Les Auteurs ont la parole - L'interview du mois
Interview de Muriel ROJAS ZAMUDIO
C.L : Qui êtes-vous ………?
M.R.Z : Je m’appelle Muriel Rojas Zamudio, j’ai 31 ans et grâce à la Compagnie Littéraire je peux dire qu’aujourd’hui je suis « auteure » en parallèle à mon activité de relation d’aide par l’astrologie. Je suis mariée, j’ai 2 enfants, et nous vivons dans le Berry.
C.L : Titre de votre ouvrage, pourquoi ?
M.R.Z : Ce recueil de contes et poèmes s’intitule Personnaginaires , un mot-valise que m’a inspiré le jeu de miroir et de sens entre les mots persona/images/imaginaire ; ces textes racontent l’histoire de personnages à la recherche de leur vérité dans un monde onirique pas si différent du nôtre. Ils pourraient être des aspects de nous-mêmes ou des masques que nous empruntons plus ou moins consciemment.
C.L : Aujourd’hui, que pensez-vous de cette expérience ?
M.R.Z : Je suis très heureuse d’être allée au bout de ce recueil, que je ressens comme un maillon, aussi petit soit-il, de l’œuvre créatrice des femmes depuis la nuit des temps. Il me semble très difficile de s’assumer « artiste », d’autant plus lorsqu’on naît femme ; avoir pu toucher le cœur d’autrui avec mes mots est un encouragement à dépasser mes complexes dans ce domaine et à libérer ce que je souhaite offrir au monde.
C.L : Pourquoi écrivez-vous ?
M.R.Z : Pour moi la question devient « pour qui ? »…Dans un premier temps, c’était très égocentrique, j’écrivais pour moi-même. Du coup je ne cherchais pas à être publiée car je ne voyais pas l’intérêt de donner ma souffrance ou mes petits bonheurs en pâture. Puis j’ai découvert le chamanisme des cultures indigènes américaines et à travers mes expériences (surtout avec le Cercle de Vie de Maud Séjournant) le « pouvoir » du rêve. Raconter et inviter autrui au voyage intérieur est devenu une évidence…
C.L : Que diriez-vous à un auteur qui voudrait publier pour la première fois ?
M.R.Z : Qu’il n’a rien à perdre hormis la peur et l’orgueil mal placé ! Même si c’est difficile psychologiquement de se confronter à des refus potentiels, il faut abandonner la quête de gloire et de reconnaissance absolue pour se lancer et vivre son rêve jusqu’où il nous sera permis de le faire. Tôt ou tard, on trouve sa place, qu’elle nous soit offerte ou qu’on la crée.
C.L : Comment êtes-vous venu à la littérature ?
M.R.Z : Je crois que toute vocation où l’on s’expose est une tentative de séduction, pour prouver qu’on est aimable, y compris à soi-même ! J’ai débuté par le théâtre et la peinture, puis j’ai réalisé que « mettre en scène » mon théâtre intérieur se révélait le vecteur le moins frustrant et le plus rassurant : je me sens plus à l’aise quand je crée des images à partir de mots, et puis je ne sais pas si j’aurais pu assumer l’amour d’un public. Celui d’un lectorat m’apparaît plus platonique, en même temps c’est cette distance physique qui m’autorise à plonger dans l’émotionnel.
C.L : Qui sont vos maîtres ?
M.R.Z : mes goûts sont très éclectiques, je suis aussi admirative de Frédéric Dard que de Pablo Neruda, B-M Koltès, Jean Genêt, Federico Garcia Lorca, Lewis Carroll ou encore Amélie Nothomb…J’aime quand on lit en filigrane d’une œuvre une personnalité forte, originale, qu’elle me fasse rire ou que sa poésie sensuelle m’emporte. Je travaille toujours en musique, pour Personnaginaires je me suis imprégnée d’Enya, Alan Stivell et des Jaivas, surtout l’album Alturas de Macchu Picchu (recueil de textes de Neruda). Enfin je ne peux faire l’impasse sur Monique Grande, auteure et art-thérapeute dont le jeu de développement personnel Féminitude est la trame de mon recueil : je tirais des cartes au hasard et les articulais, extrapolais autour pour bâtir mes nouvelles. Monique n’est pas seulement une femme charmante, c’est un vrai modèle de féminisme en quête de respect, de liberté, et non de revanche.
C.L : Avez-vous d’autres projets d’écriture ?
M.R.Z : un par minute, mais mon point faible c’est de réussir à terminer tous ceux que j’ai entamés ! J’ai la trame d’autres livres dans l’esprit de Personnaginaires (inspirés de « rêves éveillés »), et je poursuis en parallèle l’écriture d’un roman radicalement différent où je m’amuse à distordre jusqu’à l’absurde ma vie de citadine exilée en rase campagne à travers un double littéraire et un univers politiquement incorrect. C’est une récréation plus qu’un pavé dans la mare, je suis une « bobo » consciente de ses limites et compromissions !!
C.L : Si vous souhaitez nous faire part de votre parcours…
M.R.Z : après des études artistiques et littéraire (licence Arts du Spectacle, prépa Beaux-Arts, Alliance Française) je suis partie au Chili animer des ateliers théâtre et peinture dans des quartiers défavorisés de la banlieue de Santiago. J’écrivais déjà des petits spectacles. De retour en France, j’ai été responsable pédagogique dans une structure de cours particuliers, puis « coach » pour surdoués en échec scolaire. J’ai décidé de reprendre des études de psychologie pour devenir art-thérapeute et comme j’étais passionnée d’Astrologie (comme outil d’introspection non divinatoire), je me suis formée. J’ai alors été rédactrice bénévole pendant 3 ans d’une revue, La Lettre des Astrologues, et ai assuré la chronique portraits zodiacaux du site Internet du Point jusqu’en Juin dernier. A nouveau disponible, j’ai pris cette pause comme l’opportunité deconcrétiser mon désir d’écriture.
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