Dernière mod­i­fi­ca­tion le 5 novem­bre 2022 par La Com­pag­nie Littéraire

Édi­tions la Com­pag­nie Lit­téraire : Yann Gontard, bon­jour. Il y a quelques semaines est paru votre réc­it de voy­age : Jour­nal d’un aven­turi­er des temps mod­ernes, Livre I, Moyen-Ori­ent et Toc. Ce pre­mier opus retrace votre tour du monde débuté en 1989 à tra­vers des anec­dotes et des ren­con­tres. À à peine 24 ans, vous pre­niez votre sac à dos et par­tiez à l’aventure en stop, sans trop savoir à quoi vous atten­dre. Qu’est-ce qui a motivé votre départ ? Étiez-vous anx­ieux à l’idée d’affronter l’inconnu ?

Yann Gontard : Comme je le racon­te dans le pro­logue, par­tir pour moi reve­nait à regarder vers l’avenir alors que ma mère, me voy­ant par­tir, se retran­chait dans le passé. Ter­ri­ble choc de deux généra­tions ! J’étais donc totale­ment disponible et ent­hou­si­aste… mais égale­ment incon­scient ! Comme ce voy­age était le résul­tat d’une anci­enne volon­té née au Séné­gal en 1978, je réal­i­sais enfin l’un des pro­jets qui me tenait le plus à cœur.

Édi­tions la Com­pag­nie Lit­téraire : Dans votre Jour­nal d’un aven­turi­er des temps mod­ernes, le réc­it est chronologique et à chaque jour son lot de décou­vertes et d’émotions. Pour­tant, le lecteur peut se pos­er la ques­tion suiv­ante : avez-vous été exhaus­tif dans votre nar­ra­tion, ou avez-vous occulté cer­tains épisodes con­sid­érant que leur per­ti­nence ne méri­tait pas une publication ?

Yann Gontard : Tout d’abord j’ai tenu un jour­nal au jour le jour pen­dant ce voy­age. J’ai ensuite lais­sé repos­er ces notes pen­dant près de trente ans. Enfin j’ai ressen­ti comme une évi­dence de témoign­er. Ain­si j’ai repris toutes ces notes. Cer­taines me parais­saient un peu vieil­lies, mais authen­tifi­aient un morceau d’histoire, d’autres révélaient des aspects cocass­es, inédits face à la décou­verte au quo­ti­di­en de nou­velles per­son­nes, nou­veaux paysages, nou­velles aven­tures. Enfin quelques infor­ma­tions se révélaient redon­dantes, abstruses ou n’apportaient pas de pierre à cet édi­fice. Je les écar­tais ou les remet­tais au bon endroit. Ou les aban­don­nais défini­tive­ment si ressen­ties comme inutiles.

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Yann Gontard Journal d'un aventurier
Cou­ver­ture du Livre I du Jour­nal d’un aven­turi­er des temps mod­ernes par Yann Gontard

Édi­tions la Com­pag­nie Lit­téraire : À la lec­ture de votre réc­it de voy­age, on remar­que un souci du détail plutôt bluffant. Quel est votre secret pour retran­scrire vos aven­tures avec autant de précisions ?

Yann Gontard : Ce voy­age a tourné autour de ces mul­ti­ples notes, mais égale­ment plusieurs mil­liers de pho­tos et cas­settes audio que je regarde ou réé­coute afin de me rep­longer, voire m’immerger, dans ces sou­venirs. Par ailleurs la mémoire nous joue de drôles de tours, car elle retient cer­tains détails qui n’étaient même pas dans ces car­nets, mais qui ont pro­fondé­ment changé le jeune homme que j’étais et que j’ai eu cœur à retranscrire.

Édi­tions la Com­pag­nie Lit­téraire : Quelle est l’anecdote ou la ren­con­tre qui vous a le plus mar­qué dans ce pre­mier opus et pourquoi ?

Yann Gontard : Il est dif­fi­cile de ne retenir qu’une anec­dote tant ces ren­con­tres étaient rich­es et var­iées. Com­bi­en j’ai appré­cié ces échanges avec l’armée syri­enne à Wadi Rum ! La générosité de ce pau­vre cycliste à Bosra qui me prit en autostop ! Cette ren­con­tre avec ce prêtre catholique en Égypte qui m’a ouvert à la vie ! Ce réveil impromp­tu à la fron­tière gré­co-turque par des gardes-fron­tières qui recher­chaient – déjà ! – des migrants ! Etc.

Édi­tions la Com­pag­nie Lit­téraire : Et si aujourd’hui ce tour du monde était à refaire, le referiez-vous ? Quelles dis­po­si­tions sup­plé­men­taires prendriez-vous ?

Yann Gontard : Aujourd’hui je referais prob­a­ble­ment un tour du monde dif­férent, non dans les des­ti­na­tions, mais plutôt dans la manière… Je chercherais moins à vouloir tout faire tout de suite – belle spon­tanéité de la jeunesse ! – mais je ten­terais de vivre dans quelques villes ou vil­lages choi­sis sur des durées plus longues en éti­rant le temps pour mieux appréhen­der mes rela­tions avec quelques per­son­nes choisies. Bien enten­du, cer­tains des pays tra­ver­sés sem­blent aujourd’hui dif­fi­ciles d’accès. Quel dom­mage ! Car la pop­u­la­tion subis­sant des sit­u­a­tions dra­ma­tiques reste bien­veil­lante et pleine d’espoir : elle mérite for­cé­ment qu’on les aide et qu’on les aime.

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Édi­tions la Com­pag­nie Lit­téraire : Parce que le mot de la fin revient tou­jours à l’auteur, qu’aimeriez-vous dire à vos futurs lecteurs ?

Yann Gontard : Il s’agit d’un voy­age ini­ti­a­tique, le mien d’abord. Même si je ne m’en rendais pas compte sur l’instant. Je com­prends qu’aujourd’hui, le monde se com­plex­i­fie, que la vie au quo­ti­di­en empêche ce type d’expérience, la famille, le tra­vail, des par­ents vieil­lis­sants, etc. Si je pou­vais, par ces lignes, inviter mes lecteurs à vivre ce rêve qu’ils auraient souhaité réalis­er sans jamais oser, alors je ressen­ti­rais cette joie sim­ple d’avoir réus­si à réen­chanter la vie de quelques-uns de mes compatriotes.

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