Éditions la Compagnie Littéraire : Vincent Blénet, bonjour. Vous venez de publier à la Compagnie Littéraire un nouveau livre intitulé « L’Enfer-me-ment ». Pourquoi ce titre et ce jeu de mots? Et au-delà de cette simple question, ce titre met en perspective trois éléments, tels les trois côtés d’un triangle : l’Enfer, le Moi et le Mensonge. Quels liens établissez-vous entre ces trois éléments?  

Vincent Blénet : L’isolement, l’isolation, être sanglé, confiné, restreint, bloqué, coupé du reste du monde. Se retrouver piégé, emmuré dans un bocal où l’on est incompris, où l’on n’a pas sa place, aucun sentiment de confort, ni d’acceptation, d’adaptation, etc., etc. à force cela devient un véritable enfer, une incarcération infernale. Qui dit incarcération, dit folie, qui dit folie, dit tourments et ainsi de suite.

La connexion entre l’enfer éternel et l’isolement avec les mensonges sont étroitement liés. En effet, souffrir le martyre dans l’expiation de ses « fautes », ses « péchés » (si je puis dire), dans l’enfer punisseur, pousse l’âme torturée à la confusion et au déni de ses propres peurs et défauts. Plus on souffre, plus le temps semble interminable. Au lieu d’avancer, on rechigne et on stagne trop longtemps dans une plaidoirie d’arguments sans fin et au lieu d’avancer, de tourner la page, on se conforte dans ses raisonnements, dans ses propres mensonges.

Enfer = s’ancrer dans un déni contestataire = isolement sans fin, où on ressent aucune issue.

On s’identifie à ce que l’on argumente, à ce que l’on prêche. On devient son propre mensonge, on l’incarne. Plus on piétine, plus on rechigne à s’affranchir, par peur de l’inconnue, d’une éventuelle vérité, plus on va se formater à ses dires.

À ses propres « vérités ».

J’ai vécu trop longtemps restreint dans mon centre-ville, ça m’a déformé ma vision du reste du monde. Ma perception du monde est erronée, abstraite, floutée, je généralise trop souvent et je finis par croire à l’ensemble de mes observations théoriques. Il y a beaucoup de vrai ici à Montpellier, beaucoup de chaos, beaucoup d’excès, beaucoup de décadences, de dégénérescences. Beaucoup de trimards W9 et de michetonneuses NRJ12. Beaucoup d’hypocrites inhumains, opportunistes, etc.

Cependant je me suis restreint compulsivement à cette vision sociale et ça m’a amené à me mettre moi-même des œillères sur mon regard personnel, ainsi que mon regard d’écrivain.

Ce nouveau livre retranscrit les ravages et les outrages que j’ai perçus et explorés à travers mes tentatives de socialisation. Certes il est primordial de se connecter aux autres et à la société, mais il n’est pas nécessaire de se laisser conditionner et lessiver la cervelle afin de devenir un parfait clone gay, caricature misogyne de la pub Hugo Boss avec des manières de racailles TV réalité. Ni de se joindre compulsivement à une culture moderne totalement foirée et déshumanisante, ancrés dans des achats psychotiques de fringues à magasins de sacs à foutre, s’alcooliser maladivement à l’extrême excès d’ivresse pour ressentir des émotions normalement accessible, sauf que beaucoup de gens s’empêchent d’exprimer, de révéler leurs émotions parce que le système condamne les personnes qui expriment leurs émotions.

La société revendique une hygiène de vie dans l’ambition et le paraître.

J’avais envie d’illustrer dans ce nouvel ouvrage comment l’on ressent une vie dite « éternelle » hors des barrières de ceux qui expérimentent les joies basiques de l’existence. Voir la vie de ceux qui sont exclus de la vie. Évidemment je me suis « peint » un p’tit peu.

J’avais également envie, dans mon approche thérapeutique, mon chemin vers une progression de mes travers, j’avais envie de retranscrire à quel degré la ritournelle dépressive et confinée dans mon centre-ville a réussi à faire développer mes angoisses en monstrueuses réalités.

Effectivement il y a eu plein de déclics véridiques qui m’ont traumatisé et heurté, blessés.

Mais après, j’ai entretenu ces horreurs et j’en ai fait des chimères, ces dernières ont pris le dessus sur mon raisonnement et ainsi de suite j’ai bâti des égrégores assez balaises qui m’ont à nouveau bloqué pour ne plus avancer et m’enchaîner dans mes peurs, mes angoisses, mes stratagèmes de troubles du comportement, mes psychoses délirantes, etc.

Idem pour les deux années horrifiques de pandémie, on a (je parle des âmes torturées comme moi-même), on a vécu ces isolement avec tant de peurs et d’angoisses, etc., qu’on a fini par pousser à l’extrême, à l’outrage même, tout ce qu’on subissait, jusqu’à l’ivresse de cramer les responsables de nos douloureux maux interminables.

Vincent Blénet par Alexandra Gonzalez Photographe.

