L’édition de livres à travers l’histoire

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L’édition de livres à travers l’histoire

Il y a quelques jours, nous parlions des supports de lecture numérique et audio, aujourd’hui, nous vous proposons de faire un bond dans le temps et de s’intéresser à l’histoire de l’édition des livres.

Pour commencer cet article, penchons-nous sur la définition de « livre ».

Le dictionnaire Larousse nous dit ceci :

  • livre n.m. Assemblage de feuilles imprimées et réunies en un volume, broché ou relié : Livre rare, ancien.

Soit, mais fut un temps où l’imprimerie n’existait pas. Cela veut-il dire qu’il n’y avait pas de livres avant Gutenberg et sa superbe invention ?

Eh bien non. Un livre est conditionné par l’existence de l’écriture. C’est pourquoi, pour parler de l’édition de livres, il faut remonter bien plus loin que le XVe siècle.

Antiquité

À quoi donc peut servir un livre ? À plein de choses me direz-vous. Mais n’oublions pas l’essence première du livre : transmettre la connaissance humaine.

C’est pourquoi, dès l’apparition de l’écriture, il a fallu trouver un moyen de conserver le savoir.

Les différents supports du livre

Si la pierre est considérée comme le plus ancien support de l’écrit, les premiers « livres » étaient fabriqués en bois.

Vers le IIIe millénaire av. J.-C. des tablettes d’argile ont été utilisées en Mésopotamie, celles-ci étaient gravées grâce à l’aide d’un calame – morceau de roseau – puis cuites pour être conservées.

Tablette d’argile néo-assyrienne. Epopée de Gilgamesh, tablette 11 : récit du Déluge. Connue sous le nom de « tablette du Déluge ». Conservée au British Museum de Londres.

Le tissu n’est pas exempt des premiers supports livresques. En effet, en Chine, la soie était le support de prédilection de l’écriture.

Pour pallier l’aspect peu pratique des tablettes, les hommes ont commencé à utiliser le papyrus.

Le parchemin a fait son apparition vers 250 av.J.-C. et tient son nom de Pergame, où on commençait à traiter les peaux de mouton, veau, chèvre et âne, afin d’en faire un support d’écriture.

Quid des droits d’auteur ?

À l’époque, pas de droits, ni pour l’auteur, ni pour l’éditeur. Il était possible de recopier un livre et en modifier le contenu sans état d’âme ! On écrivait pour la gloire !

Conservation et diffusion des livres

  • La conservation et la diffusion des livres se faisait à l’époque par le biais des grandes bibliothèques :
    • en Grèce : Alexandrie, Pergame, Athènes, Rhodes, Antioche etc.
    • à Rome : les ouvrages étaient conservés dans plus de 20 bibliothèques.

Moyen Âge

Dans l’antiquité, le rouleau de papyrus portait le nom de volumen. Il fallait le dérouler pour changer de colonne et le tenir à deux mains.

À la fin de l’antiquité, vers le IIe siècle le codex fait son apparition. Composé de feuilles pliées, encartées et assemblées, il a donné la forme aux « livres » qui est encore utilisée de nos jours. Une forme de livre plus pratique donc qu’un rouleau continu !

Peu à peu le papier remplace le parchemin, plus économique.

 

Codex

 

Conservation et diffusion des livres

Au Moyen Âge, les livres étaient conservés dans les monastères. Les religieux, férus de lecture contribuaient à la pérennité des ouvrages.

Malheureusement, certains textes jugés trop dangereux n’était pas reproduits par les copistes du scriptorium – lieu de travail des moines – où étaient les manuscrits étaient copiés, reliés, décorés et conservés.

Scriptorum

Le tournant du XIIe siècle 

La culture européenne croît et la production de livres aussi. Le développement des universités, du commerce et de la bourgeoisie crée une nouvelle demande, et surtout un demande plus forte : de plus en plus de livres sont produits.

Époque Moderne

XVe siècle, c’est une révolution dans l’édition de livres ! Gutenberg élabore de nouvelles techniques d’imprimerie et de typographie. Il est désormais possible de reproduire un livre en plusieurs exemplaires. L’objet se démocratise, plus ou moins, car malheureusement à l’époque l’analphabétisme est encore très présent.
Le format du livre n’a pas changé depuis le codex de la fin de l’antiquité, mais ce sont désormais des cahiers de papier cousus.

Quid des droits d’auteur ?

Les livres imprimés tombaient dans le domaine public, sauf cas exceptionnel, toujours pas de reconnaissance de l’auteur à l’époque. C’est seulement à la fin du XVIIIe siècle que l’auteur touchera un pourcentage de ses ventes.

Les nouveaux formats

Vers la fin du XVIe, en Angleterre, le chapbook, une sorte de brochure, permet de diffuser plus largement les contes folkloriques, les grands classiques.

Et c’est au début du XVIIe siècle, que la brochure se popularise. Elle contient des récits, contes, informations pratiques, destinés à la population.

Au milieu du XVIIe, c’est au tour des Encyclopédies d’être à la mode. Ce « livre triomphant » (Roger Chartier) sera à l’honneur jusqu’au XIXe siècle.

Contrairement aux brochures, l’Encyclopédie est peu accessible et reste diffusée pour la petite et moyenne bourgeoisie.

La Révolution française marque le déclin du beau livre. Désormais la priorité va à l’impression des journaux, brochures et pamphlets.

 Époque Contemporaine

Les premières machines typo

Dès le début des années 1800 Franz Kœnig tire partie des progrès des différentes énergies, dont notamment la vapeur.

C’est en 1812 qu’il imagine le cylindre presseur.

Vers les années 1820, les presses à imprimer à la vapeur (presse typographique), ont fait chuter le prix des livres et en augmentent considérablement la production.

En 1846, Richard Hoe profite des progrès réalisés en stéréotypie – principe permettant d’obtenir par moulage la réplique cylindrique d’une forme d’impression plate – pour mettre en place un cylindre imprimant contre le cylindre de pression.

La première rotative typo à feuille est créée ! (Alimentée à la main par des ouvrir margeurs).

Il y a tellement à dire sur l’édition de livres au XXe siècle, c’est pourquoi un article entier y sera consacré prochainement !

Rotative à journaux – 1873 Source : Histoire de nos métiers

Cent ans après avec la généralisation du multimédia des années 1990, l‘imprimerie offset fait place à l’imprimerie numérique qui a des coûts beaucoup plus faibles ce qui permet de faciliter l’édition de livres.

La technique de l’édition de livres évolue sans cesse, ainsi que les supports de lecture : livre numérique, audio etc. Que nous réservent les prochaines années et siècles ? L’avenir le dira.

 

Histoire de l’édition, Bernard Rathaux

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