Dernière modification le 5 novembre 2022 par La Compagnie Littéraire

Éditions La Compagnie Littéraire : Jean Lavie, bonjour. Vous venez de publier à La Compagnie Littéraire un second roman — Les Orphéons — relevant à la fois de l’univers fantastique et du domaine de la science-fiction. Pouvez-vous revenir sur la genèse de cet ouvrage ?

Jean Lavie : Bonjour. Après avoir terminé le chant des Aquadèmes il m’a semblé intéressant de creuser deux thèmes.

Tout d’abord, j’ai voulu approfondir la question de la tolérance et de son opposé, l’intolérance. Comment l’humanité pourrait-elle réagir à la découverte d’une autre espèce consciente et pensante, en l’occurrence les Aquadèmes ?

Ensuite j’ai souhaité poursuivre l’interrogation autour de ce mystère non élucidé, d’où proviennent ces êtres des Ponts ?

Éditions La Compagnie Littéraire : Passons maintenant à ce nouveau roman : Jean Lavie, Les Orphéons, qu’est-ce que c’est ?

Jean Lavie : Les Orphéons sont des hybrides, à la fois Humain et Aquadème, ceux qui furent d’abord appelés les Unis dans le premier opus, capables de vivre très longtemps pour peu qu’ils récupèrent des corps utilisables. Ils vont devoir affronter l’hostilité de tous ceux qui par jalousie, haine de la différence ou convictions religieuses leur dénient le droit à l’existence. Ils ont été appelés « Orphéons » car ils ont entendu le chant d’Orphée.

Parmi eux, nous retrouverons certains personnages forts du « chant des Aquadèmes » à l’instar du savant florentin, Balthazar ou de la fille de Thomas, Ondine.

Éditions La Compagnie Littéraire : Nous sommes en 2049, projetés dans un univers qui est loin d’être parfait mais qui privilégie certaines évolutions. Pouvez-vous nous en dire quelques mots et nous expliquer comment s’est échafaudée votre construction.

Jean Lavie : Le roman se projette dans deux ou trois décennies. Le monde a changé. Le Grand Bouleversement engendré par la survenue puis la disparition des milliers de ponts venus de nulle part a transformé en profondeur les sociétés. Aux côtés des humains vivent des milliers d’hybrides et l’existence des Aquadèmes est maintenant connue de tous.

Ce bouleversement s’est fait en parallèle d’évolutions plus lentes et plus anciennes inscrites dans le fil de l’histoire humaine. Le mouvement LGBT++ a gagné en reconnaissance un peu partout sur la planète, le véganisme et la cause animale ont fait des pas de géant.

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Mais l’intolérance demeure et englobe parfois dans une haine commune toutes les différences.

Le roman est construit autour de ce combat entre ceux qui rejettent ces bouleversements qui s’éloignent de leur idéal humain, et les autres, plus ouverts, plus tolérants même si leurs motivations peuvent parfois s’avérer ambiguës.

En parallèle le roman poursuit la recherche des origines réelles des Aquadèmes.

Éditions La Compagnie Littéraire : Tout au long de l’ouvrage et dès les premières pages, vous vous adjoignez un « témoin » qui annonce au lecteur quelque chose ou rapporte une histoire. Cette mystérieuse Elsa qui témoigne ainsi, c’est une Aquadème. Elle signe d’ailleurs à chaque fois son propos par « Les carnets d’Elsa » (Mémoires d’une Aquadème). Jean Lavie, qui est Elsa ? Quel rôle avez-vous voulu lui faire jouer dans votre roman ?

Jean Lavie : Elsa est une Aquadème née dans un des très nombreux de Strasbourg redevenu Argentorate.

Il m’a semblé intéressant de donner la parole à une Aquadème. Elsa s’interroge sur sa naissance, sur l’humanité qu’elle a pu observer durant plusieurs siècles, sur l’amour également. Elle joue ici effectivement un rôle de témoin, de conteuse d’histoires et de porteuse de mémoire.

Éditions La Compagnie Littéraire : Le livre se divise en deux parties : « La Guerre des Ponts » et « Les reliques ». Comment s’articulent les deux parties ?

Jean Lavie : « La guerre des ponts » correspond aux évènements violents, aux attaques terroristes menées contre les Orphéons et les Aquadèmes par une coalition hétéroclite qui n’hésite pas à faire exploser des centaines de ponts à travers la planète.

Le conflit ne cesse pas dans la deuxième partie, « Les reliques », mais prend une tournure différente. Le parchemin de Thomas, le tapis de Mustapha et la peinture de Mikawa deviennent un enjeu majeur en raison du rôle supposé qu’ils ont pu jouer dans la venue des ponts célestes. À compter de ce moment, parallèlement à la guerre se pose la question de l’origine de ces ponts venus du ciel : vaisseaux ? illusions collectives ?