Je ne pardonnerai jamais à EM, OV, MS, jamais de jamais. Mais je sais qu’on est « forcés » de vivre avec ces zozos. On en a subi d’autres et le tragique c’est que les votes les ont instaurés, c’est comme ça donc faut attendre que ça passe, comme une dragée fucca…

À force d’être enfermé, on se réfugie, on se console dans ses théories. On trouve une échappatoire au désespoir et à la dépression dans la contestation, ça aide à survivre et à ne pas se trancher les veines. Parce qu’il faut aimer la vie d’abord et avant tout, c’est trop stupide de se finir et ne pas vivre le bien après, après la pluie, vient l’éclaircie (réf : The Crow). 

Lorsqu’on est renfermé sur soi et sur ses maux, la plupart se sont tournés vers une issue illusoire à travers le suicide. Moi-même j’ai été partisan de me tuer pour fuir, m’échapper de toutes mes souffrances. Mais c’est une duperie, une grosse arnaque, une supercherie bien ficelée et soutenue par l’effroyable société d’aujourd’hui. Société compétitive d’ambition et de réussite chimériques. Les deuils que je n’ai cessé de traverser m’ont éprouvé à l’extrême, mais cela m’a appris à découvrir la vertuosité de vivre, la vie ne se résume pas et ne doit pas se résumer à nos souffrances. Au contraire, plutôt que de fuir l’enfer présent, restons en vie, restons vivants afin de guérir et de se construire un paradis à soi.

(Confinement = confine-ment = enfer qui finit par me mentir).

(Gouvernement = gouverne & ment. Gouvernemental = gouverne notre mental). 

Éditions la Compagnie Littéraire : Au début de votre ouvrage, vous parlez de l’évolution de votre écriture et vous dites que chaque livre est une expérience nourrie des problématiques qui hantent votre esprit du moment. C’est comme un cri, comme une façon de poser votre existence face au monde. Pouvez-vous, à ce propos, nous parler de la genèse du présent ouvrage?

Sur cet ouvrage j’ai, peut-être inconsciemment qui sais-je, j’ai voulu affiner mon écriture, la rendre accessible tout en conservant mon style avec les énigmes. C’est plus sécurisant d’écrire compliqué lorsqu’on retranscrit des émotions intensives et des réflexions osées sur l’environnement sociétal, du moins si l’on souhaite éviter des emmerdes juridiques et des karchers d’ego de snobinards perchés « chat-bite » sur l’immunité tyrannique des organisateurs de chaises musicales. En effet j’ai une verve cinglante et une prose controversée, sulfureuse, je « rentre-dedans » les pudeurs farfelues des bienséances. Les dogmes matérialistes, perso j’aime uriner dessus, mais en tant qu’écrivain, je pisse avec un gant de velours.

J’ai longtemps été emmuré dans un chemin sans issue, sans cesse en boucle répétitive. Je ne sais plus quel fut le déclic, mais je le chéris avec ferveur car depuis peu, et grâce à quelques amis proches bienveillants (Charly, Fessoil Abdou. Christian, David et les autres copains portiers. Ma maman, mon amie Camille, Fabienne et Joël. Boris « The Double King » et les potos qui travaillent avec lui. Mais également Monique Sérot Chaibi, Nourdine Bara, Désiré Aman et mes amis du Bouchon St-Roch) ces personnes extraordinaires qui ont su rester patientes et compréhensibles face au bélier borné que je suis. Ces personnes ont réussi ce qu’aucun n’a réussi, à savoir m’aider à progresser, avancer vers la lumière, vers la vie.

J’ai traversé une errance de plus de vingt années, comme les limbes ou le néant, d’ailleurs, certains savent que c’est épuisant, éreintant, exténuant, broyant, laminant, bref.

Dans ce nouveau livre, je souhaitais évoquer la vie routinière de quelqu’un qui vit en dehors des codes, dans l’exclusion de la socialisation. Montrer ce que c’est lorsqu’on est de l’autre côté de la barrière. Beaucoup n’ont aucune conscience d’une vie hors de leurs systèmes traditionnels, hors des boutiques de sacs à foutre et des bars. Je vois les normaux se moquer ouvertement des « exclus », des sans-abri, des personnes abîmées par l’existence.

D’ailleurs j’ai utilisé encore l’épouvante et le cauchemardesque dans la métaphore et la narration cynique dans l’objectif de dévoiler combien est l’horreur lorsqu’on est déshumanisé, ratatiné par un système-marchandise qui ne jure privilège de vivre uniquement par la déviance perverse de payer émotions, joies, désirs, ivresses des sens, etc., contre une facture lourde. Comme l’est la politique en marche. Ces gens sont des courtiers, des PDG d’entreprises, des banquiers bobos élitistes, ils croient gérer un business mais ils se moquent ouvertement des facteurs humains. Seuls les chiffres, leurs causes, et comme le pouvoir, l’immunité, les fastes mondains élitistes leur montent à la caboche, tout ridicules sont-ils, ils sont « alcoolisés grave » de leurs puissances. En résumé, ils ont des petites bistouquettes friquées et l’immunité de décideurs leur fait penser qu’ils ont un braquemart à Rocco Siffredi.

