Dernière mod­i­fi­ca­tion le 28 novem­bre 2022 par La Com­pag­nie Littéraire

Le terme ora­cle div­ina­toire vous dit sûre­ment quelque chose ! Avant d’être le jeu de cartes que vous con­nais­sez aujour­d’hui, l’o­r­a­cle de Delphes et la Pythie occu­paient déjà une posi­tion cen­trale en Grèce antique. Cette femme vivait dans les sous-sols du sanc­tu­aire d’Apol­lon et avait pour rôle de prévoir les mal­heurs et de con­seiller les hommes sur d’im­por­tantes pris­es de déci­sions, comme un départ en guerre. 

Plus tard, l’im­age de la voy­ance évolue au moyen âge, à la fois inter­dite, taxée de pagan­isme, mais présente chez cer­tains représen­tants de l’église comme la très con­nue Hilde­garde de Bin­gen. Voy­ante, nat­u­ral­iste et guéris­seuse, cette femme au des­tin excep­tion­nel fut béat­i­fiée en l’an 1244 et lais­sa der­rière elle un ouvrage nom­mé le Scivias, recueil­lant ses vingt-six visions mys­tiques.

Mais c’est à par­tir de la Renais­sance que les ora­cles retrou­vent leur place d’o­rig­ine jusqu’auprès des hommes de pou­voir, et voient appa­raître les précurseurs de la div­ina­tion mod­erne : Marie-Anne Lenor­mand en tête. Elle a inspiré Le petit Lenor­mand, l’un des jeux div­ina­toires les plus util­isés même encore aujour­d’hui. Au XXIe siè­cle, la voy­ance s’est beau­coup pop­u­lar­isée auprès du pub­lic, pro­duit des pro­grès en com­mu­ni­ca­tion grâce au télé­phone et à la presse d’abord puis par les réseaux sociaux.

Définition : qu’est-ce qu’un oracle divinatoire ?

Avant de faire référence aux cartes, le terme ora­cle désigne les per­son­nes por­tant une parole absolue dans le cadre de la div­ina­tion. Lignes de mains, pen­d­ule, boule de cristal, runes voire même tasse de café ou feuilles de thé, les ora­cles usent de nom­breux moyens pour obtenir les répons­es recher­chées, et dont bien sûr, notam­ment, les cartes ! Tous ces inter­mé­di­aires physiques sont eux aus­si nom­més des ora­cles. L’o­r­a­cle est donc à la fois un humain, une car­toman­ci­enne par exem­ple, et aus­si l’in­stru­ment de div­ina­tion de cette même personne !

Si la car­toman­cie est une méth­ode bien con­nue dans les arts div­ina­toires, nous pou­vons la divis­er en deux grandes familles : les ora­cles div­ina­toires et les tarots div­ina­toires. Con­traire­ment à une idée répan­due, ces deux sup­ports sont bien respec­tive­ment des ora­cles, parce que tous deux per­me­t­tent de pra­ti­quer l’art div­ina­toire. Quelques dif­férences sen­si­bles exis­tent tout de même, qui ont leur impor­tance selon les attentes du con­sul­tant ou les préférences de l’o­r­a­cle. Pour bien choisir un ora­cle, il est impor­tant dans un pre­mier temps de con­naître la dif­férence entre tarot div­ina­toire et oracle.

Le tarot divinatoire, c’est quoi ?

Le jeu de tarot est un ora­cle div­ina­toire util­isé dans la car­toman­cie, ayant pour par­tic­u­lar­ité de pos­séder le même nom­bre de cartes, aus­si appelées lames depuis le XIXe siè­cle, qu’im­porte le mod­èle : 22 arcanes majeurs, 56 arcanes mineurs. Avec, vous le ver­rez, des sub­til­ités entre les grandes caté­gories de tarots. C’est le prin­ci­pal atout des cartes du tarot pour les nou­veaux pra­ti­quants des arts div­ina­toires, il est pos­si­ble de chang­er de jeu sans réap­pren­dre la sig­ni­fi­ca­tion de cha­cune d’en­tre elles. Mais der­rière cette pré­ten­due facil­ité, le tarot est très loin d’être si acces­si­ble qu’il n’y paraît.