Éditions La Compagnie Littéraire : C’est l’État théocratique du Poland qui orchestre une croisade impitoyable contre les Orphéons et leurs proches. Que représente l’état du Poland avec son dirigeant, Monseigneur Dombrowski ? Quelles sont ses motivations ? 

Jean Lavie : Le Poland est un état qui a fait scission d’avec la Pologne. Son dirigeant, Monseigneur Dombrowski, a profité de la confusion du Grand Bouleversement pour créer un nouvel état, néo-catholique, totalitaire et profondément intolérant qui refuse en bloc les Aquadèmes, les Orphéons, mais également les LGBT++ et qui persécute également les femmes qui osent enfreindre la législation antiavortement.

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Sous couvert de motivations religieuses le dirigeant du Poland étanche une soif de pouvoir sans être freiné par le moindre scrupule.

Éditions La Compagnie Littéraire : L’un des personnages omniprésents, c’est d’Ambrosio, personnage complexe que nous suivons dans son évolution, on a envie de dire personnelle, politique, morale et psychologique. Les changements qui s’effectuent en lui à partir du moment où il « rencontre » Peter Lindon sont porteurs de suspense et d’interrogations. Pouvez-vous nous parler de cette « rencontre » : comment est-elle orchestrée, qui est Peter Lindon, quel est son plan ?

Jean Lavie : D’Ambrosio est effectivement un personnage complexe.

Au départ éminence grise de Dombrowski, D’Ambrosio après sa rencontre orchestrée par Peter Lindon va jouer dans le roman un rôle inattendu.

Peter Lindon est un fervent défenseur de la cause animale devenu un orphéon. Il va emprisonner D’Ambrosio et tenter de l’influencer…

Éditions La Compagnie Littéraire : Jean Lavie, vous faites plusieurs fois référence, de façon très poétique, à ce que vous appelez « Le Grand Bouleversement » qui a eu lieu en 2029. (Rappelons que le roman débute en 2049). Pouvez-vous nous expliquer ce que représente ce « Grand Bouleversement », qu’avez-vous voulu évoquer ? Et pourquoi tous ces ponts si mystérieusement apparus ont ensuite presque tous disparu ?

Jean Lavie : Pour expliquer « Le grand Bouleversement », il faut revenir à la fin « du chant des aquadèmes ». Des milliers de ponts mystérieux sont descendus dans plusieurs endroits de la terre tandis que résonnait partout le chant d’Orphée appelant les humains qui l’entendaient à s’unir aux aquadèmes issus de ces ponts.

Cette apparition mystérieuse qui a donné naissance à des centaines de milliers d’hybrides fut suivie d’une disparition tout aussi inexpliquée de ces ponts. C’est cet évènement qui dans la mémoire collective est devenu « Le Grand Bouleversement » ou pour certains « Le grand chaos ».

La question de la venue et de la disparition de ces ponts taraude Balthazar, le savant florentin qui va s’efforcer d’en percer le mystère.

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Éditions La Compagnie Littéraire : Nous ne voulons pas dévoiler ici le dénouement du livre, dénouement à plusieurs facettes, mais je voudrais terminer par une double question : Premièrement, quels messages fondamentaux avez-vous voulu faire passer dans votre écriture et quel avenir prédisez-vous aux Orphéons ? Ensuite, pensez-vous que nous, en tant qu’êtres humains du XXIe siècle, nous ayons quelque chose de commun avec eux, voire plus qu’il n’y paraît au premier abord ?

Jean Lavie : Sans le moindre doute, le message premier est la tolérance. Les menaces qui pèsent sur tous ceux qui sont différents sont hélas toujours d’actualité malgré d’indéniables progrès. L’obscurantisme qu’il soit d’origine religieuse ou autre demeure aujourd’hui bien présent.

Avons-nous quelque chose à voir avec les Orphéons ? Je pense que oui. Imaginez un homme venu du Moyen Âge débarquant aujourd’hui dans la Silicon Valley par exemple. Il découvrirait que les humains d’aujourd’hui vivent très longtemps, qu’on modifie leur corps pour le faire durer et que des chercheurs imaginent déjà que certains d’entre-eux pourront vivre éternellement. Cela ressemble à nos orphéons…

Éditions La Compagnie Littéraire : Jean Lavie, merci d’avoir répondu à nos questions. Ah si ! Au fait, les ponts apparus si féeriquement lors du Grand Bouleversement de 2029 auraient-ils pu être d’origine extra-terrestre ? Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

Jean Lavie : C’est moi qui vous remercie.

L’origine extra-terrestre des ponts célestes est une vraie question que se pose notamment Balthazar et à laquelle il va tenter de répondre.

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