Lorsque le pouvoir monte à la tête, la raison s’égare, elle s’évapore et laisse place à l’ambition. Actuellement ce n’est pas le rationnel qui résonne, c’est l’ivresse du pouvoir et ils succombent à toutes les névroses envisageables parce qu’ils refusent de tourner la roue, comme dirait l’émission grégaire que je regarde pour me défouler sur ma télé et scruter quelques strings (rares) mais agréables. Les chats-bites refusent de faire tourner « la roue des problèmes », sans doute qu’ils n’ont pas assez de Pampers solides triple épaisseur pour nettoyer l’étendue de la diarrhée cracra d’un quinquennat foireux.

Pour ce qui est de mon regard critique, cynique, clinique envers la société. Effectivement je passe le plus clair de mon temps à observer, analyser et décortiquer les mouvements ainsi que les faits et gestes du petit cirque carnavalesque qui s’anime autour de moi. J’ai plus d’aisance à regarder la vie agir sans que j’interagisse à mon tour dans l’existence. Je suis écrivain mais j’ai d’abord été toujours un observateur resté en retrait, loin. J’ai toujours eu trop peur d’affronter les épines de la vie, aussi j’ai décuplé mon regard et ma réflexion sur le « monde » plutôt que d’y participer. Ça m’a aidé en tant qu’auteur, par contre j’ai des carences à soigner en tant qu’être humain (surtout que j’espère apprendre à savoir bien séduire la gent féminine).

J’ai vécu en retrait, subissant les ecchymoses, mais sans avoir su ajouter ma peinture au tableau de la vie sociétale. 

Vers l’accouchement de ce dix-huitième livre (BAT, mise en page), je pense nécessaire d’illustrer également avec cet ouvrage que toutes personnes dites « différentes », « rejetées », vous avez tous une valeur, votre vie est un don précieux, et il est impératif de préserver la vie, d’aller vers le bout du tunnel. Beaucoup pourront croire qu’avancer c’est renoncer à faire reconnaître ses maux de parcours, absolument pas !!! Non, juste c’est important de partager sa différence avec le monde, même si souvent c’est inondé de trimards dérisoires, peu importe parce que cela prouvera davantage que vous êtes précieux et unique, devant une assemblée monarchique futile et trop Colgate naze broque.

La seule raison qu’il faut tenir en compte ce n’est pas d’oublier les épreuves, ni de s’en foutre, c’est surtout que toutes vos douleurs, vos hontes et vos souffrances ne doivent pas vous bouffer plus qu’elles ne l’ont déjà fait. J’ai gaspillé et perdu énormément d’énergie à ça, j’ai laissé les flammes me consumer et me consommer grassement. Je sais de quoi je parle. C’est grâce à l’écriture si j’ai trouvé un sens à ma vie. Aussi, grâce à ces amis bienveillants.

Vous n’êtes jamais seul, ne croyez pas ça, c’est justement l’illusion de la douleur qui vous invite à cette dépression, laquelle m’a trop rongé. Ça et la psychiatrie, la Blénetterie !

Éditions la Compagnie Littéraire : Dans le chapitre intitulé « Chats noirs, chats blancs », vous développez de multiples pensées et vous donnez quelques pistes de réflexion. Une petite phrase revient régulièrement comme un leitmotiv : « Nous sommes les chats noirs de Salem, nous sommes ces félins du blasphème. » Comment cette phrase s’est-elle imposée à vous? On pense bien sûr aux procès des sorcières de Salem en 1692 dans la colonie nord-américaine du Massachusetts, où plusieurs femmes ont été jugées et pendues pour sorcellerie. Les chats noirs à qui l’on prêtait des pouvoirs démoniaques étant assimilés aux sorcières, l’allusion métaphorique semble aller de soi. Mais vous, qu’avez-vous voulu évoquer? (On pourrait presque dire « invoquer »), pouvez-vous nous éclairer à ce sujet?

Vincent Blénet : L’habit n’en fait pas le monastère. La plupart des gens ont tendance à qualifier ce qu’ils jugent de bien ou de mal en grande partie à travers le visuel, le packaging identitaire de la personne (ou de l’animal) qu’ils voient. En l’occurrence, une grosse partie de la société moderne 2.0 va, à coup de matraquage publicitaire et de slogans réformateur, dire qui doit être bien et qui faudrait-il attacher sur le bûcher pour le cramer en toute inconscience sans remontrances et sans remords, même avec l’amour de Dieu et la bénédiction de tous les Saints.

Les chats noirs sont des êtres magnifiques et tellement affectueux. Il est certain que les animaux perçoivent ce que nous, humains entraînés par l’émerveillement de technologies modernes, les animaux voient ce qu’on ne peut voir. Les sorcières ont toujours été associées au satanisme et aux contes pour enfants aseptisés dans les chaumières de normaux blonds tout propres. Les légendes ont trop décrit les sorcières comme des femmes mauvaises, alors que beaucoup de sorcières sont des êtres humains qui ont des dons. Elles peuvent voir et communiquer, interagir et évoluer dans le monde de l’invisible, le monde derrière notre monde.

Est-ce que c’est une raison pour laquelle des hommes, dont beaucoup furent extrêmement promachistes et contre les femmes. Ils se sont emmitouflés dans les grâces de la religion dogmatique intégriste. Pour eux, à travers les prêchi-prêcha de prêtres, archevêques, etc. Ils ont fait croire à la foule que les sorcières étaient des « ennemies » de Dieu.

