Dernière mod­i­fi­ca­tion le 11 novem­bre 2022 par La Com­pag­nie Littéraire

L’édition de livres à travers l’histoire

Il y a quelques jours, nous par­lions des sup­ports de lec­ture numérique et audio, aujour­d’hui, nous vous pro­posons de faire un bond dans le temps et de s’in­téress­er à l’his­toire de l’édi­tion des livres.

Pour com­mencer cet arti­cle, pen­chons-nous sur la déf­i­ni­tion de “livre”.

Le dic­tio­n­naire Larousse nous dit ceci :

  • livre n.m. Assem­blage de feuilles imprimées et réu­nies en un vol­ume, broché ou relié : Livre rare, ancien.

Soit, mais fut un temps où l’im­primerie n’ex­is­tait pas. Cela veut-il dire qu’il n’y avait pas de livres avant Guten­berg et sa superbe invention ?

Eh bien non. Un livre est con­di­tion­né par l’ex­is­tence de l’écri­t­ure. C’est pourquoi, pour par­ler de l’édi­tion de livres, il faut remon­ter bien plus loin que le XVe siècle.

L’édition de livres à l’Antiquité

À quoi donc peut servir un livre ? À plein de choses me direz-vous. Mais n’ou­blions pas l’essence pre­mière du livre : trans­met­tre la con­nais­sance humaine.

C’est pourquoi, dès l’ap­pari­tion de l’écri­t­ure, il a fal­lu trou­ver un moyen de con­serv­er le savoir.

Les différents supports du livre

Si la pierre est con­sid­érée comme le plus ancien sup­port de l’écrit, les pre­miers “livres” étaient fab­riqués en bois.

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Vers le IIIe mil­lé­naire av. J.-C. des tablettes d’argile ont été util­isées en Mésopotamie, celles-ci étaient gravées grâce à l’aide d’un calame — morceau de roseau — puis cuites pour être conservées.

Tablette d’argile néo-assyri­enne. Epopée de Gil­gamesh, tablette 11 : réc­it du Déluge. Con­nue sous le nom de “tablette du Déluge”. Con­servée au British Muse­um de Londres.

Le tis­su n’est pas exempt des pre­miers sup­ports livresques. En effet, en Chine, la soie était le sup­port de prédilec­tion de l’écriture.

Pour pal­li­er l’aspect peu pra­tique des tablettes, les hommes ont com­mencé à utilis­er le papyrus.

Le par­chemin a fait son appari­tion vers 250 av.J.-C. et tient son nom de Pergame, où on com­mençait à traiter les peaux de mou­ton, veau, chèvre et âne, afin d’en faire un sup­port d’écriture.

Quid des droits d’auteur à l’Antiquité ?

À l’époque, pas de droits, ni pour l’au­teur, ni pour l’édi­teur. Il était pos­si­ble de recopi­er un livre et en mod­i­fi­er le con­tenu sans état d’âme ! On écrivait pour la gloire !

Conservation et diffusion des livres

  • La con­ser­va­tion et la dif­fu­sion des livres se fai­sait à l’époque par le biais des grandes bibliothèques : 
    • en Grèce : Alexan­drie, Pergame, Athènes, Rhodes, Anti­oche etc.
    • à Rome : les ouvrages étaient con­servés dans plus de 20 bibliothèques.

L’édition des livres au Moyen Âge

Dans l’an­tiq­ui­té, le rouleau de papyrus por­tait le nom de vol­u­men. Il fal­lait le dérouler pour chang­er de colonne et le tenir à deux mains.

À la fin de l’an­tiq­ui­té, vers le IIe siè­cle le codex fait son appari­tion. Com­posé de feuilles pliées, encar­tées et assem­blées, il a don­né la forme aux “livres” qui est encore util­isée de nos jours. Une forme de livre plus pra­tique donc qu’un rouleau continu !

Peu à peu le papi­er rem­place le par­chemin, plus économique.

Conservation et diffusion des livres

Au Moyen Âge, les livres étaient con­servés dans les monastères. Les religieux, férus de lec­ture con­tribuaient à la péren­nité des ouvrages.

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Mal­heureuse­ment, cer­tains textes jugés trop dan­gereux n’é­tait pas repro­duits par les copistes du scrip­to­ri­um — lieu de tra­vail des moines — où étaient les man­u­scrits étaient copiés, reliés, décorés et conservés.

