Dernière mod­i­fi­ca­tion le 5 novem­bre 2022 par La Com­pag­nie Littéraire

Aujourd’hui dans la rubrique Top Livres décou­vrez un sujet qui fascine chaque être humain que nous sommes : la mort. Ce leit­mo­tiv, omniprésent dans la lit­téra­ture inspire les poètes et les écrivains de tout genre, qui – comme vous allez le décou­vrir – y goû­tent par­fois de manière inso­lite. Voici notre TOP 5 des morts inso­lites des écrivains.

1) L’inadvertance d’un rapace : Eschyle – 456 av. J.-C.

Buste d'Eschyle
Eschyle

Il est le plus ancien des trois grands trag­iques grecs avec Sopho­cle (496 – 406 av. J.C) et Euripi­de (485 – 406 av. J.C) et il est par­fois con­sid­éré comme le père du genre trag­ique. De la cen­taine des pièces écrites par ses soins, seule­ment sept nous ont été trans­mis­es dont Les Pers­es (472 av. J.C), Les sept con­tre Thèbes (467 av. J.C) et Les sup­pli­antes (463 av. J.C).

Ironie du sort, les cir­con­stances de sa mort relèvent plutôt du comique. Selon la légende, un aigle aurait con­fon­du le crâne chauve d’Eschyle avec un rocher et aurait lâché une tortue sur sa tête pour bris­er ain­si la cara­pace de l’an­i­mal et pou­voir se délecter de sa chair.

2) Rire tue : Chrysippe de Soles – 206 av. J.-C. et Pierre l’Arétin — 1556.

Chrysippe de Soles était un philosophe stoï­cien. On le dis­ait arro­gant. Mais ce n’est pas ce trait-là de car­ac­tère qui l’a mené à la mort. Lors d’un ban­quet, quand il vit un âne mangeant des figues des­tinées aux invités, il fut pris d’un fou rire et finit par s’é­touf­fer. Le voilà “mort de rire”. Peut-être aurait-il été plus sage pour Chrysippe de rester stoïque face à cette scène…

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Pierre l’Arétin était con­nu pour ses œuvres comiques, notam­ment ses Ragion­a­men­ti, une œuvre lit­téraire où est tournée en déri­sion la société de son temps et par­ti­c­ulière­ment les sacre­ments religieux. La légende dit qu’il était avide de blagues dou­teuses. C’est cela qui le con­duisit à la mort.

Lors d’un ban­quet — eh oui, lui aus­si — à la suite d’une plaisan­terie obscène, pris d’un fou rire incon­trôlable, il tom­ba à la ren­verse et se fendit le crâne.

Pierre l'Arétin
Pierre l’Arétin

3) Une seconde chance ? L’abbé Prévost – 1763.

L’ab­bé Prévost était romanci­er, his­to­rien, jour­nal­iste, tra­duc­teur et homme d’Église français, célèbre notam­ment pour son ouvrage Manon Lescaut. Nous vous recom­man­dons vive­ment cette lec­ture. L’œu­vre ne vous sem­ble pas assez acces­si­ble ? Trop démod­ée ? Pas de prob­lème ! Lisez cette adap­ta­tion “mod­ernisée” des Boloss des Belles Let­tres.

Revenons à notre préoc­cu­pa­tion pre­mière : de quoi l’ab­bé Prévost est-il mort ? Au retour d’une vis­ite aux béné­dictins, Prévost subit une crise d’apoplexie et est déclaré mort. Le chirurgien procède alors à l’au­top­sie. Hor­reur, l’ab­bé ouvre les yeux et pousse un cri. Son bour­reau tente de répar­er le méfait en recou­sant la plaie, mais il est trop tard. Cette fois Prévost est défini­tive­ment mort !

Jean Sgard, qui a tra­vail­lé sur l’œu­vre de Prévost et a rédigé sa biogra­phie, dément cette thèse. Dom­mage, l’anec­dote est par­ti­c­ulière­ment amusante.

L'abbé Prévost
L’abbé Prévost

4) La clé : Nicolas Gilbert – 1780.

Nico­las Gilbert était un poète lor­rain. Il présen­ta à un con­cours son poème le Poète mal­heureux, où s’ac­cu­mu­lent de divers­es lamentations :

(…)

Père aveu­gle et bar­bare, impi­toy­able mère !
Pau­vres, vous fal­lait-il met­tre au monde un enfant
Qui n’héritât de vous qu’une affreuse indi­gence ?
Encor, si vous m’eussiez lais­sé votre igno­rance,
J’aurais vécu pais­i­ble en cul­ti­vant mon champ…
Mais vous avez nour­ri les feux de mon génie,
Mais vous-mêmes, du sein d’une obscure patrie,
Vous m’avez trans­porté dans un monde éclairé. 

(…)

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Mal­heureuse­ment pour lui, ses vers ne seront même pas récom­pen­sés – La Harpe aura le pre­mier prix  ce qui nour­ri­ra l’ac­ri­monie déjà très présente chez Gilbert.

Quelques années plus tard, il chute de cheval et se blesse à la tête. Con­duit à l’Hô­tel-Dieu de Paris, il y est opéré du tré­pan, ce qui lui cause des accès de folie. C’est ain­si que lors de sa con­va­les­cence, il aurait avalé la clé de sa cas­sette, ce qui a provo­qué sa mort.

Cette his­toire est à pren­dre avec des pincettes – elle émane de La Harpe –, mais n’en reste pas moins originale.

morts insolites des écrivains
Nico­las Gilbert

5) ♫♫ Aux Champs-Élysées ♫♫ : Ödön von Horváth –1938.

Ödön von Horváth était un dra­maturge alle­mand, fer­vent opposant au régime nazi. (Ses livres fer­ont l’ob­jet d’un autodafé en 1933.)

Pour fuir la répres­sion des fas­cistes, il erre à tra­vers l’Eu­rope et finit par se réfugi­er à Paris. Le 1er juin 1938, il se rend au ren­dez-vous avec un pro­duc­teur pour l’adap­ta­tion ciné­matographique de son ouvrage Jeunesse sans Dieu.

C’est alors que devant le théâtre Marigny, une tem­pête déracine un mar­ronnier, et von Horváth se fait tuer par l’une des branch­es. Une belle et triste mort aux Champs-Élysées.

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