Alors qu’en fait, ces femmes avaient un don. Certaines l’ont pratiquée dans le monde occulte, mais d’autres ont exploré divers chemins, beaucoup plus lumineux. Il existe la magie blanche qui est plus tournée vers la lumière et le bien. Pour l’église et pour la propagande dominante des hommes machistes à l’époque, une femme qui avait des dons et des aptitudes où l’esprit est plus intelligent et plus ouvert en contradiction avec la lucarne étriquée de l’homme religieux intégriste, là évidemment les sorcières ont malheureusement été les boucs émissaires inadmissibles de Salem avec ces honteux procès historiques.

Aleister Crowley était un mage très réputé dans le monde occulte de la magie noire. Il a été une icône pour les satanistes. Pourtant, même si je veux m’éloigner de l’univers des satanistes et des rituels violents. J’ai appris qu’A. Crowley était à l’origine un enfant maltraité et battu par ses parents, lesquels étaient des religieux ultraintégristes, trop radicaux. La mère d’Aleister appelait son enfant « la bête ». Il est évident et compréhensible que ce jeune homme eût envie de suivre un cheminement à l’inverse totalement de la Bible et de la religion catholique. Il s’est même attitré de « la bête ». Personnellement, pour ce garçon, cet homme, je comprends parfaitement sa démarche. Je ne vais pas dans ce monde précis, mais je comprends tout à fait ce qu’il a pu ressentir. Je ne jugerai pas Mr Crowley. C’est évidemment un exemple qui retranscrit comment le dogme de l’humanité et son fanatisme « endiablé » a formaté les personnes que l’histoire va qualifier « d’hérétiques », de « BLASPHÈMES » et de « Démons ». L’histoire écrit celui-ci ou celui-là qu’il faut aller brûler sur le bûcher. Et dans l’allégresse de la dégénérescence ecclésiastique populaire, sociétaire, démocratique et parfois républicaine.

Éditions la Compagnie Littéraire : Revenons à votre parcours. Vous déclarez que, depuis « Cieux FM » en 2017, votre écriture a évolué, s’est transformée. Vous avez, je vous cite, « délesté la soutane littéraire afin d’être plus en phase avec l’écrivain qui observe et retranscrit ». Comment cela s’est-il fait? Et aussi pourquoi?

Réponse : Longtemps je me suis emmitouflé, emprisonné volontairement même, dans ce personnage de prêcheur chaotique pro suicidaire et réformateur. À l’époque je fréquentais des milieux religieux, certains intégristes réformateurs (limite sectaires dans leurs têtes). Ayant un conflit identitaire avec la plupart d’entre eux parce que je revendique fièrement, avec confiance en moi, mon « aspect » gothique. Ainsi que mon éloignement des règlements dogmatiques ultras de la Bible des archevêques moralistes machistes. Souvent je me suis heurté à plusieurs murs frontaux devant des cathos, grenouilles de bénitiers avariées de l’Ancien Testament, j’ai beaucoup de fois dans ma vie eu à faire face à des duels d’acceptations dans des cercles où l’on me rejetait férocement sans préavis.

Mon orgueil, mon erreur que j’ai utilisée tel un bouclier frontal contre mes peurs et mes angoisses, sans avouer mes faiblesses, les reniant même. Cet effroyable orgueil qui m’empêchait d’évoluer, de grandir et de voir normalement la vie, d’aller vers elle. Je me masquais derrière ce personnage de prêcheur aux vociférations d’un monsieur je sais tout, comme les curés à la messe lorsqu’ils blâment les fidèles.

Je vivais dans un mensonge pathétique, limite pathologique, pathogène. Je m’accrochais à mes fadaises au lieu d’affronter la réalité. J’incarnais ce prêtre du suicide, le visage effrayant, accusateur à souhait et endoctrineur. J’évoquais la mort comme une échappatoire à la souffrance sans comprendre ni voir que la vie a de belles choses, de belles émotions. Je ne voyais que cette souffrance, ces tortures qui me bouffaient l’âme et les tripes. J’ai joué avec le feu et avec des énergies chaotiques. Jusqu’à m’y brûler les doigts et pas qu’un peu.

Les deuils et la pandémie ajoutée m’ont rongé, laminé, broyé et j’ai perçu que la mort est un anéantissement horrible et définitif. Mes souffrances et ma position sociétale ont dupé 20 années de troubles du comportement, ainsi que des psychoses liées à mon manque de confiance en soi. Il m’a fallu expérimenter 3 décès et 5 ans et demi de traversées dépressives dans un tunnel psychique assombri de douleurs, d’interrogations, de peurs et d’automensonges avec un zeste de rêves destructeurs me poussant à ma perte. Pour ce qui est du confinement, ça m’a fait revivre les tourments entre les phases du collège, de l’internement en psychiatrie, les deuils (j’en ai eu d’autres). Ce n’est pas les 2 mois chez soi, d’ailleurs on ne me les résumera pas comme ça) mais j’ai eu plus dans mon écorchement à vif (avec la dépression liée à un établissement d’alcool sordide servant d’observations pour l’ouvrage « 666 Nuances de Braises », ainsi qu’un amour passionné pour des garces vénales et sadiques, me poussant à flirter avec l’autodestruction).

