La Compagnie Littéraire : Bonjour Madame Turquier, c’est avec grand plaisir que nous vous comptons aujourd’hui parmi les nouveaux auteurs de la Compagnie littéraire en 2018. Trois de vos anciens recueils de poèmes « L’Andante — 2002 », « Hors saisons — 2009 » et « Traumas — 2012 », auparavant auto-édités sont actuellement en cours de production dans notre maison d’édition. La sortie officielle, prévue en juin 2018, viendra rassembler ces trois recueils dans une même parution. Que signifie pour vous cet événement ?

Sandrine Turquier : Cet événement est particulièrement émouvant et marquant pour moi, car il représente la concrétisation et la reconnaissance d’un travail littéraire fondamental en tant qu’écrivaine et poétesse durant ces dernières années.

De plus, les thématiques abordées dans ces recueils représentent pour moi la quintessence de ma chaire d’écriture, la chambre haute de mes émotions les plus intimes.

Pouvoir transmettre tout cela à un large public était mon souhait le plus cher.

Rejoindre la Compagnie littéraire est symbole d’une immense fierté et de belles rencontres à venir.

Une belle aventure qui ne fait que commencer…

C.L. Chacun de vos recueils est basé sur une thématique précise : nous retrouvons l’amour, la souffrance, et la résilience. Pouvez-vous développer ce que représentent ces trois concepts à vos yeux ?

S. T. Ces trois concepts représentent pour moi la PYRAMIDE de chaque vie humaine dans laquelle nous nous confrontons inlassablement à nos réflexions métaphysiques et intérieures après être passés par des moments de joie, de plaisir, de souffrance et de délivrance.

Dans ces trois concepts tout est flux continuel et résonance, l’amour ne peut être vécu sans souffrance et la libération suprême de cette souffrance et d’entrer en résilience afin de transcender la douleur, la sublimer pour se reconstruire et avancer sur le chemin de la vie.

L’amour et la souffrance sont deux cris permanents de l’âme et du corps, deux voix sans cesse en querelle, qui malgré toutes les adversités qu’elles confèrent, clament en nous à chaque instant que nous sommes vivants et c’est à mes yeux le plus important, quel qu’en soit la finalité.

C.L. Quelle place occupe la poésie dans votre vie et pourquoi avoir choisi cette forme d’expression ?

S. T. La poésie tient une place primordiale dans ma vie, elle est comme une pluie douce qui se déverse en moi, une note précise et discontinue que je vis dans mon quotidien, un chant d’oiseau, le vent qui se lève, des visages, des silences…

Et si j’ai fait le choix de cette forme d’expression, je dirais que je ne l’ai pas choisie, elle s’est véritablement imposée à moi, je ne peux trouver pour déclamer la force de mes émotions et les messages que je veux délivrer que dans la puissance et la beauté de l’expression poétique, je suis avec elle dans le royaume des mots, dans le chœur de sa chapelle, chaque syllabe, chaque vers s’enveloppe de musicalités de nuances, je fais corps avec elle comme elle fait corps avec moi.

Elle est la déesse du langage et je suis sa servante.

C.L. Votre recueil « Traumas » se rapproche davantage du théâtre que de la poésie. Pour autant, ces deux formes d’expressions sont proches et jouent avec les mots, et les émotions du lecteur. Avez vous déjà songé à devenir dramaturge avant d’être poète ?

S. T. Je suis très émue par votre question qui appelle tant de résonances en moi.

J’y ai songé effectivement avant d’entrer en poésie et bien plus tard encore, porter mes textes sur une scène théâtrale, diriger les comédiens aurait été un de mes rêves, mais les circonstances de la vie ne m’ont pas permis de réaliser ce souhait.

C.L. En dépit des portraits tragiques que vous présentez dans ce même recueil, nous constatons toujours une issue favorable dans le destin de vos protagonistes. Êtes-vous une éternelle optimiste, ou mélancolique comme vous dévoile votre recueil « Hors saisons » ?

S. T. J’ai foi en la vie, je suis réellement et profondément optimiste, même si mon recueil « Hors Saisons » révèle une grande mélancolie, elle clame la douleur de la perte, ce moment au cœur duquel la seule émotion perceptible était cette infinie tristesse.

La vie est un cadeau et je savoure chaque instant de celle-ci !!

C.L. Classiquement, en quoi puisez-vous l’inspiration nécessaire à votre exercice d’écriture ?

S. T. Je puise mon inspiration dans les choses de la vie, mes expériences, ma vie intérieure, mes rencontres, les drames humains.

C.L. Si vous deviez citer un compositeur, un poète, un film et un romancier ayant marqué votre vie, lesquelles choisiriez-vous ?

S. T. Jean Sébastien Bach depuis l’âge de 19 ans pour l’élévation suprême et spirituelle de sa musique, il accompagne toujours mon rituel d’écriture.

Charles Baudelaire pour sa prose tour à tour sensuelle et lyrique, grave et envoûtante. Le maître par excellence .Mon premier recueil de poèmes fut un hommage à Charles Baudelaire.

Le cercle des poètes disparus, un film extraordinaire sur la liberté d’être soi et de choisir sa voie.

Barry Lyndon, l’alpha et l’oméga de l’amour dans une atmosphère poétique et lyrique d’une beauté prodigieuse, le temps est suspendu.

Je ne me lasse jamais de le revoir.

1984 de George Orwell, tout simplement sublime.

C.L. À qui destinez-vous votre production littéraire ?

S. T. Je destine ma production littéraire à l’homme de ma vie et futur époux David, un grand amoureux de poésie et de l’écriture.

C.L. Vous avez le mot de la fin, quel message souhaiteriez-vous passer à vos futurs lecteurs ?

S. T. Mes recueils sont les vôtres maintenant, ils feront leur vie dans le miroir de vos visages, de vos mains tournant les pages.… Puissent — ils accompagner je l’espère votre désir d’aller toujours plus haut dans le cœur de votre être, dans vos réflexions, émotions qui je le souhaite du fond du cœur ouvriront la porte d’échanges emplis de richesse.

Ne cessez jamais d’aimer, l’amour c’est la vie.

Ne cessez jamais de lire, d’être curieux la littérature c’est la liberté et le plus beau symbole de fraternité.

Bonne lecture à tous !

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Ce que l’équipe des éditions la Compagnie Littéraire en a pensé…

Deux recueils de poèmes et un récit viennent s’ajouter au répertoire de la poétesse Sandrine Turquier. Dans le recueil L’Andante, les thèmes du désir (Complainte au roi…), de l’amour (Ode à notre amour…) et de l’abandon au plaisir charnel (Consume-moi…) sont largement abordés. Inversement, nous retrouvons aussi des textes inspirés du sentiment d’abandon et de la souffrance, en raison de la perte d’une âme sœur (Nunca, Rupture…). Le recueil Hors saison est une catharsis axée davantage sur le concept de la souffrance, distillé à travers une vingtaine de poèmes.

Sous forme de lettres destinées à leurs bourreaux, le portrait d’Agathe et Eliott sont dressés dans le recueil de récits nommé Traumas. Le viol et le drame familial sont développés dans ces lettres courtes et poignantes, afin de mettre en lumière le principe de résilience et d’optimisme face à des épisodes de vie douloureux.

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[…] qui sommeille en chacun de nous. C’est pourquoi sous la forme d’un journal intime poétique, Sandrine Turquier transporte ses lecteurs dans l’abîme de cette passion dévorante, communion de la chair et de […]

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