Dernière mod­i­fi­ca­tion le 5 novem­bre 2022 par La Com­pag­nie Littéraire

La Com­pag­nie Lit­téraire : Depuis com­bi­en de temps écrivez-vous ?

Patrick Haizet : Depuis que j’ai pris ma retraite, il y a 11 ans.

CL : Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ?

Trois jours et demi après avoir con­nu l’ivresse de l’indépendance de la retraite, et après une vie (ban­caire) par­ti­c­ulière­ment bien rem­plie, j’ai été frap­pé par un AVC dont les séquelles m’ont pass­able­ment endom­magé, et même paralysé. En con­séquence, par habi­tude et par goût – ain­si que par fierté sans doute –, j’ai voulu m’occuper et faire marcher mon esprit intel­ligem­ment, d’autant que l’on m’avait tou­jours dit que j’étais doué d’une plume alerte.

CL : Quelles sont vos sources d’inspiration ?

J’ai la chance d’avoir bonne mémoire et d’être pas­sion­né d’histoire. J’ai, de plus, une autre pas­sion (qui se perd de plus en plus, en rai­son d’une édu­ca­tion nationale au rebours, et d’une immi­gra­tion incon­trôlée, sec­taire­ment à des­sein) : celle de bien par­ler et écrire notre langue française dont les qual­ités ne sont plus à démon­tr­er. (S’il m’arrive d’écrire couram­ment en anglais, moins bien en espag­nol, le français a de loin ma préférence).

CL :Vous arrive-t-il de man­quer d’inspiration (si oui que faites-vous pour la retrouver ?) 

Oui, bien sûr ! Alors, je lis encore plus qu’à l’habitude.

CL : Quels sont vos pro­jets d’écriture (court, moyen, long terme) ?

Je suis devenu vieux (87 ans révo­lus). Alors, mes pro­jets ne sont plus qu’occasionnels et à court terme.

CL : Quelle place a l’écriture dans votre vie, qu’est-ce qu’elle vous apporte ?

J’ai beau­coup écrit dans ma vie, par oblig­a­tion pro­fes­sion­nelle et par goût. L’écriture per­met de pré­cis­er sa pen­sée, de l’affiner, de la met­tre en ordre de com­préhen­sion, de l’affirmer ; aus­si de rejeter le super­flu, l’exagération ! » ampoulé, et les rem­plac­er par la con­ci­sion (du français en par­ti­c­uli­er), même de ren­dre notre pen­sée élé­gante – sans être pré­cieuse –. Notre langue, par là, est un instru­ment, un enseigne­ment même ‚de notre civil­i­sa­tion – n’en déplaise à tous les scri­bouil­lards de nos médias (lesquels sont sou­vent rémunérés à la ligne pondue).

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CL : Quels sont vos mots préférés ?

Je ne sais pas. Il s’agit de savoir les choisir à bon escient, ce qui est pas­sion­nant ! Le choix des mots est en fait fonc­tion des cir­con­stances, des lieux, des sen­ti­ments, des faits que l’on veut exprimer. Il ne s’agit pas d’êtres comme de femmes ou d’enfants, ni d’objets. Excusez-moi de dire que cette ques­tion, aus­si pri­maire qu’elle paraisse, n’a pas de rai­son d’être.

CL : Quelle est votre cita­tion préférée ?

Je n’en ai pas à vrai dire. Cepen­dant je dois admet­tre qu’il y en a une qui me revient sou­vent à l’esprit : elle est d’Emmanuel Kant (dont je suis plutôt un con­tre-dis­ci­ple philosophique, pour­tant), mais je la trou­ve excel­lente : « il ne faut jamais pren­dre la paille des mots pour le grain des choses ». Nos dirigeants social­istes devraient en pren­dre de la graine ! Mais là encore, cette ques­tion n’a pas beau­coup d’intérêt, hormis peut-être dans un jeu télévisé, au ras du sol ! Hélas, les efforts actuels de notre Édu­ca­tion nationale ten­dent à ce genre de niv­elle­ment par le bas de la masse des Français.

CL : Quel est votre livre préféré (édité par vos soins) ?

« L’Horloge du Maréchal ».

CL : Quels sont vos auteurs préférés ?

Des quan­tités, selon les sujets. Pour vous don­ner une réponse, en rai­son de l’inculture général­isée de nos jeunes, il en est un générale­ment oublié mal­gré la force tran­quille de ses idées et la beauté de son style : c’est Charles Mau­r­ras. (Il a eu la malchance de prôn­er la Révo­lu­tion nationale de Pétain, et d’être con­damné pour cela « pour intel­li­gence avec l’ennemi » par une cour de jus­tice. « adhoc », puis réha­bil­ité par la suite. Il était mem­bre de l’A­cadémie Française.

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CL : Qu’est-ce qui est le plus dif­fi­cile dans le proces­sus de créa­tion de l’ouvrage ?

La mise en ordre cohérente des idées, après celle des faits. Il faut lire la « Somme » de Saint-Thomas d’Aquin : « appren­dre pour comprendre ».

CL : Quelle impor­tance a le titre d’un ouvrage/qu’est-ce qui fait un bon ou un mau­vais titre ?

Le titre importe beau­coup selon moi, car c’est lui qui attire la pre­mière atten­tion, tout en ayant sug­géré le but sou­vent caché de l’auteur.

CL : Qu’est ce que pour vous un bon livre ?

Il y a sûre­ment beau­coup de raisons,mais la prin­ci­pale est essen­tielle­ment per­son­nelle : c’est le plaisir, la pas­sion que l’on a à le lire. Le style y est sûre­ment pour beau­coup, avec naturelle­ment le sujet traité. Quoi qu’il en soit, il est cer­taine­ment impor­tant que le livre « com­mence bien », de sorte que le lecteur « entre » rapi­de­ment dans le sujet, comme dis­ent cer­tains auteurs.

CL : Que pensez-vous du lien éditeur/auteur ?

Il est très impor­tant, selon moi, en rai­son de son con­tenu de con­fi­ance mutuelle.

CL : Quels sont vos regrets dans votre car­rière d’écrivain ?

Si j’en ai un, c’est de ne pas avoir écrit plus ou plus tôt. Cepen­dant, un vieux dic­ton de nos cam­pagnes me vient à l’esprit : « il vaut mieux avoir des remords que des regrets ». Mais il faut not­er que je n’ai pas fait « car­rière » dans l’écriture.

CL : En résumé que pou­vez-vous dire de votre expéri­ence d’auteur ?

À mon hum­ble avis, on doit écrire en espérant être lu, ou même en vue d’être lu, ce qui con­duit à la rigueur, vis-à-vis de soi-même, et à la modestie.

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CL : Quels con­seils prodigueriez-vous aux jeunes auteurs ? 

De l’imagination, de la générosité et de la rigueur.

CL : Un dernier mot pour vos lecteurs ?

Les trois sub­stan­tifs ci-dessus ! Car la lec­ture devient une véri­ta­ble con­ver­sa­tion avec l’au­teur ; celui-ci reçoit ain­si sa prin­ci­pale récom­pense, sans même le savoir !

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Lucie
Lucie
6 années il y a

Voilà un homme que j’aimerai bien rencontrer !

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