Le choc salutaire pour me désintoxiquer de ce rôle de prêtre littéraire néfaste, je l’ai eu dans un sommeil astral (si je puis dire). J’en ai même écrit un long texte de 8 pages, j’ai écrit toute la nuit d’une traite, ça ne m’est jamais arrivé, ni auparavant ni à présent. Ce texte figure dans « Cieux FM », il s’intitule « le joug de la terreur ».

Durant trop d’années à stagner, asphyxié dans mon orgueil, à travers une morne d’arrogance sur la fierté cauchemardesque d’être et symboliser ce prédicateur implacable prêt à décimer le reste de la planète pour me venger de ce que les collèges, la psychiatrie, les gens, tout quoi.

J’ai joué avec ce feu destructeur consumant mon énergie et ma raison. Jusqu’à la tragédie.

À force de jouer je m’y suis brûlé et j’ai rien pu éviter, mais j’ai appris à mes dépens.

J’étais tellement convaincu par ma psychose identitaire, me croyant immunisé (chat perché). Lorsque la mort est venue m’enlever ceux que j’aime, là j’ai percuté. Lorsque j’ai vu le columbarium de ma grand-mère et que j’ai réalisé que ce binôme de petite femme qui m’a épaulé plus de vingt ans, lorsque j’ai percuté que cette grand-mère n’était plus que des cendres dans un bocal, là ma certitude inflexible s’est pliée férocement. Depuis ma « soutane » je l’ai rendu, je l’ai foutue dans les flammes et j’ai cherché ma voie. Actuellement j’essaie de me frayer un chemin avec la spiritualité sur mon épaule et je cherche à relativiser car ma religion peut brailler la destination d’un tel ou d’un tel, mais mon père m’ayant haï et bousillé même dans la mort. Lorsque j’ai vu son cadavre bouffi de produits d’embaumement et mon daron boudiné dans le cercueil… Le funérarium a conservé le corps quatre jours avec une ventilation climatisée à fond sinon le cadavre de papa aurait fini en conserve avariée de bâtonnet Croustibat chez Lidl crado. Ensuite quand j’ai vu sur un écran-ciné le cercueil fermé de papa foncer dans le four crématoire, j’ai percuté que la religion est une fadaise de mortels matérialistes cherchant le pouvoir et l’asservissement par de la propagande.

Les protestants, les cathos intégristes font pareil que les ecclésiastiques et groupements sataniques. Chacun s’envoie des reproches et invite le maximum de clientèle à s’abonner.

Personnellement je n’attaque aucun des deux, je me fiche des cathos et des religieux bibliques, je les laisse éjaculer dans leurs fanatismes « daeshien ». Pour les satanistes, je n’agresserai personne, juste je préfère ne jamais entrer dans leurs évènements et autres.

Je reste loin et j’observe le monde. Je veux écrire et vivre ma vie heureux.  

Il est salvateur d’expérimenter « le saut de l’ange », traverser la chute et comprendre la leçon d’une « disgrâce » afin de mieux apprendre de ses erreurs, de ses fautes de parcours afin de mieux évoluer et soigner son âme ainsi que son mantra et son karma.

S’écraser en plein enfer et même s’il est traumatisant de s’y aventurer un moment, c’est une bonne thérapie pour parvenir à guérir et s’affranchir vers un chemin vertueux en harmonie avec la vie.

Traverser la brûlure des flammes, éprouver la blessure et les ecchymoses, ça aide à forger le moral et le mental, ainsi se construit l’apprentissage. Trébucher et défaillir sur les embûches n’est pas une tare. C’est souvent par la disgrâce qu’on y découvre une forme d’état de grâce.

Éditions la Compagnie Littéraire : Si votre ouvrage, dans son ensemble, critique la société et le monde mercantile tout-puissant de notre quotidien, il s’attaque également cette fois aux représentants de l’Église que vous rangez dans la même catégorie que les PDG-marketing-supermarchés-téléréalité. Pourtant, ce n’est pas tout à fait la même chose… Pourquoi ce changement chez vous? Quand vous écrivez, par exemple, « l’immortalité est un miroir brisé aux reflets hypocrites », que voulez-vous signifier? Une déception trop forte qui emporte tout? N’oublions pas que vous jouez avec les mots et que vous parlez alternativement des anges déchus et des anges déçus.

Vincent Blénet : La foi est devenue un dogme construit sur la trouille paranoïaque et le matérialisme. Désormais l’église est institution, limite une industrie « incorporating ». Le pardon de l’Éternel se marchande, il se troque, parfois il est traqué. L’amour de Dieu est une distinction pour bobos, c’est une stock-option qui est streamée par les mains d’humains camouflés de soutanes. Ces prédicateurs diffusent un maximum de peurs et de fin des temps pour toutes âmes sauf si vous casquez l’addition. La messe est devenue une foire et les réunions sont des kermesses. La télé-réalité s’est fondée sur du mensonge et du paraître, l’église est pareil. Les archevêques, cardinaux, évêques, c’est que de la masturbation pour hypocrites élitistes. L’église est complice de la politique, elle bénit, anobli tous les mensonges, etc., etc. La démocratie n’est que fanatisme patriotique, paranoïaque despotisme. Maintenant en démocratie on va voter pour élire une dictature tyrannique sans contestataire sous peine d’être exécuté (internement psy, exclusion, dépression, confinement, gestes barrières, hétérophobie agressive et prison pour émotions sensuelles). Pousser les gens à se suicider c’est pareil qu’un commando armé qui vient raser ta vie.

