TOP 5 des romans épistolaires

romans épistolaires

TOP 5 des romans épistolaires

Aujourd’hui dans l’ivresque récréation, découvrez le TOP 5 des romans épistolaires, genre littéraire pouvant réunir lettres authentiques ou fictives, adressées selon le cas à un ou plusieurs destinataires, réels ou imaginaires (on parlera alors de roman épistolaire). Vous pourrez à votre gré compléter cette liste de prose par un titre de votre choix.

1) Les souffrances du jeune Werther. Johann Wolfgang von Goethe, 1774

Ce texte de Goethe, emblématique du mouvement précurseur du romantisme « Sturm und Drang » (tempête et élan), a bouleversé des générations de lecteurs.

Chef d’oeuvre du genre épistolaire, Il est à la fois imaginaire, et inspiré de l’expérience de Goethe lui-même, qui exorcisera son désespoir en rédigeant Les souffrances du jeune Werther.

Homme sensible et passionné, le jeune Werther tombe éperdument amoureux de Charlotte, déjà promise à un autre. Il est alors en proie à un terrible dilemme.

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Goethe, Johann Wolfgang : Les souffrances du jeune Werther, Erstausgabe 1774

Amour impossible, passion vertigineuse, tourments intérieurs, souffrance extrême, ne pourront qu’éloigner le jeune Werther de sa quête d’absolu : il finira par se donner la mort.


2) Lettre d’une inconnue. Stephan Zweig, 1922

À son retour d’une excursion de trois jours dans la montagne, un jeune écrivain reçoit la lettre d’une inconnue.

Il découvre alors, qu’à son insu, une femme l’a aimé passionnément, qu’elle lui a consacré toute sa vie en cachette, qu’elle a eu un enfant de lui, que ce dernier est mort…

Il n’apprendra le drame de cette femme qu’à réception de sa missive…

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Stephan Zweig : Lettre d’une inconnue, 1922

Par la voix de cette femme, Stephan Zweig analyse avec une extrême finesse les ravages des sentiments amoureux, et la force du lien passionnel que le temps ne peut jamais effacer, et que seul l’espoir peut soutenir, au prix d’une souffrance lancinante et infinie.

Un chef d’oeuvre parmi les romans du genre épistolaire !


3) Lettre au père. Franz Kafka, 1952

Franz Kafka s’adresse directement à son père dans cette lettre écrite en 1919, qu’il ne lui remettra jamais. Il la publiera en 1952.

Il y décrit combien il fut, toute sa vie durant, effrayé, tétanisé par l’autorité paternelle dominante, ce qui l’empêchait de manifester en retour toute expression d’amour filial.

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Lettre au père, Franz Kafka

Kafka est tout à fait poignant dans la façon dont il décrit sa souffrance, devant ce père écrasant, aux colères mémorables, et aux mots sans cesse insultants.

Il nous décrit l’enfant craintif qu’il était, toujours en demande d’amour, qu’il ne recevait lui-même jamais.

« Ce sentiment de nullité qui s’empare souvent de moi a stoppé ma route, éternellement. Je ne serais jamais bon à rien ».

Honte d’être un mauvais fils, d’être aussi fragile, culpabilité mortifère face à la toute-puissance de la figure paternelle, perte de l’usage de la parole par excès de peur… Kafka, en nous dévoilant sa soumission extrême, et son obéissance à toute chose, attire incontestablement la compassion du lecteur devant tant de paroles et de comportements paternels destructeurs.

Si toute sa vie a été marquée par la dureté de ses relations à son père, Kafka achève sa lettre par un message d’espoir : que celle-ci leur « rende à tous deux la vie et la mort plus faciles ».


 4) Lettres à un jeune poète. Rainer Maria Rilke, 1929

De 1903 à 1908, un jeune poète, Franz Xaver Kappus, envoie à Rainer Maria Rilke ses premiers essais poétiques, accompagnés de lettres, dans lesquelles il exprime toute la solitude ressentie, et le doute qui s’empare de lui : doit-il poursuivre une carrière militaire ou se risquer à la poésie ?

L’écoute qu’il reçoit de ce grand maître en la matière ne pouvait être plus intense et remarquable.

En tant que confident, l’illustre Rilke répondra à cet homme, qu’il ne rencontrera jamais, sur les grands thèmes de l’existence que sont la mort, l’amour, Dieu, la solitude… avec magistralité et humilité.

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Rilke à Moscou, par Paternak, 1928

« Rentrez en vous-même. Cherchez la raison qui, au fond, vous commande d’écrire. […] Creusez en vous-même jusqu’à trouver la raison la plus profonde. […] Et si de ce retournement vers l’intérieur, de cette plongée vers votre propre monde, des vers viennent à surgir, vous ne penserez pas à demander à quiconque si ce sont de bons vers ».

Le recueil de ces dix lettres sera publié quelques années plus tard par le jeune écrivain : véritable hommage posthume au grand poète Rainer Maria Rilke.

Ce merveilleux livre connaîtra un succès jamais démenti.


5) Alexis ou le traité du vain combat. Marguerite Yourcenar, 1929

« Écrire est un choix perpétuel entre mille expressions, dont aucune ne me satisfait ».

C’est sur ce défi qu’Alexis Géra écrit à sa femme Monique.

Il lui demande pardon « d’être resté si longtemps »… Il n’ose prononcer les mots, les vrais ; il les murmure, enjoint sa femme comme le lecteur de deviner à demi-mot l’indicible, l’inavouable… jusqu’à l’ultime confession de son homosexualité.

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Marguerite Yourcenar

Par cette forme d’autobiographie, Marguerite Yourcenar dévoile dans son roman du genre épistolaire combien les penchants interdits sont vécus si douloureusement, et finissent par enfermer dans une forme de solitude pesante.

Son texte, d’une remarquable concision, évoque l’essentiel, face à ce sujet encore tabou à l’époque: si le déni fait souffrir, le courage doit être grand pour passer à l’aveu.

« le monde des réalités sensuelles est barré de prohibitions dont les plus dangereuses sont peut-être celles du langage ». Marguerite Yourcenar

Vous aimez tout particulièrement les romans du genre épistolaire? peut-être Amours de Plume, recueil de correspondance, de Geraldine Pastourel vous séduira-t-il…

Amours de plume - Géraldine Pastourel

 

 

 

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