Les coulisses de  » Éloge du rêve éveillé » le deuxième recueil de poèmes de Cyril Lebrec

Cyril Lebrec

Éditions La Compagnie Littéraire : Cyril Lebrec, bonjour. Vous venez de publier à La Compagnie Littéraire un ouvrage poétique oscillant entre prose et textes en vers libres intitulé : Éloge du rêve éveillé. Tout d’abord, pourquoi ce titre ?

Cyril Lebrec : Ce titre était celui du dernier poème de mon premier recueil de poésie. Ce poème est également présent dans ce second recueil. Il constitue donc un lien avec ce nouveau projet. Aussi, le rêve m’a toujours beaucoup inspiré, il est un espace de liberté, le lieu de tous les possibles.

Éditions La Compagnie Littéraire : Si vous deviez expliquer en quelques mots ce qu’est pour vous le « rêve éveillé », que diriez-vous ?

Cyril Lebrec : Le rêve éveillé peut avoir une connotation thérapeutique, mais c’est ici la place à la rêverie qui est évoquée. Le droit, la possibilité, de se laisser porter par ses pensées, les laisser flâner. Il peut parfois être un refuge, mais surtout un endroit pour se remettre en question, ou bien pour questionner la société. C’est un temps donné à la contemplation, jusqu’à trouver la lueur qui fait recouvrir l’espoir et amène à passer à l’action. Alors le rêve disparaît, mais a eu toute son utilité. Il ne s’oppose pas à l’action, qui reste essentielle, il la mûrit.

Éditions La Compagnie Littéraire : Au tout début de votre livre, vous citez Arthur Rimbaud : « À la lisière de la forêt – les fleurs de rêve tintent, éclatent, éclairent, – » comme pour nous ouvrir le chemin. Quel rapport entretenez-vous avec ce poète et son histoire ?

Cyril Lebrec : J’ai découvert Rimbaud à l’âge de 11 ans. Cette découverte a été fondamentale pour moi, dans ma construction. J’ai été subjugué par la force de son expression poétique. Il m’a ouvert des portes, m’a montré que les possibles en poésie étaient infinis. Il symbolise bien sûr une forme de désinvolture adolescente, de « liberté libre ». Je reste passionné par ce poète, et sa vie. Je le lis toujours et me documente beaucoup sur lui. Il est petit à petit devenu comme un compagnon de route.

Éditions La Compagnie Littéraire : Votre recueil nous livre un mélange de sentiments hétéroclites et le lecteur se sent vite « embarqué » dans des univers multiples qui le font réfléchir. Quel est votre fil conducteur ? Comment avez-vous construit votre ouvrage et sur quels critères avez-vous choisi l’ordre d’apparition des textes ?

Cyril Lebrec : Comme dans un rêve, les thèmes ou les tonalités peuvent vite changer. Ces poèmes datent de 2008 à 2020, et j’ai choisi de les présenter de manière éclatée, comme un miroir brisé. Il n’y a pas d’ordre chronologique. Par contre, le premier et le dernier poèmes sont choisis volontairement. Le premier pour laisser se réveiller les mots endormis en nous (à nos risques et périls !) et préparer la rêverie. Le dernier pour voir la lueur d’espoir naître, et réouvrir les yeux.

Couverture du recueil de poèmes « Éloge du rêve éveillé » par Cyril Lebrec

Éditions La Compagnie Littéraire : Je voudrais revenir sur un passage intitulé « Histoire d’une errance ». Vous écrivez : « Et je m’obstine à vouloir écrire des choses longues en m’apercevant que le roman est mort. » Pouvez-vous commenter cette phrase ?

Cyril Lebrec : C’est une petite provocation ahah, comme une vision. Dans une société où tout va très vite, et les buzz s’enchaînent sans grande logique, je signale juste que ce genre littéraire risque de vite vieillir. D’ailleurs, les nouvelles formes d’écriture sont déjà présentes sur des plateformes, avec des auteurs qui innovent. L’écriture va évoluer avec notre monde, qui préfère de plus en plus l’image, cela me paraît évident. Cette pensée est aussi empreinte de nostalgie, car j’ai beaucoup d’admiration pour les romanciers, pour leur capacité à tenir en haleine un lecteur sur la durée. Voilà, c’est un passage où je me suis amusé à imaginer la fin du roman, je ne pense pas que cela arrivera réellement ou bientôt. C’est une manière de faire réfléchir sur notre société de l’immédiateté et ce qu’elle pourrait produire artistiquement.

Éditions La Compagnie Littéraire : On sent que vous tirez une sonnette d’alarme à propos de notre société, de notre mode de vie qui ne laisse plus de place à la patience ; donc plus de place au rêve et à l’imaginaire. Quels sont pour vous les risques d’un tel fonctionnement ?

Cyril Lebrec : Ce livre n’est pas là pour faire la morale. C’est avant tout un voyage onirique. Et je laisse beaucoup de liberté d’interprétation aux lecteurs. J’aimerais juste qu’ils repartent avec quelques questions. Ils trouveront les réponses par eux-mêmes. J’espère juste que ce mode de vie de l’instantané ne nous coupe pas de l’esprit critique nuancé et approfondi. Les jugements hâtifs risquent de se développer, avec une culture du buzz manichéen.

Éditions La Compagnie Littéraire :  Le thème de la fuite est récurrent dans votre ouvrage. Il apparaît entre nostalgie et constat de la fragilité des choses. Pourtant vous semblez vouloir faire briller une petite lueur. Où est la place pour l’espoir dans votre démarche ? Le rêve éveillé serait-il la solution ? Ou bien y aurait-il encore autre chose ?

Cyril Lebrec : La fuite par la rêverie est une solution en effet. Heureusement, beaucoup d’autres choses existent, comme la lecture, les arts vivants, la culture en général et surtout passer à l’action, par des engagements simples pour faire avancer la société, dans des associations par exemple.

Une réflexion sur l’absurde est également présente dans différents poèmes, avec une forte influence d’Albert Camus. Quand on parle d’absurde et d’espoir, son nom me vient instantanément à l’esprit, avec son fameux mythe de Sisyphe : « Il faut imaginer Sisyphe heureux ».

Éditions La Compagnie Littéraire : Ce livre est surprenant et attachant. Les deux derniers textes – « Malgré tout » et « Refus » – nous laissent un peu dans l’expectative. On aimerait savoir si le rêve, éveillé ou non, finira par gagner. Avez-vous d’autres projets littéraires en vue ?

Cyril Lebrec :  Je travaille sur un nouveau recueil de poésie en effet, il est en cours d’écriture. J’espère le terminer dans un temps respectable. Aussi, un projet à 4 mains avec une amie artiste pourrait se faire, en lien avec des dessins, et/ou des photographies. C’est en réflexion.

Merci pour ces compliments en tout cas. Si le rêve éveillé finira par gagner ? Il n’est pas un combat, ou alors avec soi-même. S’il y avait un but, ce serait d’en sortir vainqueur, et porteur d’un espoir nouveau. Ce serait la plus belle récompense.

Commander Éloge du rêve éveillé

Le recueil de poèmes Éloge du rêve éveillé écrit par Cyril Lebrec est disponible sur Fnac.com, Amazon, Decitre, les librairies du réseau Place des librairies et Dilicom et plus généralement en commande dans toutes les librairies de France et de Navarre.

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