Les anges qui sont déçus, voire parfois écœurés, évidemment j’écris à vision métaphorique. Ces anges déçus sont ces personnes qui ont tellement cru, qui se sont tellement battues, investies dans la vie, dans la foi, dans l’espérance et, à force de voir et comprendre qu’on ne les écoute pas et qu’aucun n’a essayé ni cherché à les entendre, à les comprendre et à les accepter tel qu’ils étaient. Bref ces anges déçus risquent de vriller à anges déchus.

Et puis, vous écrivez aussi : « Au cœur de mon âme, il y a cette petite lueur, celle en péril sur un fil qui se fane »… Le fil qui se fane, c’est la vie qui passe, mais cette petite lueur signifie-t-elle que, dans ce miroir brisé, vous recherchez quand même encore l’espoir? Une position paradoxale en quelque sorte?

Vincent Blénet : L’immortalité est la métaphore de mon ressenti de l’existence, une vie de 39 années traversées comme une infinité dans un million d’océans où ma perception du temps s’est perçue comme une prison, un viol, une incarcération à travers plusieurs cercles dantesques psychologiques, psychosomatiques, etc.

Lorsqu’on « vit l’instant présent », on souhaiterait que l’instant en question dure une éternité, surtout lorsqu’on est heureux, comblé, serein, apaisé et en parfaite harmonie avec la vie, avec soi-même.

En ce qui concerne la lueur, celle qui se fane. Il s’agit surtout des illusions rêvées qui se sont effondrées au fur et à mesure de mon « apprentissage ».

En effet on a pleins de rêves, pleins de désirs et de projets mais la réalité vous attend tel un champion de baseball avec une batte chromée pour vous la fracasser sur la tête en bonne et due forme. Pour mon cas la batte était dotée de clous et de barbelés assez aiguisés et tranchants à souhait. Mon cynisme, mon pessimisme récurrent s’est imposé dans mon franc parlé à cause de toutes les difficultés et les chaos que j’ai dû affronter seul, surtout dans la problématique de mon handicap psychique. Les troubles du comportement, les psychoses délirantes, l’effacement de moi-même, l’énorme carence, manque de confiance en moi, en mes aptitudes, en mes qualités. Je n’ai vu que mes défauts. Je me vois beaucoup comme un zéro, sans la tête de toto.

À la longue devenir cynique, ne dire que les choses pessimistes me sont parue être un rempart curatif à dose éducative et rédemptrice pour ne plus retomber dans mes maux-dits travers de vie, de choix, de pensées et de sociétaire dans mon quotidien de vie.

Lorsque j’écris « il m’a fallu mourir pour mieux guérir » ça illustre un peu tous ces chaos qui m’ont fait chuter dans les affres du mortifère, à coups de cinéma, d’acteurs, d’artistes, de projets impossibles, de réalité de classe et de logique des rangs. Rien n’est possible ou envisageable si on a aucune tune, ni aucun nom, ni quoi que ce soit.

Je suis Jacquouilles sur le tapis et j’ai le devoir de faire risette à Godefroid lorsqu’il me jette les miettes avariées sur le tapis blindé d’acariens en teknival sur les germes à gueux.

Apprendre à désapprendre c’est ce qu’on nous inculque aujourd’hui.

Éditions la Compagnie Littéraire : Il est un passage référencé comme « Le bal masqué des sentiments » où vous abordez un sujet récurrent, celui des amours tarifées. C’est un constat et un avertissement à la fois. Vous défendez la cause féminine en attaquant de front l’univers de la consommation (voire de la surconsommation) et du virtuel qui font prendre aux jeunes filles « des vessies pour des lanternes ». Ainsi, non seulement les femmes sont dupées, mais elles participent activement à leur duperie. Pouvez-vous développer votre propos? Voyez-vous une solution possible pour qu’on en finisse avec toute cette malhonnêteté?

Vincent Blénet : Il est un facteur incontournable, voire quasiment incontestable, l’émotionnel, le ressenti humain. On évoque joyeusement « le plaisir de la chair ». Certes, la prêtrise formate des robots déshumanisés, sociopathes. Vous me dites « l’abstinence ». Certes, certes. Mais vous vous apercevrez qu’à la longue c’est la folie, dangereuse, trop souvent mortifère et la déraison impulsive qui viendra vous emporter. À trop lutter contre soi-même, contre la loi de la biologie humaine, contre ses émotions ainsi que ses vérités. Finalement ça vous explosera en pleine poire et vous serez effrayés, pétrifiés, terrorisés par ce que vous deviendrait à force de vous mentir à vous-même.

