Patrick Haizet

Les interviews de la Compagnie Littéraire

 

Patrick Haizet - Auteur
Patrick Haizet – Auteur

La Compagnie Littéraire : Depuis combien de temps écrivez-vous ?

Patrick Haizet : Depuis que j’ai pris ma retraite, il y a 11 ans.

CL : Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ?

Trois jours et demi après avoir connu l’ivresse de l’indépendance de la retraite, et après une vie (bancaire) particulièrement bien remplie, j’ai été frappé par un AVC dont les séquelles m’ont passablement endommagé, et même paralysé. En conséquence, par habitude et par goût – ainsi que par fierté sans doute –, j’ai voulu m’occuper et faire marcher mon esprit intelligemment, d’autant que l’on m’avait toujours dit que j’étais doué d’une plume  alerte.

CL : Quelles sont vos sources d’inspiration ?

J’ai la chance d’avoir bonne mémoire et d’être passionné d’histoire. J’ai, de plus, une autre passion (qui se perd de plus en plus, en raison d’une éducation nationale au rebours, et d’une immigration incontrôlée, sectairement à dessein) : celle de bien parler et écrire notre langue française dont les qualités ne sont plus à démontrer. (S’il m’arrive d’écrire couramment en anglais, moins bien en espagnol, le français a de loin ma préférence).

CL :Vous arrive-t-il de manquer d’inspiration (si oui que faites-vous pour la retrouver ?)

Oui, bien sûr ! Alors, je lis encore plus qu’à l’habitude.

CL : Quels sont vos projets d’écriture (court, moyen, long terme) ?

Je suis devenu vieux (87 ans révolus). Alors, mes projets ne sont plus qu’occasionnels et à court terme.

CL : Quelle place a l’écriture dans votre vie, qu’est-ce qu’elle vous apporte ?

J’ai beaucoup écrit dans ma vie, par obligation professionnelle et par goût. L’écriture permet de préciser sa pensée, de l’affiner, de la mettre en ordre de compréhension, de l’affirmer ; aussi de rejeter le superflu, l’exagération ! » ampoulé, et les remplacer par la concision (du français en particulier), même de rendre notre pensée élégante – sans être précieuse –. Notre langue, par là, est un instrument, un enseignement même ,de notre civilisation – n’en déplaise à tous les scribouillards de nos médias (lesquels sont souvent rémunérés à la ligne pondue).

CL : Quels sont vos mots préférés ?

Je ne sais pas. Il s’agit de savoir les choisir à bon escient, ce qui est passionnant ! Le choix des mots est en fait fonction des circonstances, des lieux, des sentiments, des faits que l’on veut exprimer. Il ne s’agit pas d’êtres comme de femmes ou d’enfants, ni d’objets. Excusez-moi de dire que cette question, aussi primaire qu’elle paraisse, n’a pas de raison d’être.

CL : Quelle est votre citation préférée ?

Je n’en ai pas à vrai dire. Cependant je dois admettre qu’il y en a une qui me revient souvent à l’esprit : elle est d’Emmanuel Kant (dont je suis plutôt un contre-disciple philosophique, pourtant), mais je la trouve excellente : « il ne faut jamais prendre la paille des mots pour le grain des choses ». Nos dirigeants socialistes devraient en prendre de la graine ! Mais là encore, cette question n’a pas beaucoup d’intérêt, hormis peut-être dans un jeu télévisé, au ras du sol ! Hélas, les efforts actuels de notre Éducation nationale tendent à ce genre de nivellement par le bas de la masse des Français.

CL : Quel est votre livre préféré (édité par vos soins) ?

« L’Horloge du Maréchal ».

CL : Quels sont vos auteurs préférés ?

Des quantités, selon les sujets. Pour vous donner une réponse, en raison de l’inculture généralisée de nos jeunes, il en est un généralement oublié malgré la force tranquille de ses idées et la beauté de son style : c’est Charles Maurras. (Il a eu la malchance de prôner la Révolution nationale de Pétain, et d’être condamné pour cela « pour intelligence avec l’ennemi » par une cour de justice. « adhoc », puis réhabilité par la suite. Il était membre de l’Académie Française.

CL : Qu’est-ce qui est le plus difficile dans le processus de création de l’ouvrage ?

La mise en ordre cohérente des idées, après celle des faits. Il faut lire la « Somme » de Saint-Thomas d’Aquin : « apprendre pour comprendre ».

CL : Quelle importance a le titre d’un ouvrage/qu’est-ce qui fait un bon ou un mauvais titre ?

Le titre importe beaucoup selon moi, car c’est lui qui attire la première attention, tout en ayant suggéré le but souvent caché de l’auteur.

CL : Qu’est ce que pour vous un bon livre ?

Il y a sûrement beaucoup de raisons,mais la principale est essentiellement personnelle : c’est le plaisir, la passion que l’on a à le lire. Le style y est sûrement pour beaucoup, avec naturellement le sujet traité. Quoi qu’il en soit, il est certainement important que le livre « commence bien », de sorte que le lecteur « entre » rapidement dans le sujet, comme disent certains auteurs.

CL : Que pensez-vous du lien éditeur/auteur ?

Il est très important, selon moi, en raison de son contenu de confiance mutuelle.

CL : Quels sont vos regrets dans votre carrière d’écrivain ?

Si j’en ai un, c’est de ne pas avoir écrit plus ou plus tôt. Cependant, un vieux dicton de nos campagnes me vient à l’esprit : « il vaut mieux avoir des remords que des regrets ». Mais il faut noter que je n’ai pas fait « carrière » dans l’écriture.

CL : En résumé que pouvez-vous dire de votre expérience d’auteur ?

À mon humble avis, on doit écrire en espérant être lu, ou même en vue d’être lu, ce qui conduit à la rigueur, vis-à-vis de soi-même, et à la modestie.

CL : Quels conseils prodigueriez-vous aux jeunes auteurs ?

De l’imagination, de la générosité et de la rigueur.

CL : Un dernier mot pour vos lecteurs ?

Les trois substantifs ci-dessus ! Car la lecture devient une véritable conversation avec l’auteur ; celui-ci reçoit ainsi sa principale récompense, sans même le savoir !

 

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