Dans son usage déjà, ce jeu div­ina­toire demeure moins intu­itif et plus métaphorique que son frère l’o­r­a­cle div­ina­toire. Prin­ci­pale­ment du fait des 56 lames mineures, qui requièrent de l’ex­péri­ence pour être inter­prétées. Le tirage du tarot n’est pas tou­jours acces­si­ble aux néo­phytes. Mais aus­si, par ses orig­ines loin­taines qui font du tarot un ora­cle div­ina­toire intime­ment lié à sa sym­bol­ique. Le sujet est vaste et soumis à des lacunes his­toriques, mais il est indis­pens­able pour l’aspi­rant taro­logue de con­naître et de com­pren­dre l’essen­tiel en his­toire des tarots. Aujour­d’hui, le tarot div­ina­toire est pro­duit sous dif­férentes appellations.

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Le tarot de Marseille

Ou plus pré­cisé­ment, les tarots de Mar­seille. Pour répon­dre à cette appel­la­tion, les jeux de tarot dit “de Mar­seille” doivent com­porter une cinquième suite de lames numéro-nor­més, les fameux 22 atouts majeurs illus­trés selon leurs attrib­uts. Cette appel­la­tion a été pop­u­lar­isée dans un pre­mier temps par Jean-Bap­tiste Camoin durant la sec­onde moitié du XIXe siè­cle, puis par la société Gri­maud au début du XXe siè­cle via son carti­er Paul Marteau, qui restent aujour­d’hui encore acteurs majeurs du marché.

Pour autant, s’ils sont par­venus à stan­dard­is­er à Mar­seille le tarot div­ina­toire que nous con­nais­sons aujour­d’hui, d’où cette appel­la­tion, les deux hommes n’é­taient pas à l’o­rig­ine des pre­miers exem­plaires mod­èles de cartes du tarot. Leur tra­vail était déjà inspiré de cer­tains de leurs aïeux, notam­ment le maître carti­er Nico­las Con­ver, créa­teur du tarot de Con­ver en 1760, et plus loin encore le tarot de Jean Noblet en 1650, actuelle­ment la plus vieille ver­sion des tarots dits de Mar­seille. Pour ce qui est des illus­tra­tions, il faut encore remon­ter plus loin, aux alen­tours de l’an 1550 et se pencher sur une xylo­gra­phie por­tant le nom de “Feuille Cary” : elle est aux prémices des illus­tra­tions mod­ernes des tarots de Mar­seille. Compte tenu de l’évo­lu­tion durant près d’un demi-mil­lé­naire de dites illus­tra­tions, pas­sants entre les mains de dif­férents imprimeurs, dif­férents cartiers, dif­férentes épo­ques, il est néces­saire que vous acquériez dans un pre­mier temps des con­nais­sances en his­toire du tarot de Mar­seille, avant de pou­voir en porter une étude sur sa symbolique.

Le tarot Rider Waite Smith

De prime abord, rien ne sem­ble dif­férenci­er un tarot clas­sique du tarot Rid­er Waite Smith, qui pos­sède lui aus­si 78 cartes répar­ties en lames majeures et mineures. Pub­lié en 1910 par l’édi­teur William Rid­er & Son à Lon­dres, ce tarot d’un nou­veau type va pour­tant révo­lu­tion­ner la tarolo­gie jusqu’à devenir en un siè­cle le plus pop­u­laire et util­isé des tarots à tra­vers le monde, prin­ci­pale­ment chez les anglophones.

Pre­mier change­ment majeur avec la ver­sion d’o­rig­ine, le Rid­er Waite Smith inter­change les arcanes Force et Jus­tice, con­tre­dis­ant d’emblée la logique numérologique précédem­ment établie. La numéro­ta­tion des cartes adopte d’ailleurs le mod­èle romain clas­sique, celui pro­pre au mod­èle d’o­rig­ine qui ne con­naît pas de sous­trac­tions. Les qua­tre enseignes, con­nues orig­inelle­ment sous les noms de coupes, épées, bâtons et deniers, évolu­ent et devi­en­nent respec­tive­ment cal­ices, épées, baguettes et pen­ta­cles. Les dénom­i­na­tions de cer­taines arcanes majeurs sont elles aus­si mod­i­fiées : La mai­son dieu devient la Tour, le Pape devient le hiéro­phante, la Papesse devient la grande Prêtresse, le Mat devient le Fou, le Bateleur devient le Magi­cien, XIII devient la mort, et l’amoureux devient les amants.

Quelle est la différence entre le tarot Rider Waite Smith et le tarot de Marseille ?