Le système a parfaitement saisi cela et il en est devenu maître en matière de marchandage. Les amours tarifés sont la base du piège commercial. La frustration vous dévore, le désir est votre assassin, alors pour tuer la douleur vous êtes disposé à payer. C’est inhumain, obscène et monstrueux, pourtant c’est désormais institutionnel dans un consortium qui s’est déguisé en « démocratie ». Les droits de l’homme si vous payez l’addition.

Le sens de l’horloge est carrément inversé. La cause des femmes m’est importante, pourtant les jeunes femmes d’aujourd’hui sont à l’antithèse des valeurs féministes.

De nos jours, les jeunes femmes participent activement à la vénalité lucrative de la société machiste « dominante ». En effet on nous incite à avancer (courir) de plus en plus vite, toujours trop même, à l’extrême. Il faut Twitter à gogo et liker à volonté sans respirer.

Les nanas pensent détenir le « pouvoir » mais elles sont complices de leurs propres captivités. Elles valorisent leur beauté comme arguments de ventes, elles s’enferment dans le narcissisme à outrance des réseaux « urinoirs » sociaux. Des selfies par-ci et des selfies par-là, toujours montrer chaque geste, chaque breuvage, bientôt quoi ?… Des selfies de chaque pipi, des stories de chaque caca, bio bifidus ?!…

Avec les exemples médiatiques d’aujourd’hui comment voulez-vous que les jeunes ne soient pas déréglés. On leur balance à outrance des Gogols en maillot de bain faisant les kékés au bord de la piscine et s’insultant en imaginant qu’ils sont Booba et Kaaris lorsqu’ils se sont bastonnés le pif à l’aéroport Roissy-Charles-De-Gaulle.

De plus ces trimards ne font que filmer toutes leurs bêtises sur les urinoirs sociaux afin de matraquer violemment la propagande « lavage de cerveau » pour les ados, histoire de préparer la dégénérescence des gens et mieux faire gober les inepties des politiques.

Plus vous êtes cons, plus vous trouvez logique et sain de vous faire sodomiser au chalumeau.

On découvre que les filles se figent dans le virtuel, qu’elles s’enferment et marchandent leurs magnificences, ainsi qu’elles monnayent leurs cœurs.

Auparavant les Spice Girls étaient un message sociétal optimiste, positif et apaisant. Elles montraient aux jeunes filles qu’elles peuvent être super et normales, avoir du caractère et rester elles-mêmes sans concéder à des artifices de mode, fashion branlettes bourgeois machistes suprématistes. Les Spice Girls revendiquaient un certain « Girl Power ».

En effet ce cri de « guerre » était un reflet d’humanité, c’est-à-dire l’égalité de tous êtres.

Mais également que l’amour, la sensualité, la complicité, etc. Tout le monde y a droit.

Si vous êtes un garçon bien intentionné, vous êtes une personne digne d’aimer celle qui tient en haleine votre cœur et vos désirs depuis toujours. Mais ça c’était avant MeeToo.

Dorénavant lorsque les femmes crient « Girl Power » c’est avec rage et haine fascistes. Dans leurs bouches règne le racisme des mecs hétéros. « Girl Power »comme la croix gammée pour brûler du mec. « Girl Power » pour signifier que tous les hommes sont des sales bites à détruire. « Girl Power » pour attacher sur un bûcher Instagram tous les gars hétéros qui sont timides et qui n’ont jamais pu avouer leurs sentiments à l’égard des tourterelles qui hantent leurs désirs amoureux, elles les attachent et elles les crament en osmoses orgiaque tout en filmant le massacre sur leurs stories des urinoirs sociaux avec des likes de McGowan, Johansson, Schiappa et multiples furies démoniaques des associations LGBT+ !

Pour la p’tite anecdote, j’étais un amoureux inconditionnel de la miss rousse des Spice Girls. Elle était un idéal à la perfection, entre ses atouts physiques si charismatiques, son visage rayonnant et si jolie, des yeux magnifiques et surtout une fille qui a une âme merveilleuse avec un humour génial.

Comme quoi je suis l’auteur d’ouvrages horrifiques, l’écrivain qui choque et qui déstabilise les convenances et la bienséance. Je suis écrivain et j’ai été, en 1996-1997, un adolescent timide secrètement amoureux d’une Spice Girls rousse. Eh oui, eh oui.

Éditions la Compagnie Littéraire : Une particularité dans ce livre, vous y incluez une interview réalisée par Sandrine Turquier, elle-même auteur et poétesse. Pouvez-vous revenir sur les circonstances de cette interview? Quels ont été les moments forts et qu’en avez-vous retiré?

Réponse : Effectivement j’ai l’immense privilège et l’honneur, fierté même, d’avoir pu inviter à nouveau Mlle Sandrine Turquier, ma chère et tendre sœur d’écritures. Elle-même m’appelle son frère d’écritures.

Nous avons fait connaissance via Facebook, au départ, puis nous sommes devenus amis. Je l’ai sollicité en 2019 pour être en Guest, avec l’écrivaine Régine Fournon-Gohier, dans mon 16e ouvrage intitulé « 666 Nuances de Braises ». Sandrine a tout de suite accepté, elle a composé et apporté sa magnifique plume sur huit poèmes, huit proses soulignant l’aperçu du protagoniste narratif de cet ouvrage-là.

