L’extrait du vendredi – 15 juillet 2016 – Les après-midi de Louis XVI

Aujourd’hui, au programme de l’extrait du vendredi, découvrez l’ouvrage de Jean-Dominique Bourzat – Les après-midi de Louis XVI.

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L’imagerie populaire a longtemps montré Louis XVI comme un roi mou et incapable, fuyant ses responsabilités au profit d’activités manuelles jugées indignes d’un monarque. Cependant, au lieu d’être le benêt que l’on pensait, Louis XVI possédait une éducation et une culture étonnantes, bien supérieures à celles de ses prédécesseurs et de ses contemporains. Ainsi il parlait couramment l’anglais et lisait aussi bien l’italien que l’espagnol ou l’allemand.
Il était passionné de géographie et avait été l’initiateur de l’expédition de Lapérouse.
Si l’on a raillé son goût pour les serrures, il faut savoir qu’il était capable de fabriquer de ses mains des pendules et des horloges ainsi que des serrures à combinaisons ou à secret les plus parfaites.
Dans le domaine des sciences, il s’intéressait aussi bien aux mathématiques qu’à la physique, à la chimie ou à la médecine comme l’atteste sa bibliothèque riche de 11 514 volumes. Il est certain que s’il n’avait pas eu le malheur de régner, comme il le laisse entendre dans son testament, il aurait pu être un grand scientifique.

UNE JOURNÉE DE LOUIS XVI – Les après-midi de Louis XVI

Louis XVI aimait l’exactitude et la ponctualité. Son emploi du temps était réglé heure par heure, jour par jour, et ne changeait guère au fil des saisons et des années. Le programme de ses journées, établi selon l’étiquette de la Cour, respectait un horaire strict que rien ne devait modifier. Un jour que la messe dura quelques minutes de trop à cause d’un chant un peu long, son maître de musique fut réprimandé.

Louis XVI se levait vers sept heures. Ses serviteurs l’aidaient à faire sa toilette et à s’habiller. Il portait le matin un simple habit gris de ratine. Après avoir pris un frugal déjeuner, composé de pain, de confitures et d’un grand verre de citronnade, il disposait de plus de trois heures avant le lever officiel pour consulter ses dossiers ou s’entretenir en particulier avec un de ses ministres ou de ses conseillers, ou recevoir des députations du Parlement ou des États provinciaux.

À onze heures et demie avait lieu le lever du roi. Louis XVI rejoignait sa chambre d’apparat, on lui enlevait son habit du matin pour lui passer son costume de nuit ; la cérémonie pouvait alors commencer ; un garçon de la chambre se présentait à la porte et annonçait d’une voix puissante : « La garde-robe, messieurs ». Aussitôt tout un cortège de privilégiés se glissait dans la chambre du roi, c’était ce qu’on appelait les grandes entrées ; elles étaient formées par les princes du sang, les grands officiers de la garde-robe et les courtisans dont la demande avait été acceptée. Au milieu de cette foule avait lieu la toilette du roi, chaque grand seigneur avait un rôle bien défini, l’un ôtait sa robe de chambre, l’autre lui passait sa chemise, un troisième ses souliers. Le même garçon de chambre annonçait ensuite « la première entrée », entraient alors les médecins du roi, son premier chirurgien, les valets de garde-robe et le porte chaise d’affaires*. Pour terminer la toilette, on appelait « la chambre », les officiers de la chambre, les pages, leur gouverneur, les écuyers, les aumôniers et tous les courtisans qui attendaient dans le salon de l’Œil-de-Bœuf pénétraient à leur tour pour assis- ter à l’habillage du roi. On lui passait les jours de semaine un habit de drap brun qu’on appelait habit puce et une épée d’argent au côté. Le dimanche et les jours de fêtes on le parait de ses plus beaux habits de soie et de velours brodé d’or. Le Régent ornait son chapeau à plumes et le Sancy, placé à l’extrémité d’une épaulette servait à retenir le cordon-bleu.

Le roi passait alors dans le cabinet du Conseil suivi par ceux qui avaient les entrées de la chambre. Il écoutait les requêtes qu’on lui adressait et accordait ses faveurs. Vers midi, midi et demi, le roi suivi par toute sa famille et la foule de ses courtisans, se rendait à la chapelle en tra- versant la grande galerie et les grands appartements pour assister depuis la tribune royale à la messe qui était célé- brée par un de ses aumôniers et chanté par sa musique. Elle ne devait pas dépasser quinze minutes.

Rentré chez lui, le roi dînait seul dans sa salle à manger. Il se servait lui-même des plats présentés sur une table. Repas, qu’il prenait debout et qui consistait le plus souvent en de petits pâtés, côtelettes et fruits. Il ne buvait que de l’eau. (…)

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