Si vous avez remar­qué, la fon­da­men­tale dif­férence du tarot Rid­er Waite Smith dans sa com­po­si­tion est l’ab­sence de références directes à la reli­gion, berceau généra­tionnel des pre­miers ora­cles dits “de Mar­seille”. Et pour cause, ses deux auteurs Amela Col­man Smith côté illus­tra­tions et Arthur Edward Waite côté con­cep­tion, étaient tous deux des occultistes de haut rang dans dif­férents ordres secrets. D’a­van­tage axés sur la mise en rela­tion de pra­tiques ésotériques comme l’alchimie ou la kab­bale, ils ont pen­sé le tarot Rid­er Waite Smith comme uni­verselle­ment occulte et éman­cipé de son éti­quette religieuse. Afin de le ren­dre plus acces­si­ble aus­si, toutes les cartes du Rid­er Waite Smith béné­fi­cient d’il­lus­tra­tions, con­traire­ment au mod­èle orig­i­nal qui n’en béné­fi­cie que pour ses arcanes majeurs. Rai­son pour laque­lle nous retrou­vons aujour­d’hui de nom­breux tarots basés sur le mod­èle RWS en mag­a­sin. La lec­ture du jeu et son inter­pré­ta­tion s’en voient totale­ment boulever­sées, faisant du mod­èle Rid­er Waite Smith un ora­cle à part dans son utilisation.

Faisant eux aus­si par­tie du monde de la car­toman­cie, les jeux d’o­r­a­cles ont pour par­tic­u­lar­ité de ne pas cor­re­spon­dre au for­mat type de 78 cartes établi par les tarots. S’il est impos­si­ble pour nos his­to­riens de définir avec exac­ti­tude l’o­rig­ine des pre­miers jeux d’o­r­a­cles, leurs pre­mières traces datent du XVe siè­cle en Espagne. C’est durant le XVI­I­Ie siè­cle, et par les œuvres de grands noms comme Jean-Bap­tiste Alli­ette, alias Etteil­la, ou de Marie-Anne Lenor­mand que le jeu d’o­r­a­cle va réelle­ment se pop­u­laris­er. Made­moi­selle Lenor­mand était déjà de son vivant la plus illus­tre ora­cle du pays, œuvrant au plus proche du pou­voir. Elle util­i­sait des jeux de 36 cartes, à mi-chemin entre le jeu stan­dard qu’elle aug­men­tait d’an­no­ta­tions, ce qui con­tribuera grande­ment à dévelop­per le jeu d’o­r­a­cle mod­erne que vous trou­vez aujour­d’hui en mag­a­sin sous dif­férentes formes.

Les oracles contemporains

Il existe de nos jours des mil­liers d’o­r­a­cles div­ina­toires sur le marché. Comme rien ne les for­malise que ce soit en nom­bre de cartes ou d’il­lus­tra­tions, il est pos­si­ble de trou­ver autant d’o­r­a­cles que de thé­ma­tiques asso­ciées. Si vous êtes à la recherche des meilleurs ora­cles div­ina­toires, cela dépen­dra de vos attentes avec ce jeu. Si vous décou­vrez ces univers et nagez par­mi tous les pro­duits disponibles, pas de prob­lèmes ! Vous pou­vez bien sûr com­mencer par vous ori­en­ter vers un ora­cle Lenor­mand, ora­cle main­tenant nor­mal­isé pour pos­séder cette appel­la­tion en mod­èle de 36 cartes con­for­mé­ment à son util­isa­teur d’o­rig­ine, qu’il est pos­si­ble de trou­ver illus­tré dans plein de décli­naisons. Par­mi les listes d’o­r­a­cles à suc­cès, un ora­cle de Belline est une valeur sûre, de son auteur Jules Charles Ernest Bil­lau­dot ou mage Edmond, il compte par­mi les ora­cles les plus util­isés par les car­toman­ciens. Tou­jours dans les clas­siques, le choix d’un ora­cle Gé peut être une alter­na­tive à un ora­cle Belline. Pensez aus­si à un ora­cle des miroirs, à un ora­cle San­ta Muerte ou à un ora­cle de la tri­ade pour élargir vos hori­zons. Si vous êtes à la recherche d’une expéri­ence davan­tage exo­tique, les ces jeux div­ina­toires recè­lent de vrais tré­sors tant dans la quan­tité que dans la var­iété de leurs choix. Peut-être regarderez-vous du côté du stock de con­tem­po­rains comme Colette Baron Reid, Isabelle Cerf, Julie Bod­in, Rachel Paul, Noémie Tric­oche, Fairouz Saouli Thie­len, Toni Carmine Saler­no ou encore Kyle Gray.

oracle divinatoire tirage

Oracle divinatoire, mode d’emploi

Comment choisir mon oracle ?