Nous avons beaucoup correspondu avec Sandrine, on ne s’est pas encore rencontrés physiquement (j’espère bientôt, croisons les doigts).

Cela faisait longtemps que j’espérais entreprendre une conversation écrite avec Sandrine et me permettre de prolonger mon ressenti et mes émotions incomprises vis-à-vis de la gent féminine. Lorsque mon précédent ouvrage « Mort Sûre d’Amours » est paru, j’ai transmis à Sandrine un exemplaire. Celle-ci m’a autorisé à démarrer un projet d’interview pour la promo de ce précédent livre, et nous avons pu débattre des thèmes me tenant à cœur (même me tenant à culs féminins lol).

J’ai entrepris l’écriture des réponses, alors que j’étais encore pataud pour revivre à fond l’inspiration. Grâce à l’interview de Sandrine Turquier, j’ai réveillé ma plume et j’ai écrit au début et à la fin des trois semaines d’écritures de réponses pour ce projet, j’ai écrit deux textes du nouveau livre « l’Enfer-Me-Ment » intitulé « Austère monastère » et « Bal masqué des passions ». Sandrine m’a permis de découvrir les œuvres de Jérôme Bosch (peintre flamand) et Arthur Schopenhauer (écrivain philosophe). Et j’ai commencé à moderniser/simplifier la mise en page des paragraphes dans mes textes, ainsi que d’améliorer ma plume. Cette interview m’a été très bénéfique et salutaire pour faire grandir et évoluer mon écriture. Comme quoi, les interviews, activités littéraires ça aide à améliorer son art.

Merci infiniment chère sœur d’écritures Sandrine Turquier et M. S. De Sheratan.

Éditions la Compagnie Littéraire : Vincent Blénet, une dernière question; cet enfermement que nous venons de vivre depuis deux ans semble toucher à sa fin. Comment voyez-vous la « reprise »?

Vincent Blénet : En ce qui concerne la politique et son chef de zozos déglingués, je ne peux argumenter davantage si je souhaite éviter de me faire lyncher ou flinguer dans les marches.

Pour le reste, ma part personnelle, j’ai encore plus l’envie de vivre et de préserver mon entourage. Je veux vivre, profiter un maximum de ma vie, écrire encore plus et revivre des activités littéraires à fond. Respirer, surtout respirer, même si c’est du soufre, RESPIRER…

Sinon je me sens pessimiste vis-à-vis de l’époque en cours. La modernité est à présent déviance, dégénération, décadence majeure, bref tout est laid. Les mœurs, la culture, les normes, ses codes, les conversations. Je me fais sûrement vieux jeu, vieux chnoque sénile, mais vous conviendrez en vous documentant sur comment c’était (tout) dans les années 90, même 2002-2003, et avec le parallèle orageux et bordélique des convenances d’aujourd’hui : tout est moche, hideux, laid et vulgaire.

Les deux années de pandémie, je les ai subies, vraiment lourdement, et j’ai frôlé la folie et des pulsions mortifères. J’ai bataillé comme un dingue contre mon cerveau, contre mes psychoses, contre ma schizophrénie paranoïaque, etc. J’ai été en dépression très grave et très violente.

Ça m’a perturbé et j’ai quelques secousses en place. Ma conscience rationnelle est endommagée. Ça me fait défaut dans ma vie quotidienne et cela déforme mes jugements, encore pire qu’auparavant. Déjà l’enfermement psychologique, psychique, l’isolement littéraire et autres. Ajouté à cela un état très dépressif avec des sentiments amoureux où je me suis détruit intérieurement. Les jeunes femmes dont j’étais amoureux me haïssent sans raison et gratuitement. J’ai énormément lutté contre moi-même afin d’éviter de me tuer.

J’avais une folle envie de me suicider pour sortir de toute cette atmosphère assez chaotique et mortifère. Ça n’était pas les microbes qui m’étaient nocifs mais les exigences dictatoriales des zozos « gouverne-mentaux ». Je devenais de plus en plus fou et je flirtais dans une ivresse malsaine de m’autodétruire.

Lorsque vous-même vous vous sentez incarcéré dans une prison où il n’y a pas d’issue et que vous la subissez lourdement. Si en plus on vous assigne à résidence, sans oxygène (psychiquement et réellement). Si on vous impose de suivre des consignes qui sont identiques à vos anciennes pathologies schizophréniques, lesquelles vous ont fait interner dans un mouroir psychiatrique à l’âge de seize ans et que vous avez combattu par vous-même les troubles du comportement violent et pathologique.

Tout ça pour obéir à un connard qui vous ordonne de revenir en arrière et bousiller tous vos efforts et vos progrès de guérison durement acquis. Oui effectivement vous êtes un perturbateur et un « complotiste » de la République.

Deux ans de dépression, deux ans de pulsions mortifères, suicidaires. Deux ans à aimer, à désirer une fille qui vous a détruit et qui vous hait de toutes ses forces.

Aujourd’hui je veux écrire et surtout j’ai envie de vivre. Vivre à pleine mesure mon écriture et ma vie.

Éditions la Compagnie Littéraire : Vincent Blénet, merci pour vos réponses.

Vincent Blénet : Merci à vous, merci à tous. Vive l’écriture.

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