ?

MS : Tous.

CL : Quels sont vos auteurs préférés ?

MS : Shakespeare, Cervantès, Rabelais, La Fontaine, Anatole France, Ramuz, Claude Simon, Julien Gracq.

CL : Qu’est-ce qui est le plus difficile dans le processus de création de l’ouvrage ?

MS : Seul Dieu crée, pour les croyants.

CL : Quelle importance a le titre d’un ouvrage/ qu’est ce qui fait un bon ou un mauvais titre ?

MS : Très important, avec la quatrième de couverture. Les gens vont-ils plus loin, sauf exception, lorsqu’ils feuillettent un livre sur un rayon de supermarché ? Quand il y figure.

CL : Qu’est-ce que pour vous un bon livre ?

MS : Celui que l’on ne lâche plus.

CL : Que pensez-vous du lien éditeur/auteur ?

MS : Oh là là !

CL : Quels sont vos regrets dans votre carrière d’écrivain ?

MS : Pas de regrets, suis-je Joachim du Bellay ?

CL : En résumé que pouvez-vous dire de votre expérience d’auteur ?

MS : Ça suit son train.

CL : Quels conseils prodigueriez-vous aux jeunes auteurs ?

MS : Écrivez ce qui ne peut être parlé.

CL : Un dernier mot pour vos lecteurs ?

MS : Le dernier ? N’y croyez pas trop.

 

 

Marcel Séguier a publié à la Compagnie Littéraire :

Le vent les a ôtés
Le vent les a ôtés
Marcel Séguier - Terminus Infini
Terminus Infini
Sereno - Marcel Séguier
Sereno
Dans la vallée du Sennarr - Marcel Séguier
Dans la vallée du Sennaar


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