C’est la grande ques­tion que se pose le nou­veau pra­ti­quant. Main­tenant que vous con­nais­sez la dif­férence entre ora­cle et tarot, reste à savoir quel jeu div­ina­toire vous sera le plus appro­prié. Pour com­mencer à trou­ver une piste de réponse, sachez que l’un comme l’autre peu­vent presque occu­per les mêmes fonctions.

Le tarot demeure plus pré­cis dans son inter­pré­ta­tion, notam­ment grâce à ses lames mineures. C’est l’outil de div­ina­tion par excel­lence. Mais c’est aus­si pour cette même rai­son, que son usage est moins poly­va­lent et intu­itif que l’o­r­a­cle. Selon le mod­èle choisi, l’o­r­a­cle peut être util­isé pour la guid­ance, la pré­dic­tion, voire le bien être ou le développe­ment per­son­nel, et don­ner une piste d’in­ter­pré­ta­tion beau­coup plus directe. Les tarots plus dif­fi­ciles à pren­dre en main ne sont pas une légende. Surtout si vous vous ori­en­tez vers un tarot dit “de Mar­seille”, n’ou­bliez pas que les 56 lames mineures ne pos­sè­dent aucune illus­tra­tion en dehors de leurs enseignes. Par con­séquent, il est qua­si­ment oblig­a­toire au préal­able, de pass­er par la case appren­tis­sage du tarot avec études de livres de référence à la clé, pour l’oracle la sim­ple notice ou le livre d’ac­com­pa­g­ne­ment sont suffisants.

Après avoir fait votre choix entre jeux d’o­r­a­cle et tarots, ren­dez-vous en mag­a­sin ou bien sur la toile pour trou­ver la per­le rare, la livrai­son sera par­fois néces­saire. Vous trou­verez un monde et des cartes mag­nifiques, quel que soit votre choix, ne vous en faites pas. Tout est alors ques­tion d’intuition, ne vous fiez pas spé­ciale­ment aux vendeurs, et par pitié pas aux prix non plus, ces objets sont pré­cieux. Pour le choix d’un jeu div­ina­toire d’o­r­a­cle, con­sul­tez bien sa descrip­tion afin de ne pas faire d’er­reur à son achat, plutôt pré­dic­tif ou bien-être par exem­ple, tout dépend de vos attentes : à ce sujet mieux vaut savoir com­ment choisir un ora­cle. Détail trop sou­vent nég­ligé, prenez aus­si en compte la qual­ité du papi­er : une carte doit être suff­isam­ment rigide, de taille raisonnable pour être manip­ulée et surtout avoir une glisse agréable.

Comment utiliser mon oracle ?

Il existe bien évidem­ment dif­férentes pra­tiques dans la car­toman­cie et le tirage des cartes. Si pour la tarolo­gie, les ouvrages ne man­quent pas et décrivent avec pré­ci­sion leur util­i­sa­tion, l’o­r­a­cle est quant à lui beau­coup plus libre d’in­ter­pré­ta­tion, selon les instruc­tions de son auteur. Un lan­gage uni­versel et quelques principes de base restent cepen­dant indis­pens­ables à con­naître pour savoir com­ment utilis­er un oracle.

Les préparatifs avant de tirer les cartes

Pre­mière étape à ne pas nég­liger pour faire un bon tirage, la mise en sit­u­a­tion. Le tirage des cartes est un moment que vous vous accordez, à vous et à votre con­sul­tant s’il y a lieu. Met­tez-vous en con­di­tion, en choi­sis­sant un endroit prop­ice à la réflex­ion. Pour vous y aider, vous pou­vez par exem­ple tamiser la lumière et créer une ambiance inspi­rante selon vos habi­tudes. Coupez votre son­ner­ie de télé­phone, évitez de pra­ti­quer après un repas et en présence de tierces per­son­nes, cette pra­tique n’est ni un spec­ta­cle ni un moyen d’im­pres­sion­ner votre entourage.

Les différents tirages

Selon votre ques­tion, et les attentes que vous nour­ris­sez avec votre jeu, la nature de votre tirage doit être adap­tée. Là encore, des règles exis­tent, et s’il est tout à fait pos­si­ble d’u­tilis­er unique­ment votre instinct, mieux vaut quand même con­naître au min­i­mum les dif­férents types de tirages les plus clas­siques. Dans le haut du panier, nous retrou­vons le tirage en croix bien évidem­ment, à la fois sim­ple et très per­ti­nent pour répon­dre à une ques­tion pré­cise. Pour une ques­tion plus binaire, peut-être le tirage oui/non sera plus adap­té, et pour une ques­tion plus générale, optez pour le tirage trois cartes.

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