Scrip­to­rum

Le tournant du XIIe siècle 

La cul­ture européenne croît et la pro­duc­tion de livres aus­si. Le développe­ment des uni­ver­sités, du com­merce et de la bour­geoisie crée une nou­velle demande, et surtout un demande plus forte : de plus en plus de livres sont produits.

L’édition de livres à l’époque moderne

XVe siè­cle, c’est une révo­lu­tion dans l’édi­tion de livres ! Guten­berg éla­bore de nou­velles tech­niques d’im­primerie et de typogra­phie. Il est désor­mais pos­si­ble de repro­duire un livre en plusieurs exem­plaires. L’ob­jet se démoc­ra­tise, plus ou moins, car mal­heureuse­ment à l’époque l’anal­phabétisme est encore très présent.
Le for­mat du livre n’a pas changé depuis le codex de la fin de l’an­tiq­ui­té, mais ce sont désor­mais des cahiers de papi­er cousus.

Quid des droits d’auteur ?

Les livres imprimés tombaient dans le domaine pub­lic, sauf cas excep­tion­nel, tou­jours pas de recon­nais­sance de l’au­teur à l’époque. C’est seule­ment à la fin du XVI­I­Ie siè­cle que l’au­teur touchera un pour­cent­age de ses ventes.

Les nouveaux formats d’édition de livres

Vers la fin du XVIe, en Angleterre, le chap­book, une sorte de brochure, per­met de dif­fuser plus large­ment les con­tes folk­loriques, les grands classiques.

Et c’est au début du XVI­Ie siè­cle, que la brochure se pop­u­larise. Elle con­tient des réc­its, con­tes, infor­ma­tions pra­tiques, des­tinés à la population.

Au milieu du XVI­Ie, c’est au tour des Ency­clopédies d’être à la mode. Ce “livre tri­om­phant” (Roger Charti­er) sera à l’hon­neur jusqu’au XIXe siècle.

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Con­traire­ment aux brochures, l’En­cy­clopédie est peu acces­si­ble et reste dif­fusée pour la petite et moyenne bourgeoisie.

La Révo­lu­tion française mar­que le déclin du beau livre. Désor­mais la pri­or­ité va à l’im­pres­sion des jour­naux, brochures et pamphlets.

Époque Contemporaine

Les premières machines typo

Dès le début des années 1800 Franz Kœnig tire par­tie des pro­grès des dif­férentes éner­gies, dont notam­ment la vapeur.

C’est en 1812 qu’il imag­ine le cylin­dre presseur.

Vers les années 1820, les press­es à imprimer à la vapeur (presse typographique), ont fait chuter le prix des livres et en aug­mentent con­sid­érable­ment la production.

En 1846, Richard Hoe prof­ite des pro­grès réal­isés en stéréo­typ­ie — principe per­me­t­tant d’obtenir par moulage la réplique cylin­drique d’une forme d’im­pres­sion plate — pour met­tre en place un cylin­dre imp­ri­mant con­tre le cylin­dre de pres­sion.

La pre­mière rota­tive typo à feuille est créée ! (Ali­men­tée à la main par des ouvrir margeurs).

Il y a telle­ment à dire sur l’édi­tion de livres au XXe siè­cle, c’est pourquoi un arti­cle entier y sera con­sacré prochainement !

Cent ans après avec la général­i­sa­tion du mul­ti­mé­dia des années 1990, l’im­primerie off­set fait place à l’imprimerie numérique qui a des coûts beau­coup plus faibles ce qui per­met de faciliter l’édi­tion de livres et notam­ment celle des livres brochés.

La tech­nique de l’édi­tion de livres évolue sans cesse, ain­si que les sup­ports de lec­ture : livre numérique, audio etc. Que nous réser­vent les prochaines années et siè­cles ? L’avenir le dira.

Histoire de l’édition par Bernard Rathaux

Si cet arti­cle sur l’his­toire de l’édi­tion à tra­vers les dif­férentes époque vous a plu, vous pou­vez com­pléter vos con­nais­sances his­toriques par l’ou­vrage “Mémen­to de l’His­toire de l’édi­tion” par Bernard Rathaux que nous vous con­seil­lons vivement ! 😇

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